Troubles sanitaires : Une ligne à très haute tension reconnue responsable

La justice vient pour la première fois d'établir un lien de causalité entre une ligne à très haute tension et des troubles sanitaires sur des animaux.

Un juge du tribunal de grande instance de Tulle a condamné, le 28 octobre, le gestionnaire du réseau français de transport d'électricité RTE à verser 390.648 euros pour le préjudice « direct, matériel et certain » subi par une exploitation agricole implantée le long d'une ligne à très haute tension, à Latronche (Corrèze).

Le jugement rapporte que « la maternité porcine a été arrêtée en raison d'un taux de natalité anormalement bas et d'un taux de mortalité infantile élevé », que « le hangar de stabulation accueille des génisses chétives souffrant pour partie d'hémorragies ou d'avortements inexpliqués » et que « 10% du lait est perdu » en raison de maladies digestives ou génitales subies par les vaches.

Michel Marcouyoux, qui possède cette exploitation de 30 ha le long de la ligne électrique, se souvient d'avoir vu défiler tous les services vétérinaires pour détecter une éventuelle maladie du cheptel. A l'époque, l'agriculteur a décidé de déplacer son bâtiment mais a dû abandonner la porcherie.

RTE annonce qu'il fera appel de cette condamnation. « C'est la première fois qu'un juge judiciaire se prononce contre RTE mais toutes les procédures devant des juridictions administratives ont toujours été rejetées », se défend RTE Sud-Ouest qui assure que les nombreuses études scientifiques indépendantes menées depuis trente ans n'ont pas dévoilé l'existence d'un risque pour la santé à une exposition aux champs électromagnétiques.

Source AFP

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