Un Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture : Momagri pour développer les agricultures du monde, réguler les marchés agricoles

Bénédicte Boissier

Un Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture : Momagri pour développer les agricultures du monde, réguler les marchés agricoles

Les membres de la Chambre d'Agriculture du Puy- de- Dôme ont appris, grâce à un exposé de Pierre Pagesse son président, comment « Momagri » compte mener à bien sa mission en faveur de tous les agriculteurs de la planète.

Agir au niveau mondial

Après avoir débattu de sujets agricoles d'actualité, les membres de la Chambre d'Agriculture du Puy- de- Dôme réunis en session , ont écouté Pierre Pagesse sur les missions de Momagri : mouvement pour une organisation mondiale de l'agriculture
Gérard Renard l'a rappelé en préambule : « la session extraordinaire de janvier dernier a permis de faire le point sur la vision de la politique européenne vis-à-vis de la politique agricole commune. Pierre Pagesse va nous montrer aujourd'hui, où il sera bon d'agir dans un contexte mondial. »

Les agriculteurs ont suivi avec intérêt cet exposé qui a permis de faire un tour d'horizon fouillé sur l'agriculture d'hier et d'aujourd'hui.

Les agriculteurs ont suivi avec intérêt cet exposé qui a permis de faire un tour d'horizon fouillé sur l'agriculture d'hier et d'aujourd'hui.

Des hommes avec des outils de pointe

Momagri veut contribuer à sortir du blocage actuel en proposant des outils et des méthodes pour construire une gouvernance mondiale de l'agriculture. Il apparait en effet qu'en ce qui concerne le domaine agricole, les institutions internationales se basent sur des modèles économiques inadaptés.
Une équipe d'économistes travaille depuis 2 ans à la construction du modèle « momagri ». La première version qui vient d'être présentée à Bruxelles le sera prochainement à Madrid. « Je sème pour récolter » précise en souriant Pierre Pagesse, qui à la suite d'une question de la salle, explique le chemin parcouru pour se faire entendre au niveau des instances européennes. Le président de cette association, qui bénéficie de l'appui de personnalités marquantes du monde agricole et non agricole, s'est attaché à montrer la raison d'être d'une telle structure.

 

Une autre approche des agricultures

Cette association de hautes compétences en provenance de divers horizons (scientifique, ONG, grandes consciences…), répond à un devoir : assurer la sécurité alimentaire des peuples, garant de l'équilibre de la paix dans le monde. « Nous voulons lutter contre les dérives spéculatives, et les soutiens abusifs qui faussent le fonctionnement des marchés au détriment d'un développement durable, en créant et en entretenant un modèle d'alerte et d'évaluation des risques. » Le modèle économique « momagri » intègre les spécificités de l'agriculture, montre une volatilité accrue des prix agricoles en cas de libéralisation totale des marchés mondiaux. « Il faut avoir du stock public pour couper cours à la spéculation. Quand l'État remettait des produits sur le marché, il coupait l'herbe sous le pied des spéculateurs. »
Momagri se dit convaincu que pour assurer le développement durable de l'agriculture mondiale, il faut réunir 2 conditions :
• l'innovation, sous toutes ses formes
• la régulation internationale des marchés agricoles

 

Un contexte préoccupant

Des intervenants dans la salle ont dit apprécier cette approche sur le droit fondamental des peuples à se nourrir. Pierre Pagesse les en a remercié, en regrettant toutefois « que ce soit le groupe Limagrain et son président qui avec Gérard Renard soient les seuls à avoir porté cette initiative au départ. Elle aurait mérité d'être pilotée par une cellule de réflexion plus élargie. » En effet depuis un moment déjà certains responsables avaient conscience de la situation préoccupante des agricultures du monde. « J'exerce des responsabilités qui me permettent d'être dans un observatoire. J'ai rencontré des décideurs indiens, chinois, américains, on se comprend, nous sommes confrontés à la même politique. »

Des erreurs à rattraper

Ainsi après avoir rappelé les différentes étapes des Politiques Agricoles de l'Antiquité à nos jours, Pierre Pagesse s'est interrogé sur l'avenir de la PAC, et regretté « le manque de vision stratégique de l'Union Européenne qui reste sur une posture défensive. Et pourtant c'est le premier importateur mondial Elle achète davantage aux pays en voie de développement que les Etats-Unis, le groupe de Cairns et le Japon réunis. Je pense que les accords de DOHA peuvent conduire l'agriculture mondiale à un désastre. La production agricole a besoin d'être traitée à part. Les défis à relever sont immenses. La planète a besoin de toutes les agricultures du monde. En effet par exemple en Chine on passe du bol de riz à la cuisse de poulet, donc on augmente la consommation de céréales. Et on imagine d'utiliser la biomasse pour remplacer des énergies fossiles. Les céréales représentent 70 % de l'alimentation mondiale. Avec seulement 2 mois de stocks, qui ne sont pas facilement mobilisables. C'est le résultat de la politique menée, c'est essentiellement le fait des États-Unis qui ne voulaient pas de stocks, pour des raisons de coût. »

 

Avoir un nouveau modèle

En conclusion, Gérard Renard a relevé que « la démarche de Pierre Pagesse nous a permis de voir que la connaissance scientifique peut appuyer l'argumentation. C'est fondamental. Les mécanismes se révèlent complexes, d'où l'intérêt d'avoir une modélisation nouvelle le »modèle momagri« . Il faut s'appuyer sur les fondamentaux pour limiter la volatilité, l'enjeu étant de poursuivre cette recherche de stabilité indispensable à l'équilibre du monde. L'Asie a des contacts très directs avec l'alimentation, et moins perdu que les Occidentaux la notion de la réalité. C'est vrai aussi pour l'Inde. Il vaut mieux aujourd'hui en avoir conscience que de l'ignorer. »

Source Chambre d'Agriculture du Puy-de-Dôme

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