Un nouveau président à la Chambre d'Agriculture de l'Orne : Jean-Louis Belloche : un défenseur du bon sens

Thierry Guillemot

Un nouveau président à la Chambre d'Agriculture de l'Orne : Jean-Louis Belloche : un défenseur du bon sens

Un fervent défenseur du bon sens”, affirme-t-il. Le bon sens paysan bien sûr. Le nouveau président de la Chambre d'Agriculture reste chevillé aux fondamentaux terriens.

Existe-t-il un style Jean-Louis Belloche ? A cette question, le nouveau président de la Chambre d'Agriculture de l'Orne ne s'épanche guère. Pas encore tribun et sans aucune propension à parler à la première personne du singulier ! “Je suis un fervent défenseur du bon sens. J'ai la culture du dialogue et du compromis. J'aime les projets qui se discutent et qu'on amende pour les rendre applicables du papier aux champs”, finit-il par concéder.Un homme de dossier et de terrain qui privilégie “le travail” sur l'échiquier des valeurs.“Travailler pour y arriver”, tel un credo.

Via l'école JA

Les initiés auront identifié la patte JA (Jeunes Agriculteurs) dans la conception de ses nouvelles responsabilités. Jean-Louis Belloche a fait ses premières armes dans le syndicalisme jeune. Simple troupier puis président cantonal, secrétaire général, vice-président et enfin président de 2000 à 2002 de ce qui s'appelait encore le CDJA. C'est Marc Gégu qui lui a remis le bâton transmis deux ans plus tard à Laurence Duval. “Une excellente école de formation,” se souvient-il et un sacré baptême du feu. La fièvre aphteuse menace alors la ferme ornaise. Jean-Louis Belloche se souvient “de négociations de marchands de tapis” avec les autorités compétentes pour définir les règles de circulation dans le triangle maudit. La défense syndicale passe certes parfois par les lambris dorés des ministères et préfectures mais emprunte avant tout et au quotidien les chemins vicinaux. C'est ce terrain de proximité qu'il a labouré et compte labourer encore longtemps. Aux JA puis à la FDSEA dont il devient membre de bureau en 2002 et bientôt secrétaire général adjoint.C'est sous cette étiquette qu'il est élu “chambre” en 1995. Il en devient vice-président chargé du développement en 2001.“Je connais la boutique”, rassure-t-il.

Lait, viande et poires

Jean-Louis Belloche s'est installé en 1987 à St-Siméon. Canton de Passais-la-Conception au carrefour de 3 régions : Basse-Normandie, Bretagne et Pays de Loire.23 ans et 3 enfants plus tard, il est en GAEC avec son frère et un tiers.
Une exploitation dans la norme départementale : 500 000 L de lait et un atelier d'engraissement de JB (Jeunes Bovins).Domfrontais oblige, pommes et poires cohabitent sur ses terres. En défenseurdes traditions et du revenu des producteurs, Jean-Louis Belloche a fédéré les livreurs de poires à poiré au sein d'une association. Objectif : parler d'une seule voix pour assurer la pérennité du débouché et peser sur les prix en inversant le rapport de force. La cible a été atteinte. Une cinquantaine de producteurs bénéficient aujourd'hui d'une valorisation à hauteur de 150 e/t. C'est 50 e de plus que le prix du marché libre.Une corde supplémentaire à l'arc de la contractualisation.

Une marque de confiance

“Je ne suis pas carriériste et mon élection à la présidence de la Chambre d'Agriculture n'était pas inscrite dans le marbre”. Jean-Louis Belloche n'a jamais sollicité aucun poste. “On m'a proposé cette fonction. C'est une marque de confiance que j'ai acceptée !” On est bien loin de l'agitation de primaires politiciennes.
Reconnu par ses paires, il est plus que l'homme du consensus. Même s'il lui a manqué quelques suffrages (34 “Pour” et 6 “Blancs”), il représente le plus grand dénominateur commun de la Ferme Orne.Son élection n'est donc pas une surprise. Régis Chevallier, son prédécesseur, avait donné le top départ en annonçant qu'il quitterait ses fonctions concomitamment à la cessation de son activité d'agriculteur. Olivier Borel, en patron de la FDSEA, avait indiqué lors de la dernière session chambre qu'il soutiendrait la candidature de Jean-Louis Belloche.
Il ne restait plus alors au tandem qu'a préparer cette transition. C'est ainsi qu'on a pu voir Régis et Jean-Louis très souvent ensemble ces derniers temps sur le terrain.
Côté ferme, le nouveau président de la Chambre d'Agriculture s'est également organisé. Cette responsabilité ne peut être assumée en effet qu'avec l'assentiment des associés et l'assentiment familial. Conjointe et enfants ont dit “oui”.

Le saviez-vous ?

Jean-Louis Belloche a été champion, champion de labour à 18 ans à l'échelon cantonal. Il avait coiffé sur le poteau Alain Joubin (St-Mars-
d'Egrenne) et Patrick Chatel (St-Fraimbault).Ce qui lui a donné le droit de participer à la finale départementale. “C'était à Boucé, il y a une vingtaine d'années”, croit-il se souvenir. Mais avec sa quadri socs, il n'avait pas fait parler la poudre. Après consultation de nos archives, c'était le 1er septembre 1985 à Avoines. Jean-Louis s'était classé 23e sur 31.
Le podium gagnant s'appelait alors Hubert Urfin (Carrouges), Bruno
Léveillé (Carrouges) et Gérard Marie (Le Merlerault). Jean-Pierre
Rolland était alors président du CDJA, Fabienne Ferey (14) du CRJA,
Michel Teyssedoux président du CNJA.
Jean-Louis Belloche a été plus en réussite avec la CUMA locale qu'il a relancé avec quelques copains l'année de son installation. Elle tourne aujourd'hui à plein régime avec 70 adhérents et une quarantaine de
matériels dont un tracteur et une déssileuse automotrice.
A noter enfin son engagement dans son club de football, la banque
(administrateur des caisses locale et régionale de Crédit Agricole) et une distinction de “Chevalier dans l'Ordre du Mérite Agricole” épinglée au revers de son veston. C'était en juillet 2005.

Source Réussir l'Agriculteur Normand

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