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Un projet commun

GUILLAUME DE WERBIER

Projet d’entreprise commun, entente entre associés, organisation du travail : des paramètres essentiels pour une installation sociétaire réussie, ont rappelé, Jacques Renaud et David Kerbart (au centre), François Guyot, président de JA 44 et Paul Charriau, président de la commission Formation à la Chambre d'agriculture.
Projet d’entreprise commun, entente entre associés, organisation du travail : des paramètres essentiels pour une installation sociétaire réussie, ont rappelé, Jacques Renaud et David Kerbart (au centre), François Guyot, président de JA 44 et Paul Charriau, président de la commission Formation à la Chambre d'agriculture.

Une organisation du travail partagée, avec des niveaux d’astreintes et de responsabilité équitables, des personnalités qui s’accordent. Voici quelques ingrédients qui facilitent une bonne installation sociétaire. Deux éleveurs laitiers, associés depuis peu, apportent leurs témoignages.

Exprimer ses intentions et ses attentes dans l’association, se projeter dans le futur pour dessiner le profil de l’exploitation, approfondir les points de convergences et de divergences pour trouver un terrain d’entente. Jacques Renaud et David Kerbart n’ont fait l’impasse sur aucune de ces étapes pour la réussite de leur association.Ils travaillent ensemble depuis environ deux ans au sein du Gaec de la Brissonnière (112 ha, 403 000 l de lait) à Paulx. Avant ce nouveau départ pour l’exploitation, Jacques Renaud était installé avec son frère Luc. Mais ce dernier décide de partir. En cause, une divergence de vue sur l’avenir de l’exploitation. Les deux frères restent en bons termes, mais ce départ fait l’effet d’une petite révolution. Jacques avoue que c’est une période où il a beaucoup souffert.

« J’ai vite trouvé une solution avec la chambre d’agriculture ». D’abord, un salarié vient épauler Jacques pendant six mois. D’autres salariés suivront. L’association de remplacement, mais aussi la Cuma, lui ont été d’un grand secours, reconnaît-il.Mais, si ces solutions lui permettent de maintenir le cap, Jacques recherche un associé. Grâce à l’aide de Nathalie Guérin, du pôle Transmission de la chambre d’agriculture, plusieurs candidats à l’installation rendent visite à Jacques.

Avoir les mêmes attentes professionnelles et personnelles

David Kerbart, originaire du Morbihan, se présente au Gaec de la Brissonnière en décem-bre 2009. Auparavant, David a été salarié sur des exploitations dans différentes productions. Il a été associé d’un Gaec de 1999 à 2002. Finalement, après un projet d’installation qui n’a pas abouti, David décide de s’inscrire au Répertoire Départ-installation. « J’ai eu un entretien avec Nathalie Guérin, qui m’a fait gagner du temps. Je cherchais une exploitation en bio, ou qui avait le potentiel pour le devenir. » David se rend sur plusieurs exploitations. Celle de Jacques retient plus particulièrement son attention. « Il me semblait qu’on avait les mêmes attentes professionnelles et personnelles. »

Jacques confirme : « Je voulais quelqu’un qui comme moi a des enfants en bas âge. Nos femmes respectives ont un travail en dehors de l’exploitation. Nos attentes en matière de temps libres sont identiques ». Et Jacques, sensibilisé à la question de la qualité de l’eau, avait l’intention d’adopter une con-duite d’élevage plus extensive, avec à terme la volonté de se lancer dans le bio. Un autre point commun de taille.

David concède qu’il n’aurait pas pu s’installer en individuel. Non seulement parce qu’il ne se voyait pas seul sur une exploitation, mais aussi parce qu’il n’aurait pas pu l’assumer financièrement. « Je suis entré dans le Gaec par la petite porte. J’ai pu y entrer avec 150 € de parts sociales. Avant cela, j’ai été d’abord deux mois salarié sur l’exploitation, puis un an en co-gérant. »

L’installation en société doit se préparer tôt

L’installation en société doit se préparer tôt, notamment en raison des comptes associés. C’est le message qu’a adressé Hubert Filatre, du pôle Transmission de la chambre d’agriculture, aux agriculteurs présents le 24 novembre à Paulx lors de cette demi-journée centrée sur la transmission et l’installation dans le cadre sociétaire. « On peut mettre en danger des exploitations qui ont, certes, des moyens de productions importants, mais si on y regarde de plus près, on voit que leurs comptes associés sont très élevés », poursuit Hubert Filatre. « On ne peut pas demander à un jeune qui arrive dans une société de reprendre des comptes associés et reprendre du capital social, et dégager 1 500 €. Qu’est-ce qu’il va lui rester au final pour vivre ? Ce n’est pas engageant. Les membres de la société doivent donc travailler cela en amont. Ce sera un moyen pour trouver des jeunes qui entreront demain dans les entreprises. » « Il est important de ne pas laisser les comptes associés grossir. C’est une vraie limite à l’installation », confirme François Guyot, président de JA 44.

Les deux éleveurs reconnaissent qu’en parallèle de premiers mois de travail ensemble, pendant lesquels ils ont appris à se connaître, l’accompagnement de la chambre d’agriculture et de la FD Civam, via plusieurs formations, a été très bénéfique. « La formation de la chambre d’agriculture Stratégie d’entreprise est très bien faite. On prend tous les scénarios possibles pour s’arrêter sur un sur lequel on s’entend. »
Aujourd’hui la conversion de l’exploitation en bio est en cours.

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