Un supplément de DPU pour les jeunes agriculteurs

Dacian Ciolos voudrait que la Pac donne un coup de pouce supplémentaire aux jeunes agriculteurs qui s'installent.

La Pac n'en fait pas assez aujourd'hui pour les jeunes agriculteurs. C'est en tout cas ce qu'on peut penser à voir les projets ambitieux du commissaire européen Dacian Ciolos dans la perspective de la prochaine réforme de la Pac. “Il existe déjà des aides spécifiques dans le cadre du deuxième pilier”, explique le Commissaire européen dans un entretien exclusif accordé à Agra Presse après avoir visité des exploitations de jeunes le 24 juin dans l'Oise. “Mais l'installation est un vrai défi. Je souhaite que l'on fasse plus en mettant en place un système différencié d'aides pour les jeunes agriculteurs au sein même du premier pilier.” Et Dacian Ciolos de préciser : “Pendant toute la phase d'installation, ils bénéficieraient par exemple d'un supplément de DPU (NDLR : droits à paiement unique). Ils pourraient aussi bénéficier d'une aide supplémentaire pour les inciter à entrer dans une organisation de producteurs.” Son objectif : faire en sorte que les jeunes agriculteurs qui s'installent soient plus résistants dans un contexte de volatilité des prix, mais aussi plus avertis des enjeux européens. C'est pour cela qu'il compte aussi travailler sur la formation : “J'aimerais que l'on puisse mettre en place un système d'échange entre jeunes agriculteurs européens, une sorte d'Erasmus des agriculteurs pour pouvoir les sensibiliser à la dimension européenne de leur activité.”

Des DPU avec une échelle variable

Pour le commissaire européen, c'est toute une conception des DPU qui est concernée. En somme, l'idée est d'avoir un DPU de base qui serait ou non augmenté selon la situation ou les engagements des exploitants : “En fait, s'ils sont harmonisés au sein d'un pays ou d'une région, les soutiens pourraient respecter une échelle variable selon qu'ils bénéficient à un jeune, à un agriculteur adhérent d'une organisation, à un producteur en zone défavorisée ou respectant des normes environnementales.” Ainsi, la notion d'agriculture organisée prendra peut-être autant d'importance que celle du fameux “verdissement” de la Pac. C'est toute la question du contrat. Faut-il les rendre obligatoires ? Dacian Ciolos répond : “L'idée des contrats obligatoires, dans le lait par exemple comme le souhaite le Parlement européen, n'est pas mauvaise. Mais il faudrait que ces contrats respectent un certain nombre de clauses de base pour représenter quelque chose.” Le commissaire européen tempère : “Cela dit, je ne suis pas certain qu'il se trouve une majorité de pays pour cette obligation alors je préfère y renoncer si c'est la condition pour qu'on puisse adopter le paquet lait. Plutôt un contrat volontaire que pas du tout, en somme. Et puis, un pays a toujours la possibilité de rendre les contrats obligatoires.” En tout cas, on saura vite ce dont il est question en matière de lait puisque “le paquet (législatif) lait devrait être adopté tout de suite après l'installation de la présidence polonaise”.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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