Une dérogation “plus que bienvenue”

P. OLIVIERI

Jean-Marc Meyniel, à droite, sur une parcelle semée en maïs aux côtés de Joël Piganiol, secrétaire général de la FDSEA, Franck Chauvet (à gauche) et Brigitte Troucellier (déléguée cantonale adjointe).
Jean-Marc Meyniel, à droite, sur une parcelle semée en maïs aux côtés de Joël Piganiol, secrétaire général de la FDSEA, Franck Chauvet (à gauche) et Brigitte Troucellier (déléguée cantonale adjointe).

Comme Jean-Marc Meyniel, les éleveurs du plateau de Saint-Cernin ont pu retourner des prairies en maïs.

 

Jean-Marc Meyniel fait partie de ces éleveurs du plateau de Saint-Cernin qui ont vu leurs prairies séchées par le manque d’eau du printemps 2011, avant d’être ravagées par les rats taupiers dès le mois de septembre. Deux calamités qui se sont enchaînées, amputant gravement les ressources fourragères de cet éleveur mixte en système traditionnel salers, installé voilà une quinzaine d’années sur 55 ha à Fraissy. “L’invasion des rats s’est faite à la vitesse grand V à l’automne, avec des parcelles en prairies dont certaines ont été dégradées à 90 % de leur surface”, expose Jean-François Meyniel qui estime à 30 ha la SAU (tout en herbe) de son exploitation fortement touchée. Avec une trésorerie déjà affectée par la mévente de ses animaux en 2010, des stocks fourragers au plus bas, “je ne savais plus comment me retourner”, témoigne-t-il. Aussi, quand il apprend que la nouvelle demande de dérogation au cahier des charges de la PHAE 2 formulée par la FDSEA a abouti, Jean-Marc Meyniel n’hésite pas. Il dépose sa demande individuelle auprès de l’administration pour pouvoir retourner 3 ha de prairies sur les 51 engagés à la prime herbagère agro-environnementale et y implanter du maïs sans être pénalisé. “C’était ma dernière porte de sortie avant d’acheter de la marchandise extérieure, ce qui aurait poser doublement problème : en raison des prix actuels, mais aussi de mon engagement dans l’AOP cantal, explique le producteur. En plus, contrairement à l’an dernier où la dérogation n’était sortie qu’en juillet, cette année on a pu labourer en avril et semé dans la foulée début mai”.

Sécheresse, rats, corneilles

 

Et si ces maïs ont cette fois­ ­souffert d’un peu trop d’eau, Jean-Marc Meyniel estime qu’ils devraient redémarrer compte tenu du temps sec annoncé et espère obtenir 10 tonnes de matière sèche à l’hectare. Un rendement que certains de ses collègues pourraient avoir du mal à récolter. La faute cette fois aux... corneilles, comme l’expose Franck Chauvet, délégué FDSEA du canton : “Comme Jean-Marc j’ai semé du maïs sur quatre hectares en faisant valoir cette dérogation mais maintenant ce sont les corneilles qui les mangent”. Malgré des dispositifs d’effarouchement, les oiseaux suivent les semoirs et l’un des voisins du responsable cantonal a dû resemer 50 000 grains. Un nouveau fléau et un chantier de plus pour Franck Chauvet et son équipe qui, avec l’appui de la FDSEA, ont obtenu de la Direction départementale des territoires une nouvelle dérogation permettant le tir en battues des oiseaux à défaut de pouvoir d’ores et déjà faire classer l’espèce dans la liste des nuisibles.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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