Une formation à l’objectif “grand angle”

P. OLIVIERI

Une formation à l’objectif “grand angle”
Des stagiaires amenés à dépasser leur point de vue sur leur métier et son environnement.

Treize futurs agriculteurs ont pu suivre en septembre la seconde session annuelle de “Devenir acteur en milieu rural”.

Depuis la réforme du parcours à l’installation aidée en agriculture et l’instauration d’une seconde session annuelle, le succès de la formation “Devenir acteur en milieu rural” proposée par les Jeunes agriculteurs du Cantal ne se dément pas auprès de leurs futurs confrères. Du 6 au 30 septembre, ils étaient encore 13 garçons et filles, pour la plupart dans la dernière ligne droite avant de s’installer, à consacrer leurs journées à un cursus décidément pas comme les autres. Ici, pas question de se pencher sur la technique, la génétique, les rations ou la mécanique, place aux “grands angles”, à une ouverture sur les enjeux agricoles et sociétaux qui conditionneront l’environnement politique et économique dans lequel ces futurs producteurs seront amenés à évoluer. Durant ces quatre semaines, les stagiaires - âgés de 19 à 38 ans - ont parlé projet agricole départemental, rôle de la commission départementale d’orientation agricole, mission et évolution des organisations professionnelles agricoles, organisation du travail, diversification des activités et des débouchés,...

Dans le saint des saints bruxellois

Et aussi, inévitablement, politique agricole européenne, une Pac dont une nouvelle réforme est en préparation du côté de Bruxelles. Bruxelles justement, le poumon des instances communautaires, le saint des saints qu’ils ont pu pénétrer en visitant le Parlement européen (accueillis par Brice Hortefeux) et la Commission européenne ainsi que l’association de lobbying des territoires de montagne, Euromontana. Une Pac dont ils ont pu aussi mieux cerner la genèse, les grands tournants, les enjeux stratégiques à travers l’exposé de Thierry Boulleau (animateur au Sidam et ancien attaché parlementaire de Michel Debatisse). Lors de son périple bruxellois, la seconde promotion de l’année, hébergée à Trielle, en a également profité pour découvrir les secrets de fabrication d’une brasserie artisanale (en toute modération...) et échanger avec des producteurs de bleus-blancs-belges qui ont par ailleurs développé un atelier de transformation de crèmes glacées. En amont, le groupe avait pu apprécier le quotidien de son échelon national lors d’une rencontre à Paris avec le secrétaire général des JA, Christophe Chambon, suivie d’une visite à l’Assemblée nationale accompagnée du “guide-député” Descœur. Et parce que l’ambition des JA cantaliens est de susciter ou renforcer l’envie des jeunes exploitants à s’engager pour défendre leur vision du métier, leur territoire ou encore le dynamisme du tissu associatif local, une semaine était une nouvelle fois dédiée à l’expression orale avec les conseils du comédien Philippe Couderc qui les a initiés aux clés de l’argumentation. Une nouvelle aptitude que certains ont pu révéler lors du temps de restitution auprès des organisations agricoles partenaires de cette formation le 30 septembre, à travers notamment une pièce de théâtre sur le thème “Agriculteur, un métier comme les autres”. “Ça m’a permis de me remettre dans le bain, d’approfondir certains aspects, de mieux connaître les interlocuteurs vers lesquels se tourner”, commente Jérôme Pitot d’Andelat, 28 ans, jusqu’alors salarié dans le secteur du commerce de produits pétroliers. Jugeant cette formation aussi intéressante qu’un stage en exploitation, il a plus que tout apprécié l’intervention de Thierry Bouleau, plus transparent que les interlocuteurs bruxellois, “qui n’ont pas voulu trop nous en dire”. Donner à lire le dessous des cartes, un autre atout de cette formation...

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