Une Journée nationale en mémoire des suicidés dans l'agriculture

Une Journée nationale en mémoire des suicidés dans l'agriculture

Un maraîcher breton propose de faire du 11 octobre une Journée nationale pour les suicidés en agriculture, afin de soutenir leurs familles.

En pleine crise de l'élevage et dans une région de porc et de lait qui n'est pas épargnée, l'initiative de Jacques Jeffredo a trouvé écho auprès de l'évêque de Vannes, dans le Morbihan, qui a donné son accord pour une messe à Sainte-Anne d'Auray, assure l'intéressé. Jacques Jeffredo, 55 ans, a aussi lancé une pétition en ligne (sur le site mesopinions.com) pour faire connaître la journée et recueilli plus de 6.000 signatures depuis le 14 juillet. Fils d'agriculteur, cet opticien a opéré son retour à la terre il y a huit ans, pour faire pousser et vendre ses fruits et légumes. "Ce que je ne vends pas, je le transforme: en conserves, purée, confitures" indique-t-il lundi. 

"Plus de 600 agriculteurs par an se suicident, soit environ 2 personnes par jour, l'équivalent de quatre Airbus (crashés) par an" affirme sa pétition. C'est plus du double des statistiques officielles (500 suicides dans le monde agricole recensés entre 2007 et 2009, selon l'étude de la Mutualité agricole publiée en 2013). Mais il affirme que son chiffre à lui provient d'une collecte empirique de données.  

Une minute de silence

"J'ai le coeur levé par le nombre de suicides dans le milieu" confie-t-il. "Personnellement je ne suis pas touché, mais j'en connais, qui ne vivaient pas loin d'ici". Or, quand il a demandé au Comice agricole de son canton de faire observer une minute de silence pour ces morts, elle lui a été refusée. Un des signataires de la pétition explique en revanche qu'il signe pour avoir "perdu un ami éleveur de porc (...) pour tous les parents qui comme moi ont perdu un enfant courageux et vu mon épouse me quitter car je travaillais de trop sur ma ferme". Lors de la Journée du 11 octobre, dont le site spécialisé wikiagri.com s'est fait l'écho, M. Jeffredo veut planter 600 croix devant le sanctuaire de Saint-Anne d'Auray, un important lieu de pèlerinage catholique, et inaugurer une stèle en mémoire des défunts. Et s'il regrette que sa pétition attire "malheureusement, beaucoup d'extrémistes qui l'ont signée", il estime aussi que leur afflux "témoigne que ça ne va pas". "La crise actuelle" poursuit-il à propos de l'effondrement des revenus de l'élevage, "c'est peut-être la fin de l'agriculture en France, comme on a eu les charbonnages et la sidérurgie avant."

Source Avec AFP

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