Une plate-forme pour acheter et manger local

P.Olivieri

Une plate-forme pour acheter et manger local
Marine Salat (à gauche) en Master de management de projet a aidé à la concrétisation du projet cantalien - P.O

Le Conseil général rallie la démarche Agrilocal qui met en relation acheteurs publics et producteurs locaux.

Si déjà les cantines du département servaient des produits agricoles locaux : combien de fois a-t-on entendu cette revendication des producteurs cantaliens, exacerbée au moment de la crise de la vache folle et de celles qui ont suivi. Aussi légitime soit-elle, cette requête s’est longtemps heurtée à un certain nombre d’obstacles : des appels d’offre où le critère prix prime, la facilité offerte par le recours aux groupements d’achat davantage tournés vers des commandes de masse pour les établissements publics,... Sollicité par la profession agricole, le Conseil général a lancé un Pass restauration scolaire venant en appui financier aux collèges se fournissant en produits sous signe officiel de qualité. Un dispositif qui ne répond cependant pas à la volonté d’encourager le développement des circuits courts et de proximité. Contrairement à la plate-forme Agrilocal lancée en 2011 par le Département de la Drôme, développée l’an dernier par son homologue puydômois et qui devrait bientôt être effective dans le Cantal.

 

Circuits courts et de proximité

Le principe : favoriser l’accès des produits cantaliens à la commande publique et plus largement à la restauration collective hors foyer. Cette plate-forme Internet gratuite permet une mise en relation entre acheteurs (collèges, lycées, Éhpad, com- munes pour les cantines scolaires, établissements médico-sociaux, restaurants administratifs...) et fournisseurs locaux : en premier lieu producteurs fermiers, artisans des métiers de bouche (bouchers, boulangers, fromagers...), mais aussi coopératives et entreprises de l’agro-alimentaire ayant leur siège social dans le Cantal. Tous seront identifiés par une fiche signalétique (décrivant leur exploitation ou entreprise, leurs produits) visible  sur  le  site.

 

“À l’avenir, nous envisageons aussi d’ouvrir le site à la restauration collective privée, notamment aux opérateurs touristiques comme les hôtels-restaurants ou les villages de vacances”, explique Pascal Piganiol, chef de la direction du développement économique, des services et de la prospective au Conseil général qui a piloté le projet avec l’appui de Marine Salat, élève stagiaire en Master 2 de management de projet à Clermont-Ferrand. Sans surprise, les commandes devraient porter sur des produits laitiers, fromages, viandes, charcuteries... Pour être référencés, rien de plus simple côté acheteurs et fournisseurs locaux volontaires : seul un agrément sanitaire est requis. Le Conseil général délivre un identifiant et un code d’accès aux acteurs engagés qui seront géo-localisés sur cet outil. Quelle sera la garantie de la provenance locale des produits ? “Quand le fournisseur répondra à l’appel d’offre, il sera obligé de mentionner l’origine géographique de ses produits. Mais à notre niveau, nous n’avons ni les moyens ni vocation à les contrôler”, reconnaît Pascal Piganiol.

 

Consultation en un clic

À tout moment, l’acheteur peut lancer une consultation en ligne en spécifiant la nature et la quantité du produit souhaité et le périmètre d’approvisionnement dans un rayon compris entre 5 et 100 km. Le site identifie les fournisseurs locaux dans ce périmètre susceptibles de l’alimenter. Ces derniers sont alertés du lancement de la consultation par mail, fax ou sms parallèlement à l’avis de publicité automatiquement généré sur le site conformément au Code des marchés publics. L’acheteur finalise alors en direct sa commande auprès du fournisseur retenu. Si le site devrait être opérationnel d’ici la fin de l’année 2014, la première étape va être l’adhésion à la toute jeune association nationale Agrilocal qui fédère à cette heure 15 conseils généraux. Une adhésion - 11 487 euros de cotisation annuelle - validée hier en session par les élus et qui ouvre la voie à la personnalisation de l’outil aux couleurs du Cantal avant des réunions d’informations auprès des acheteurs et fournisseurs cet automne, puis une phase de formation à l’outil des acteurs intéressés en décembre. Un lancement médiatique est annoncé au Salon de l’agriculture en février 2015. D’ores et déjà, les services du Conseil général ont présenté la démarche aux trois chambres consulaires, au Cif, au lycée agricole de Saint-Flour, avant d’autres prises de contact que Pascal Piganiol et Nathalie Lacaze, chargée de projet agriculture et future responsable du site, espèrent tout aussi fructueuses. “Le vrai défi est là, analyse le chef de service. Trouver suffisamment de producteurs en capacité de répondre aux appels d’offre, ce qui va aussi supposer au départ de les accompagner, même si l’outil est très simple d’utilisation.”

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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