Une position nationale sur la Pac qui conforte les choix cantaliens

Jean-Marc Authié

Une position nationale sur la Pac qui conforte les choix cantaliens

Guy Vasseur, vice-président de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture, était l'invité des élus lors de la session cantalienne du vendredi 9 mai.

Les élus de la Chambre d'agriculture étaient réunis le 9 mai dernier pour une session dont les débats auront été pour le moins animés. À l'heure où le marché italien rouvre ses portes aux broutards français, le coût de la vaccination imposée a fait l'objet d'interventions particulièrement vives. Mais avant cela, la révision de la Pac, dossier majeur de l'ordre du jour, a suscité l'attention des élus, notamment à l'écoute du bilan exposé par Guy Vasseur, vice-président de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture (APCA) et président de la commission économique de l'organisation nationale.

La réalité du terrain “oubliée”

“L'analyse de l'APCA à propos des discussions à l'OMC (Organisation mondiale du commerce), c'est que ces négociations n'ont pas pris en compte la réalité du terrain depuis un an (notamment le revirement des marchés céréaliers-NDLR). Le budget agricole est voté jusqu'en 2013, mais le prochain sera discuté dès 2010 avec une nouvelle donne : toutes les décisions agricoles seront du ressort du Parlement européen et ce dès 2009 et la France va devenir contributeur net au budget agricole. Cela va donc changer la donne à Bercy, mais aussi pour le ministère de l'Agriculture dans la répartition des aides”. Dans ce contexte, les orientations de l'APCA pour la Pac de 2013 tendent vers le maintien et le développement des outils de gestion des risques et des marchés : préservation des quotas laitiers au moins jusqu'en 2015 ; développement de l'assurance récolte sur le premier pilier (et expérimentation de l'assurance fourrage en 2009) ; mise en place de nouveaux outils pour 2013 (tels l'assurance chiffre d'affaires, des aides flexibles).

“Etre ambitieux”

Autre souhait de l'APCA, la réorientation des soutiens européens via un article 69 ambitieux, préférable à une augmentation de la modulation. Cette option permettrait aux États membres de réorienter les aides à partir du premier pilier (vers les productions ovine, laitière en zones fragiles, vers l'herbe), mais aussi de maintenir certaines aides couplées (notamment la PMTVA et les primes ovines). Des propositions qui n'auraient pas pu sonner mieux aux oreilles des élus cantaliens qui s'étaient positionnés sur des choix assez similaires en termes de réorientation des soutiens du premier pilier de la Pac. De même, sur la question des quotas laitiers, les préconisations de l'APCA semblent rejoindre celles de la profession cantalienne : augmentation des quotas en fonction des marchés et préparation de l'après-quotas par “une organisation des producteurs et filières, une contractualisation et une compensation des déficits de compétitivité en zones fragiles”. Autant d'enjeux qui dépendent désormais d'un accord entre profession et ministère, puis de la capacité de la France à convaincre à Bruxelles.

Source journal L'Union du Cantal »

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier