Uon Sophal, agriculteur cambodgien : Former des agriculteurs leaders comme vous le faites”

Thierry Guillemot

Uon Sophal, agriculteur cambodgien : Former des agriculteurs leaders comme vous le faites”

Uon Sophal est agriculteur au Cambodge. Il est aussi président de FFN (Farmer and Nature Net). A ce titre et invité par AFDI Basse-Normandie (Agriculteurs Français et Développement International), il vient de passer quelques jours à la découverte des organisations agricoles régionales.Il nous parle de l'agriculture cambodgienne et de ses projets.

La mondialisation constitue-t-elle une chance de développement pour l'agriculture cambodgienne?

Nous ne sommes pas en position de force face à cette mondialisation.
En terme de qualité de nos produits agricoles, nous n'atteignons pas les normes internationales.Plusieurs raisons à cela : un déficit de formation qui signifie une moins bonne maîtrise des techniques de production et beaucoup de retard au niveau des équipement, tant en amont dans les exploitations qu'en aval du côté des outils de transformation. Il nous est donc difficile d'exporter.
Parallèlement, nos voisins thaïlandais et vietnamiens ont des coûts de production moins élevés notamment parce qu'ils font appel à la chimie.

Pourquoi avoir fait le choix de l'agriculture biologique, notamment au niveau de la culture du riz, dans un pays où l'auto-suffisance alimentaire n'est pas absolue ?

On trouve beaucoup de résidus de pesticides dans les productions agricoles de nos pays voisins. Ils sont donc demandeurs de bio et nous avons décidé de miser sur ce marché. Il nous permet de vendre même si nous sommes plus chers.
Une autre raison : nous ne maîtrisons pas les techniques faisant appel à la chimie. C'est donc moins compliqué pour nous de cultiver bio. Cependant, nous évoquons de plus en plus l'agriculture raisonnée qui constitue peut-être une alternative pour demain.

Et quelle est votre position vis-à-vis des OGM ?

Nous produisons beaucoup d'OGM au Cambodge notamment du maïs. Nous avons ainsi peu à peu délaissé nos semences traditionnelles.
Résultat : nous sommes de plus en plus dépendants des semenciers internationaux. Ce qui a contribué aussi à augmenter nos coûts de production.

Quels sont vos principaux axes de travail pour contribuer au développement de l'agriculture cambodgienne?

Ils sont nombreux mais notre priorité, c'est la formation de leaders agricoles (les femmes et les hommes) comme sait le faire le syndicalisme agricole français. C'est indispensable pour gérer et financer nos projets, pour avoir une vision globale de notre économie, pour améliorer notre technicité... C'est aussi le seul moyen d'obtenir la reconnaissance politique de l'Etat cambodgien.

4 000 caisses d'épargne-crédit

Les caisses d'épargne-crédit connaissent un fort développement au sein de la Farmer and Nature Net et concernent 60 000 familles. Preuve de leur intérêt notamment pour répondre aux besoins en trésorerie. “Le volontarisme des cambodgiens est extraordinaire, constate Camille Seigneur, administrateur au Crédit Agricole Normandie et participant à une mission au Cambodge en décembre dernier. La multiplication des caisses souligne leur intérêt pour faire face aux urgences de trésorerie. Malheureusement, le capital disponible ne permet que rarement les investissements”. Le fonctionnement est extrêmement simple et basé sur la confiance. La question d'une structuration de ces initiatives villageoises est aujourd'hui en question. En effet, les enjeux sont nombreux comme financer les investissements individuels voire collectifs alors que les montants épargnés ne permettent pas de couvrir les besoins ?

Source Réussir l'Agriculteur Normand

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