Vendée : Apiculture : A Grues, pour certains apiculteurs, les miellées de printemps risquent d'être compromis

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Les miellées de printemps démarrent et déjà un conflit entre apiculteurs et agriculteurs éclate à Grues. Jacques Mary, apiculteur qui a vu quelques unes de ses colonies d'abeilles décimées, tient à donner sa version de ce nouvel épisode qui a déjà fait couler de l'encre.

C'est le printemps et c'est aussi la première sortie des abeilles qui vont butiner des fleurs de colzas, d'aubépines, d'épines noire, et de saules. Jacques et Matthieu Mary exploitent à Grues, 450 ruches réparties dans les marais de Grues, dans la plaine vers Saint-Benoist, Angles et Luçon, mais également dans le bocage de Mareuil-sur-Lay. Un vrai régal pour les abeilles qui trouvent sur le sol vendéen une flore riche et variée.
La saison est à peine commencée, que déjà, un nouveau conflit éclate entre agriculteurs et apiculteurs dans la commune de Grues. Les 7 et 8 avril, une brigade de vétérinaires du service du ministère de l'Agriculture chargée du suivi des abeilles, s'est déplacée dans 15 exploitations de cette commune pour vérifier la localisation de parcelles semées en maïs avec l'insecticide Cruiser. Vérifier également si les semoirs à maïs étaient bien équipés d'un déflecteur à la sortie de la tuyère. Les agriculteurs étonnés par cette procédure s'interrogent et cherchent aujourd'hui à savoir qui a porté plainte pour que les agents du ministère se déplacent en Vendée.
Mathieu et Jacques Mary, apiculteurs à Grues, interpellés par des agriculteurs, souhaitent donner quelques précisions sur le déclenchement de cette procédure de contrôle.

« Le 31 mars, nous avons constaté une importante et subite mortalité d'abeilles butineuses dans un de nos ruchers situé dans les marais. Cela concernait 30 ruches. Notre première réaction a été de mettre au courant, pour information, le maire de la commune qui est agriculteur», explique Jacques Mary. «Notre intention n'était pas d'alerter les services du ministère de l'Agriculture chargés du suivi Cruiser et de réaliser des contrôles en cas de mortalité et d'intoxication des abeilles. Cependant, un collègue apiculteur, s'est fait fort de le faire. C'est dans ce cadre qu'un certain nombre d'agriculteurs du périmètre concerné ont été enquêtés, et non pas par suite d'une prétendue plainte que nous aurions déposée suivant certaines fausses rumeurs », affirme-t-il. « Nous n'avons personnellement pas déposé de plainte contre personne, et alerté aucun service officiel. »

Poussière de semis de maïs enrobé de l'insecticide Cruiser ?

Mais que pensent ces apiculteurs qui ont vu quelques colonies d'abeilles décimées en quelques jours sur des ruches du marais ? «On a eu de la perte, mais les colonies ne sont pas perdues. Le coeur de la colonie est toujours là et la reine continue sa ponte. Les ruches vont continuer à produire. Ces ruches ne sont pas en péril, mais elles ont pris un retard dans le développement. On n'aura pas de miellées de printemps sur ce rucher, mais on pense que la miellée de l'été sera rétablie ».
Et que pensent-ils du Cruiser ? « Pour nous, c'est une molécule à regarder de près ». Cette année une expérimentation est menée dans le Loiret sur des parcelles avec des semences de maïs enrobées de Cruiser et des parcelles sans cette molécule. Des analyses des poussières des semis vont être menées. Mais avant de se prononcer sur les mortalités observées ce printemps sur leurs ruches, les apiculteurs attendent le résultat des analyses. « Si la cause du problème semble à rapprocher des émissions de poussières de semis, nous tenons à préciser que les exploitants de Grues, qui ont été visés dans un article de presse, ont pour ce que nous avons vu, globalement respecté les recommandations relatives aux semoirs avec la pose de kits déflecteurs. »

Source vendee agricole

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