Vendée : Artificialisation au détriment des espaces agricoles

La densification des communes situées dans la périphérie des grandes villes soulève des inquiétudes dans le monde agricole : les villes en s'étendant sont plus consommatrices d'espace.

La chose était entendue, mais une récente étude de l'Insee, en collaboration avec la Direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement, intitulée « En Pays de la Loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne » (1), vient enfoncer le clou : l'étalement urbain dans les Pays de la Loire ne cesse de progresser.

La région, depuis vingt ans, connaît un « dynamisme démographique incontestable, qui s'accroît sur la période récente », précise Amandine Rodrigues, chef de projets d'études à l'Insee des Pays de la loire. La population de la région augmente chaque année de près de 33 000 habitants.

Les Pays de la Loire se trouvent ainsi soumis à deux formes d'urbanisation : la périurbanisation (densification de la deuxième couronne des villes) et la rurbanisation (retour des citadins à la campagne).

Face à la croissance de l'urbanisation, de nombreuses zones agricoles sont reconverties pour accueillir les lotissements, routes ou zones commerciales qui répondent aux besoins des nouvelles populations. « Avec 6 % de son sol artificialisé, les Pays de la Loire sont la 9e région la plus artificialisée de France. Entre les périodes 1990-2000 et 2000-2006 l'artificialisation s'est accélérée. Pour 100 ha de terrains artificialisés en France, 12 le sont en Pays de la Loire, faisant ainsi de la région la plus grande consommatrice de surfaces », constate Amandine Rodrigues.

« Le dynamisme démographique ne suffit pas à expliquer ce phénomène. La région est extrêmement riche en terres agricoles », poursuit la chef de projets. « Elles sont donc fortement sollicitées pour l'artificialisation, plus particulièrement le bocage. La prépondérance des maisons et la présence de résidences secondaires font par exemple de la Vendée une cible privilégiée de l'artificialisation. C'est ainsi le département français qui a subi la plus forte progression du phénomène sur la période récente. L'urbanisation s'intensifie sur les communes où les contraintes sont moins fortes. L'artificialisation progresse donc fortement toujours plus loin des villes et du littoral, dans l'espace rural et en arrière du trait de côte. Ce phénomène transforme des villages ruraux, de plus en plus loin des centres urbains, en cités-dortoirs où les habitants sont contraints d'utiliser la voiture pour aller travailler. »

Si l'on ne voit pas, pour le moment, d'inversion de tendance, l'Insee remarque tout de même que « la forte progression du prix des carburants intervenue entre début 2007 et l'été 2008, et la prise de conscience de nombreuses collectivités, ont sans doute contribué à dissuader certains ménages de s'éloigner des villes-centres, pour limiter l'augmentation du poste déplacements de leur budget ».


(1) La Direction régionale de l'alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt, et l'Agence pour le développement durable de la région nazairienne, ont été associés à cette étude. Le contenu de l'étude est à retrouver sur le site www.insee.fr/pays-de-la-loire.

Source vendée agricole

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