Vendée : Auzance : « Ce n'est pas la sècheresse qui est en cause, c'est le déficit de stockage »

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Le conseil général ne veut plus « bricoler » face au risque de pénurie d'eau dans le nord ouest vendéen, et insiste pour que le désormais vieux projet de barrage sur l'Auzance prenne enfin corps.

« Il ne s'agit plus de démontrer que le barrage sur l'Auzance est un projet d'intérêt général. Les études menées depuis quinze ans par Vendée-eau l'ont déjà prouvé de manière incontestable, son coût financier et environnemental étant très inférieur à celui d'une conduite d'eau depuis la Loire » Ces deux phrases sont tirées de la « résolution » adoptée le 10 juillet dernier à l'unanimité de la commission permanente du conseil général. Laquelle exprime aussi son « complet désaccord avec la rédaction ambiguë » du projet de SDAGE concernant le barrage de l'Auzance. Elle demande en conséquence que le nouveau projet de SDAGE qui doit être adopté le 15 octobre, ne considère plus le projet de barrage sur l'Auzance comme « une option qui doit être approfondie » », qu'il indique de façon « la plus claire qu'il est le seul capable d'éviter la pénurie d'eau potable en Vendée et qu'il sera rapidement réalisé ».

Masqué par quelques étés pluvieux

Qu'en est-il et qu'est-ce qui amène Phillippe de Villiers, président du conseil général, à dramatiser sur cette menace de pénurie d'eau potable ? Pour lui elle existe depuis longtemps mais elle a été masquée par des étés pluvieux consécutifs. Quant à cette fin d'été sec 2009, il n'y a selon lui « pas lieu de parler de sècheresse, mais de déficit de stockage. La Vendée souffre de façon récurrente de l'inadéquation entre l'offre et le besoin ». Il chiffre le besoin à 9 millions de m3 dans le nord ouest vendéen. 9 millions de m3 c'est justement ce que pourrait contenir le barrage de l'Auzance, toujours renvoyé à de nouvelles études. Ces études supplémentaires, c'est pour lui un « gaspillage d'argent public » et un « véritable scandale ».
Les solutions de « petit tuyau » en provenance de Machecoul, ou de plus gros en provenance d'Anceny pour pomper la Loire sont qualifiées de « bricolage dont la Vendée ne veut plus. Quant aux forages profonds, au recours aux réserves d'eau naturelles dans les carrières désaffectées et à l'idée avancée par Bernard Perrin de « dessaler l'eau de mer », c'est « à ne pas négliger » mais « très insuffisant en regard de la projection de croissance de la population vendéenne sur la côte ». Du fait de cette même croissance et en continuant d'économiser l'eau au quotidien, Eric Rambaud, président de Vendée eau estime le besoin supplémentaire à 700 000 m3 chaque année.

7 à 800 camions citerne/jour

Pour l'heure, les barrages d'Apremont et du Jaunay n'en sont plus qu'à 20 % de leur contenance et s'approchent de leurs fonds de réserve, les « débits réservés de ces barrages ayant été réduits de moitié c'est à présent la survie des milieux naturels en aval de ces barrages qui est compromise. Enfin, Vendée eau envisage d'ores et déjà la mise en place autour du 20 octobre d'une « noria de 7 à 800 camions citerne » pour faire face aux besoins des 100 000 habitants des 40 communes concernées.
Enfin, toujours en matière de stockage mais d'eau pour l'irrigation cette fois, le conseil général doit faire lundi midi une annonce au sujet des réserves bâchées du sud-Vendée.

Auzance en emporte le temps

Les premières traces écrites d'un projet de barrage sur l'Auzance entre Vairé et Saint-Mathurin, remontent à… 1934. Il a ensuite été présenté depuis les sécheresses du début des années quatre vingt-dix comme le prochain barrage à réaliser dans la liste de Vendée Eau et la première étude aboutie du projet date de 1992.

Source vendee agricole

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