vendée : Blés : Ce qui est en terre l'est bien

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Pour l'instant les semis n'ont fait que commencer dans les parcelles les plus à risque. Les semis précoces prêtent le flanc aux maladies mais ils présentent aussi des avantages. Reportage.

« Les socs de la charrue entrent dans le sol comme dans de la cendre, la terre est tiède et humide mais pas trop et les nuages qui passent et les averses qui sont annoncées pour demain nous encouragent a y aller. Le terrain est prêt, pour moi c'est le temps idéal pour semer et dans une terre comme celle-là, la levée rapide est assurée », se réjouit Thierry Girardeau, agriculteur en gaec avec ses parents à Mouilleron-le-Captif. Ils s'apprêtent à ensemencer d'ici trois semaines une quarantaine d'hectares de triticale et de blé. Nous sommes ici dans un précédent maïs ensilage, la terre de type limono sableux est légère et peu profonde sur granit, et les graines dans le semoir sont celles de triticale variété précoce Bienvenue à moissonner vers le 10 juillet. Ne craint-il pas le risque accru de maladies lié à ce semis précoce ? « On n'ignore pas le risque et on l'assume car il faut bien peser les avantages et les inconvénients en repoussant de quelques jours. »
« Arrivé au 15 octobre, faut pas chipoter, rajoute Hubert, son père. D'autant que dans une parcelle comme celle-là, dès qu'il se mettra vraiment à pleuvoir, on n'aura plus le choix de la date parce qu'on ne pourra plus y rentrer et, si on n'y fait pas le traitement désherbage aussitôt le semis, on s'expose à ne plus jamais pouvoir le faire. Voilà pourquoi on commence par celle-là ».

4 doses/ha au lieu de 5

Les économies d'intrants sont aussi à la base du raisonnement. Dans les conditions de ce mardi 14 octobre ils sèment à 3 centimètres, 220 grains au mètre carré soit 4 doses/hectare. « Au lieu de 280 grains au mètre et 5 doses/ha », précise Thierry. Et puis après le triticale, on se mettra au blé semence qui, lui, ne sera traité qu'au stade 3 feuilles, c'est-à-dire d'ici un mois. En fait en semant un peu plus tôt on se donne la possibilité de ne traiter qu'après la levée et ça c'est tout de suite 40 % d'économie de désherbage». Autre avantage à ce semis dans des conditions aussi faciles c'est qu'en réduisant la densité, ils limitent aussi le risque de maladie « puisqu'on aura moins de feuilles en début de végétation » Et puis, espèrent-ils, « avec nos rotations, on a moins de risques qu'avec du blé sur blé » Enfin, « l'apprenti est disponible cette semaine, et le matériel de la cuma aussi, alors c'est le moment d'y aller ».

La semaine prochaine le véritable démarrage

Pour Jérôme Jacq, conseiller de la chambre d'agriculture qui observe la situation des cultures plus précisément dans le nord bocage, les semis de céréales n'ont véritablement démarré que cette semaine en Vendée. « On a bien vu des tracteurs en train de labourer ici ou là la semaine dernière mais peut-être étaient-ils en train de terminer des semis de prairies. En tout cas en cette fin de semaine, il n'y a pas encore grand-chose de fait ». Il confirme que ce sont « sur des limons non drainés » que les premiers semis sont en cours. Et puis les ensilages n'étant pas terminés, les parcelles ne sont pas toutes libres mais que les terres ne sont pas aussi pas « mal prises ». La météo n'annonçant pas de pluies notoires d'ici quelques jours, il n'y a donc pas lieu pour lui, « sauf exceptions », de « se précipiter » et rappelle au passage que des levées précoces et rapides du fait de la douceur c'est bien mais c'est aussi « prêter le flanc aux pucerons, à l'abondance de végétation avec les maladies qui vont avec, et aussi à la verse ».

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