Vendée : Don de lait : « Si vous saviez ce que ce lait est précieux la bas… »

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Une religieuse qui distribue du lait à des enfant de Madagascar est venue remercier les donneurs vendéens et témoigner de « l'impérieux besoin de lait pour ces enfants malnutris ».

« Les années où on n'a pas de lait c'est terrible ». Elle sait de quoi elle parle soeur Yvette Jolivet, religieuse de la congrégation Jeanne Delanoue, de Saumur. Elle vit depuis 50 ans à Madagascar et s'occupe aujourd'hui de 609 enfants dont la moitié sont dénutris, dans les quartiers difficiles de la capitale malgache. « Ce lait, à raison de 25 centilitres par jour et par enfant c'est souvent leur survie ». Elle était de passage en Vendée vendredi dernier et elle était l'invitée du bureau du Comité interprofessionnel laitier de Vendée (CIL) que préside Patrice Murs.

Et pourquoi les livraisons de cet aliment si précieux font-elles parfois défaut ?

« Parce que dans un pays désorganisé ou en plein conflit comme celui que vient de connaître Madagascar, on a mal fou à acheminer l'aide alimentaire. Le gouvernement ou les pouvoirs locaux s'en servent comme moyen de pression », explique Alfred Besseau qui préside l'association Promotion des hommes et qui à ce titre est allé sur place pour mieux comprendre les besoins.

Et puis il y a aussi les aléas du marché laitier…

« Il ne faut pas se le cacher, reconnaît Patrice Murs l'abondance de ces dons de lait est liée en partie à la situation de fin de campagne laitière ». Lorsque, à l'approche de la fin de l'hiver, les producteurs se rendent compte, qu'ils risquent de dépasser leur quota, ils sont alors plus enclins à offrir une partie de leur lait plutôt que de se voir infliger des pénalités ou jeter au caniveau les dernières traites de mars.

Une exploitation sur trois

En Vendée cette pratique est désormais entrée dans les moeurs d'une exploitation laitière sur trois et environ 80 producteurs poussent même la générosité jusqu'à offrir une partie de leur lait quel que soit le prix. C'est-à-dire qu'au cours d'une campagne exceptionnelle comme le fut la 2007/2008 avec une situation de pénurie de poudre et des prix exceptionnellement – et très brièvement – hauts, ils ont quand même donné de leur lait. Ce gros sacrifice leur paraît naturel car, expliquent-ils « l'enfant qui a un besoin vital de lait en a besoin quel que soit son prix ». Et Soeur Yvette les remercie d'autant plus « de tout mon coeur ».
Ces arrivages d'aides alimentaires ne risquent-ils pas d'avoir des effets contraires à l'effet recherché en désorganisant les embryons de marchés locaux et en dissuadant les producteurs, ainsi que le font parfois remarquer les militants d'Afdi qui agissent au Burkina Faso ? « Au Burkina peut-être, mais ce n'est pas du tout le cas à Madagascar, témoigne encore Alfred qui a aussi essayé d'aider au développement d'une production laitière locale mais qui s'est heurté à trop d'obstacles pour mener à bien le projet. Conclusion : les dons de lait aux enfants malgaches sont encore les bienvenus, voire indispensables, Et probablement pour longtemps.

Du producteur offreur au bébé malgache : Une chaîne de solidarité

Entre le producteur de lait vendéen qui offre une partie de sa traite et l'enfant qui en bénéficie dans un bidonville de Madagascar, il y a toute une chaîne de solidarité. A commencer par la laiterie qui transforme à « zéro frais » ce lait en poudre et le conditionne ; puis les associations « Promotion des hommes » et « Aviation sans frontière » qui financent le transport des containers à raison de 8000 € par an. La bas, d'autres associations caritatives - dont celle de Soeur Yvette –réceptionnent les bidons de poudre de lait, délaient cette poudre à 0% de matière grasse – car les malnutris tolèrent mal la crème - et l'enrichissent avec des huiles végétales, de manière à procurer quand même aux bébés un peu de matière grasse.

Campagne laitière 2008/2009 : 186 donneurs et 600 000 litres

Chaque exploitation laitière à la possibilité d'offrir jusqu'à 2500 litres de lait par campagne. 186 producteurs vendéens ont offert au total 600 000 litres au cours de la campagne laitière 2008-2009.
Outre la transformation en poudre de lait, ces dons ont servi à fabriquer 12 700 kg de beurre et 266 810 litres de lait UHT à destination de la Banque alimentaire de Vendée. Parce que les dons des producteurs bénéficient aussi à des personnes dans le besoin à notre porte.

La fin de campagne de mars 2008 fut la plus tendue depuis qu'existent les dons : 81 donneurs pour 89 800 L. En 2007: 184 pour 401 350 L ; en 2006 : 333 pour 794 930 L ; et en 2005 : 288 donneurs pour 601 950 L.

Source vendee agricole

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