Vendée : FCO : « Les bêtes, faut aller les voir tous les jours »

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Maurice Marnier, éleveur à Rocheservière, déplore un cas de FCO dans son élevage malgré ses précautions. Il n'en recommande pas moins à ceux qui ne l'auraient pas encore fait de vacciner leur cheptel, d'éliminer les nids à moustiques et de surveiller leurs animaux de près.

« Elle avait le mufle plutôt rose et puis en y regardant de plus près, j'ai vu qu'elle avait de petites plaies et des croûtes sous les naseaux.. D'abord j'ai pensé quelle s'était frottée de trop près à des mauvaises herbes, vu qu'elle était au pré dans les coteaux du bord de la Boulogne », raconte Maurice Marnier, éleveur de charolaises en fin de carrière à la Grande Métairie, à Rocheservière. « En cette saison, poursuit-il, je suis encore plus vigilant que d'habitude parce qu'elles sont toutes prêtes à vêler, alors je vais les voir tous les jours. Mais je ne pouvais pas m'enlever de l'idée que ça pouvait aussi être un des symptômes de la fièvre catarrhale. J'ai tout de suite voulu en avoir le coeur net. J'ai fait un aller retour au village pour aller chercher le thermomètre et là ça m'est tombé dessus : 40,3°. Alors là j'avais plus guère de doute. J'ai rentré la vache et appelé le vétérinaire ».
Le vétérinaire passe le soir même, il fait les mêmes constatations de suspicion puis il fait une prise de sang qu'il envoie au laboratoire. « Mes bêtes avaient été vaccinées et elles avaient même eu le rappel, alors, craignais Maurice, je pensais que la prise de sang n'allait révéler que la présence du vaccin et pas vraiment la maladie ». Le vétérinaire le rassure sur ce point : « L'analyse isolera bien les différents résultats ».

Baisser la température - Rien d'autre à faire !

Maurice sur son conseil administre un anti-inflammatoire pour faire baisser la température et ainsi tenter de protéger le veau que porte sa belle vache de 9 ans et dont le terme arrive le dimanche 24 août.
La confirmation lui est adressée par courrier mercredi la semaine dernière de la direction des services vétérinaires. La vache identifiée sous le numéro 3095 est bel et bien positive. Coïncidence ou cause directement liée à cette fièvre, dès le lendemain c'est d'un veau mort dont vêle la vache malade. Et puis, un deuxième veau mort sort quelques instants plus tard. Et, comme pour amplifier la déception de Maurice, il ne s'agissait pas de gringalets : 48 et 38 kg !
« C'est quand même vexant, j'ai fait le maximum et je suis attrapé quand même », fait remarquer Maurice. D'autant plus vexant en effet qu'il est un éleveur reconnu pour ses qualités d'observation de ses bêtes et qu'il avait pris toutes les précautions possibles pour éviter que ses bêtes contractent cette maladie. Depuis l'an dernier il enlève le fumier toutes les semaines dans ses bâtiments pour que la litière accumulée ne constitue pas un nid à moustique. Cela au prix d'un temps supplémentaire à passer et d'une plus forte consommation de paille. Il s'est inscrit dès l'ouverture pour la vaccination. Il épand toutes les 4 semaines un fongicide sur la ligne de dos de ses vaches et il a traité les bâtiments lapin et ses abords.
Précautions qui vont peut-être se révéler payantes car la vache malade se porte déjà mieux et les autres - parmi lesquelles peut-être des porteuses du virus – ne présentent pour l'instant aucun des symptômes de la maladie.

Vaccinées trop tard

« Ce qui a failli, regrette-t-il, c'est le vaccin, arrivé trop tard. « Il fallait faire l'inverse, estime-t-il, et commencer par les région encore indemnes pour faire une barrière plutôt que de toujours courir derrière la maladie ».
Il comprend mal également l'attitude de certains vétérinaires qui n'ont pas relayé auprès des éleveurs la recommandation de vacciner, ni celle de certains éleveurs qui cherchent à dissimuler ce qui leur arrive comme s'il s'agissait d'une maladie honteuse. «C'est pas en se planquant chacun de son côté qu'on gagnera puisqu'il ne s'agit pas d'une maladie contagieuse, témoigne-t-il ». Enfin, l'éleveur avisé qu'il est recommande à ses collègues de ne « pas se contenter de regarder leurs bêtes depuis la barrière et encore moins en passant en quad. C'est sans doute plus facile pour les laitiers qui les rentrent tous les jours et qui peuvent les observer de près. Mais même nous, les allaitants, on un intérêt à aller les approcher tous les jours et à les examiner de près. Faut pas laisser le champ libre à la maladie, mais pour ça faut que tout le monde y mette du sien. »

Danger ou pas : C'est la dose qui tue

« C'est la dose qui tue. Il faut réduire au maximum le danger en empêchant la maladie de prendre de la puissance, conseille Alain Joulie, directeur du GDMA qui explique que « si nous sommes en présence de quelques moustiques porteurs du virus, il n'y a de danger que pour quelques bêtes vulnérables, comme des veaux ou de vieilles vaches. En revanche, un grand nombre de moustiques infestés qui piquent de multiples fois les bovins non protégés et c'est la porte ouverte à une hécatombe »

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