Vendée : Le bio s'en sort, malgré quelques ombres au tableau

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Si l'ensemble de la filière bio reconnaît avoir été avantagée par la PAC, l'affouragement sera compliqué cette année, et les cours restent trop bas dans certaines productions.

« Globalement, la filière bio tire encore son épingle du jeu ». C'est ce qu'a observé Brice Guyau, président de la commission agriculture biologique, lors du conseil de la semaine dernière. En grandes cultures, la contractualisation avec des volumes engagés conséquents permet une bonne rentabilité. Si le bilan de santé de la PAC est passé par là et a rogné sur les aides des céréaliers, la nouvelle « aide au maintien de l'agriculture biologique » a rééquilibré la donne. Ce bilan de santé a même fait gagner aux systèmes bovins bios à base d'herbe. Heureusement, car, comme le souligne Brice Guyau, « les cours sont loin d'être suffisants pour pouvoir engraisser les animaux tranquillement ». Par ailleurs, cette année sera plus difficile qu'une année normale, car les éleveurs vont devoir compenser la récolte de fourrages, désastreuse, par des achats. Pour pallier ce manque de fourrages, des dérogations ont également été attribuées par l'INAO. Celles-ci permettent l'utilisation provisoire d'aliments conventionnels pour nourrir les animaux bios, dans la limite de 50% de la ration des animaux en production, et jusqu'à la prochaine mise à l'herbe.
Sur la question de l'alimentation, les éleveurs de monogastriques émettent quant à eux des interrogations quant à l'obligation, dès 2012, de fournir 100 % d'ingrédients d'origine biologique dans la ration. Il est pourtant très difficile de s'affranchir du soja, produit en conventionnel, car on ne retrouve pas ses proportions « idéales » en acides aminés essentiels dans les autres aliments. Pour la section, il faut faire vite, et « mener la réflexion sur les protéines dès maintenant avec les industriels de l'alimentation animale ».

Quid des aides PAC en 2014 ?

Si les bios s'en sortent bien avec le bilan de santé de la PAC, les membres de la commission restent inquiets quant au basculement des aides à la conversion dans le premier pilier prévu en 2011. « Si les gens entrent en conversion en comptant sur les aides, mais se rendent compte en cours d'année qu'ils n'auront pas toute l'enveloppe, cela peut-être dangereux », explique Christian Francheteau. En effet, si les demandes d'aides à la conversion sont trop nombreuses, des stabilisateurs seront appliqués comme pour les autres aides du premier pilier. Par ailleurs, le budget global de la PAC étant modifié en 2014, les producteurs craignent que celui consacré à l'agriculture biologique ne soit en partie sacrifié. Ceci dit, au vu du souhait de Bruxelles de « verdir » les paiements directs, la filière bio n'a probablement pas à s'inquiéter...

Conversions toujours en progression

Le conseil de filière s'est réuni à la suite de la commission. Il a notamment fait le point sur les conversions. 65 dossiers ont ainsi été traités par l'Adasea en 2010 (contre 41 en 2009 et 16 en 2008), parmi lesquels 47 nouvelles conversions et 18 agrandissements. Toutes les conversions n'ayant pas fait l'objet de demandes d'aides, ces chiffres ne sont cependant pas exhaustifs. Dans ce contexte porteur, le conseil général ne peut que reconduire ses aides, à savoir 20% d'aide sur le matériel en complément du PVE, et 20% d'aide à la transformation à la ferme.
La commission « bio » de la FDSEA, même si elle reste confiante, a pointé du doigt certaines interrogations pour l'avenir de l'agriculture biologique.

Source vendee agricole

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