Vendée : Les rencontres qui ont changé les regards sur l'Afrique

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Mardi 2 juin l'Afdi Vendée va réunir les familles qui depuis 30 ans on accueilli des paysans du Burkina faso. Un document qui relate ces 30 ans d'aide au développement et les 26 missions de Gérard Caillaux au Burkina sera également présenté.

60 stagiaires accueillis en 30 ans par 150 familles d'accueil, 300 voyages de familles d'accueil, de responsables agricoles et parfois de leur conjoint au Burkina Faso … Ce ne sont pas les chiffres du bilan d'un tour opérator et ils n'ont rien de spectaculaire. Ils sont à l'image du travail de fourmis conduit par les militants de l'Association française de développement international (AFDI) au Burkina. Parce que derrière ces 30 ans, ces 60 stagiaires, ces 150 familles et ces 300 voyages il y a les bases d'un développement.
30 ans c'est très long et c'est beaucoup plus de temps qu'il n'en faut pour en tirer la conclusion que, « décidément l'Afrique ne s'en sort pas, qu'elle s'enfonce. Bref, qu'elle est désespérante ». Mais 30 ans et 26 voyages c'est aussi le temps qu'il a fallu à Gérard Caillaud, le président fondateur d'Afdi Vendée, pour observer, écouter, comprendre et, aujourd'hui tirer des conclusions autrement plus optimistes. A la demande de ses jeunes collègues militants de l'Afdi, il vient de rédiger ce qui pourrait être le préambule à ses mémoires.

Une pierre sur la tête

Dans ce récit déjà conséquent de cinq grandes pages qui se lisent comme celles d'un roman, il évoque par thème les étapes de sa découverte du Burkina, de ses besoins, et de la place de l'Afdi dans ces besoins. « Jusqu'à mon premier déplacement, en 1985, écrit-il, je croyais que les noirs ne travaillaient pas ». Puis, relatant son premier voyage au nord du pays dans la zone sahélienne, il aperçoit au loin de nombreuses femmes en file indienne. « Nous pensons qu'elles vont vers un puits. En nous approchant, nous voyons qu'elles portent toutes une pierre sur la tête ! Elles participent à la réalisation d'un mini-barrage au travers d'une ravine afin de freiner l'eau et de retenir la terre ».
La très modeste participation de l'Afdi à la construction d'un autre barrage dans cette zone, dite de « Laaba »est d'ailleurs l'une de ses fiertés car, explique-t-il « Il a été voulu par les habitants, c'est leur barrage, pas celui du blanc. Ce sont eux qui ont réglé les problèmes fonciers et la répartition des parcelles selon les besoins et les capacités de chaque famille. Aujourd'hui l'aval et les pourtours de ce barrage sont une zone maraîchère. Les sources ne tarissent plus. Les éleveurs nomades y abreuvent leurs troupeaux. Les hommes ne vont plus travailler en Côte d'Ivoire et le nombre d'enfants scolarisés augmente ». Bien sûr, il y a eu des financements extérieurs mais, en conclut Gérard « seulement pour donner le coup de pouce à ce qu'ils voulaient faire. C'est un bon exemple de développement »

Des regards qui changent

L'accueil de paysans et d'animateurs ruraux dans des familles d'agriculteurs des Pays de la Loire, ainsi que les voyages sont sans doute moins « spectaculaires » mais tout aussi indispensables car, témoigne-t-il, comme pour tous ceux qui reviennent d'un premier voyage, mon regard sur l'Afrique a changé. Comme a également changé le regard des Burkinabés accueillis.
« Avant d'aller en France, a un jour confié l'une d'elles à Gérard, je croyais que les blancs étaient blancs car ils étaient toujours assis à l'ombre, qu'ils avaient des machines qui faisaient le travail, qu'ils avaient de l'eau et qu'ils fabriquaient l'argent. J'ai découvert que vous travaillez beaucoup et que vous courez toujours ; j'ai vu que vous avez de l'eau et des machines mais que vous travaillez ! Si nous on travaille, on peut peut-être y arriver ».
Aujourd'hui constate Gérard, « ces animateurs sont tous acteurs dans leur milieu ; les femmes surtout ont pris beaucoup plus d'assurance. Ils gardent tous un grand souvenir de leur séjour et sont capables de dire le nom des familles qui les ont reçus ».
Bref, on a compris que l'Afdi et ses partenaires du Burkina sont une entreprise à créer ici et là bas de l'espoir. Ici en mettant en mouvement des familles d'accueil, des serveurs de café et des bêcheurs de mogettes qui vont contribuer à acheter de très coûteux billets d'avion ; là-bas, en amorçant le développement en aidant les paysans au travers des organisations qu'ils mettent en place et en permettant aux paysans d'envisager de vivre de leurs produits ; ici et là-bas en comprenant comme l'a compris Gérard « qu'il faut beaucoup d'humilité pour aborder les questions du développement en Afrique. Que lorsque nous allons rencontrer des personnes matériellement pauvres, ayons une attitude de pauvres avec rien à donner : nous serons ainsi plus disposés à voir les richesses humaines, le travail qui est fait et éventuellement le coup de pouce à donner. »

La soirée du mardi 2 juin : Des retrouvailles et des adieux

A partir de 18 h au Lycée des Etablières avec la présence des 150 familles d'accueil et des 10 animateurs burkinabés actuellement en stage dans les cinq départements des Pays de la Loire. La veille, ces stagiaires auront participé à la Fête de la meunerie de Nieul-sur-l'Autize et le surlendemain ils s'envoleront pour Ouagadougou où ils retrouveront leurs familles.

Source vendee agricole

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