Vendée : Sécheresse : « Nous devons faire face ensemble à cette situation d'urgence »

Suite au conseil d'administration de la FDSEA de lundi dernier, et en raison des difficultés dues à la sécheresse, il a été décidé de demander au préfet de prendre un arrêté de non broyage des pailles. Explications avec Joël Limouzin, président de la FDSEA.

Partout on parle de la sécheresse. Quelle est la situation en Vendée ?

La pluviométrie a été très disparate dans le département avec des situations depuis un mois qui oscillent entre 5/6 millimètres pour certains et 45/50 pour d'autres. On s'aperçoit qu'on a une situation compliquée, délicate pour un grand nombre d'éleveurs mais aussi des producteurs de grandes cultures pour lesquels les rendements, notamment en céréales, vont être atteints. Mais ce sont surtout les fourrages qui vont faire défaut. Les stocks d'herbes sont à peu près satisfaisants sauf qu'aujourd'hui on commence déjà à attaquer l'herbe ensilée parce que les pâturages ne donnent plus rien. La situation est d'autant plus inquiétante que l'année dernière a déjà été une année de sécheresse et qu'on a démarré l'année 2011 avec des exploitations qui n'avaient plus de stocks. Aujourd'hui il va falloir faire face à ces stocks à venir.

Quelles solutions ont été proposées lors du conseil ?

Essayer d'optimiser toutes les sources de fourrage qu'on peut avoir sur le département ou ailleurs, notamment pour les pulpes de betteraves, luzernes déshydratés, fauchage de jachères, etc. Tout un dispositif va se mettre en place. Mais on s'aperçoit que la situation est tellement dramatique dans d'autres départements avec qui parfois nous avions quelques engagements et qui pouvaient nous vendre de la paille. Ils se désistent car ils vont eux-mêmes en avoir besoin pour leurs éleveurs. Du coup cela nous amène à mobiliser tout ce qui peut exister sur notre département notamment à travers toutes les pailles : d'orge et de blé et de récolter tout ce qui peut être récolté en matière de foin y compris dans les zones industrielles. J'en appelle d'ailleurs aux collectivités locales : faites attention et mettez-vous en relation avec les présidents de syndicats locaux.
L'autre décision essentielle que nous avons prise au conseil d'administration c'est de solliciter le préfet pour prendre un arrêté préfectoral pour le non-broyage des pailles sur l'ensemble du département.

C'est une première ?

Oui et nous avons bien conscience que c'est une décision délicate à prendre. Nous ne remettons pas en cause les contrats déjà engagés entre céréaliers et éleveurs mais en vue des difficultés que nous allons avoir pour trouver de la paille, on demande au préfet de prendre cet arrêté. Je l'ai informé directement et il se penche sur la question.

Quels pourraient être les délais ?

Nous avons 15 jours à trois semaines environ pour prendre cette décision.

Où en sont les prix aujourd'hui ?

Nous avions défini il y a deux mois une fourchette de prix de 15 à 22 € la tonne. Mais depuis ce lundi matin un prix maximum est tombé (d'une institution nationale) au niveau de paille et fourrage : 25€ la tonne de paille prise en andain.
Face à cela, la FDSEA s'engage a réunir les entrepreneurs et les Cuma pour pouvoir acheter toute la paille non broyée pour la presser le plus vite possible et pouvoir être l'interface entre les céréaliers et les éleveurs et ce de façon à ce que toute cette paille puisse être localement vendue à un prix que l'on espère le plus bas possible. Nous voulons arrêter le feu sur le prix.
Nous entendons bien les céréaliers qui disent qu'il y a une valeur pour l'agronomie en mettant de la matière organique dans les sols. Mais cette année, et de façon exceptionnelle, il faut qu'il y ait un véritable élan de solidarité. Il a déjà été exprimé l'an passé suite à l'après Xynthia. Aujourd'hui il faut que le monde des grandes cultures joue cette carte de la solidarité vers le monde de l'élevage. A travers cet arrêté, la liberté des agriculteurs n'est pas remise en cause mais nous sommes face à une situation d'urgence et nous devons nous mettre autour de la table. C'est ensemble que nous pourrons passer ce cap si vraiment la sécheresse devait perdurer.

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