Vendée : Solidarité Paysans 85 : L'agriculture vendéenne perd un emploi par jour

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Comment l'agriculture vit-elle la crise économique et comment épauler les exploitations en situation difficile ? C'est le sens du débat organisé par Solidarité Paysans 85, lors de son assemblée générale, vendredi dernier.

«Quelques exploitations qui cessent leur activité, ça n'a rien de comparable à une usine qui ferme. Si l'agriculture est touchée par la crise financière et économique, elle ne la subit pas de la même façon. Mais, même si c'est beaucoup plus diffus, il ne faut pas le cacher, nous enregistrons des pertes d'emploi en agriculture (source Agreste) : en Vendée entre 2000 et 2007, 2478 emplois Unité de travailleur agricole (UTA) ont disparu, soit 354 UTA par an. Soit un par jour. Ces emplois concernent aussi bien des chefs d'exploitation, que des salariés agricoles, des salariés d'entreprise de travaux agricoles et de Cuma. » Les pertes d'emploi ou cessations d'activités touchent plus particulièrement les producteurs de lapins et porcs qui prennent de plein fouet la hausse des matières premières. Et aujourd'hui, avec la baisse du prix du lait, des producteurs s'interrogent sur l'intérêt de maintenir cette production.
Une bonne nouvelle dans ce tableau plutôt sombre : le nombre d'installations augmente. En 2008, on compte 150 installations aidées contre 130 en 2007.
Au-delà des chiffres, la crise modifie le comportement des agriculteurs. «Ce sont plus les mentalités qui changent » estime Louis-Marie Rauturier, conseiller à la chambre d'agriculture (1). «Le doute s'installe notamment chez les jeunes et dans les structures associatives importantes ou après un regroupement d'exploitations. Beaucoup s'interrogent sur leurs méthodes de production : si les agriculteurs recherchent à être plus autonome, il y a encore des résistances et certains ne veulent pas mettre une croix sur les intrants. Dans ce domaine, il faut être très pédagogue. «Il faut aussi essayer de proposer des systèmes solidaires avec des investissements en commun pour diminuer les charges de mécanisation.»

Besoin de fonds roulement important

La fluctuation des prix et l'absence de perspectives rendent plus difficile la gestion des entreprises agricoles. «Si la trésorerie ne se dégrade pas trop, on observe un besoin plus important en fonds de roulement, des retards dans le paiement des fournisseurs, et des demandes d'avances sur le paiement de produits animaux ou sur cultures. Et dans les systèmes laitiers, les éleveurs ont recours aux prêts à court terme avec une garantie sur les DPU », relève Jean-Claude Marchand. Pour ce conseiller de gestion du secteur de Pouzauges, la crise conjoncturelle affecte plus particulièrement les producteurs de viande bovine proche de la retraite : « 800 à 900 exploitations ne se mettront pas aux normes. Ce sont des systèmes où il n'y a pas de successeur, et où les éleveurs ne veulent pas investir. Mais des structures importantes avec des outils innovants et une bonne rentabilité sont aussi des systèmes qui pourront demain poser question quant à leur transmission.»
Ce nouveau contexte agricole, conjugué à la crise économique inquiète les responsables de Solidarité Paysans 85. «Jusqu'à présent, pour les situations ne trouvant pas de solutions dans la continuité, on conseillait la cessation d'activité et il était facile aux agriculteurs de trouver un travail salarié. Mais aujourd'hui, les postes intérims sont souvent supprimés et ce conseil paraît moins judicieux. Ne vaudrait-il pas mieux aider les personnes à passer des caps difficiles plutôt que d'arrêter tout de suite », s'interroge Augustin Tessier. « L'agriculture, bien que subissant elle aussi certaines difficultés commune aux autres secteurs d'activité, ne subit pas de la même façon la crise financière et économique ».

(1) Louis-Marie Rauturier, conseiller chambre d'agriculture, secteur Est collines.

*C.RE.SU.S : l'Association régionale d'aide et de soutien à un rééquilibre budgétaire a pour but d'aider ceux qui connaissent des difficultés financières par le conseil et la rénégocation de crédit. Elle est habilitée à proposer des prêts destinés aux particuliers exclus du système bancaire classique : le montant du micro-crédit va de 600 € à 3000 €.

Accompagnement des agriculteurs

Solidarité Paysans 85 aide les agriculteurs qui traversent une difficulté à poursuivre leur activité ou à se réorienter. En 2008, l'association a traité140 dossiers. Si le nombre est pratiquement identique à l'année précédente, SP 85 note qu'elle retrouve dans ces accompagnements des exploitants qui l'avait déjà sollicitée pour ce type de démarche. En 2008, ce sont les producteurs de viande qui ont le plus fait le appel l'association.

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