Vers un prix du lait spécifique pour les appellations fromagères d’Auvergne ?

P.Olivieri

Vers un prix du lait spécifique pour les appellations fromagères d’Auvergne ?
Le prix spécifique revendiqué serait défini à partir de la valorisation effective des fromages AOP - P.O

Les producteurs de la FRSEA Massif central militent pour la fin de la prime AOP au profit d’un prix du lait spécifique, reflet de la tenue des marchés des appellations d’Auvergne.

Depuis deux ans, le retour aux producteurs de la plus-value liée aux fromages AOP d’Auvergne se fait sous la forme d’une prime entreprise. Ce système est-il toujours d’actualité en 2014 ?

Michel Lacoste, responsable AOP à la FRSEA Massif central : “Depuis la fin de la CVO (cotisation volontaire obligatoire) en vigueur de 2009 à 2011, nous fonctionnons effectivement sur une prime entreprise avec des discussions qui s’appuyaient sur des échanges en Crielal, l’interprofession laitière régionale. Le contexte en 2014 change : d’une part les interprofessions n’ont plus le droit de discuter prix du lait mais elles peuvent tout de même communiquer aux entreprises et producteurs des indicateurs. Second élément : avec un prix du lait qui est dans une phase haute, les entreprises peinent à répercuter auprès de la distribution à la fois l’augmentation du prix du lait de base et la plus-value AOP. Enfin, la fusion des groupes 3A et Sodiaal change la donne. On sent la volonté de la coopérative Sodiaal de redonner des perspectives aux appellations d’origine d’Auvergne. Au vu de ces évolutions, il a semblé pertinent aux producteurs de remettre sur la table une revendication que nous avions déjà portée, à savoir un prix du lait AOP spécifique sur la partie du lait transformée en AOP.”

Qu’entendez-vous par spécifique ?

M. L. : “Un prix du lait qui évolue en fonction d’indicateurs du marché de ces appellations. Nous militons ainsi pour un prix qui s’appuie d’une part sur la valorisation effective des fromages AOP et de l’autre sur celle de leurs co-produits, lactosérum et beurre. Nous disposons aujourd’hui de relevés de prix réalisés tous les six mois par la Draaf(1). Nous souhaitons voir comment rendre ce système plus dynamique et réactif pour arriver à un indicateur de prix mensuel AOP par AOP.”

Sur cette base, quel serait le prix AOP en 2014 ?

M. L. : “Il atteindrait 380 euros/ 1 000 litres (sauf pour les laits en qualité C), c’est notre revendication pour l’année 2014 sachant que nous demandons à ce qu’il soit reconduit à ce niveau en 2015 en faisant le pari que le prix des fromages tiendra l’an prochain avec des entreprises qui pour- ront afficher auprès des GMS(2) que, désormais, nos appellations disposent d’un prix spécifique.”

Êtes-vous confiant dans les chances de voir cette revendication aboutir ?

M. L. : “Nous avons dit aux entreprises que nous étions prêts à valider la poursuite de la cotisation communication, qui permet de financer les opérations promotionnelles autour des AOP d’Auvergne et plus globalement des actions collectives des ODG(3) pour accroître les ventes, à condition de disposer d’un juste retour de plus-value via ce prix spécifique. Nous espérons une fin de recevoir sachant qu’on sent aujour-d’hui de la part des entreprises une volonté de définir un nouveau système, et de la part de Sodiaal en particulier de capitaliser sur les AOP d’Auvergne.” 

(1) Direction régionale de l’agriculture, l’alimentation et la forêt.
(2) Grandes et moyennes surfaces.
(3) Organismes de défense et gestion (Cif, Sirba, Sirfam, ISN).

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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