[Vidéo] Autour du château, les paysans se révoltent

Lise Monteillet

[Vidéo] Autour du château, les paysans se révoltent

Plusieurs centaines d’agriculteurs ont investi les abords du château de Chambord, ce vendredi 2 septembre, en marge de la réunion des ministres européens de l’agriculture.

Environ 400 personnes étaient attendues pour partager un repas champêtre, à l’initiative de la Coordination rurale. Réunir les ministres européens de l’agriculture dans le fastueux château de Chambord : voilà un choix qui ne passe pas auprès des agriculteurs. Une maladresse de la part de Stéphane Le Foll ? Certains y voient une « provocation ». « Ça nous relègue au stade des paysans plusieurs siècles en arrière », estime Philippe Allaire, vice-président de la Coordination rurale du Loiret. Le choix est assumé par le ministre de l'Agriculture, rappelant que le château est sous la tutelle de son ministère.

Philippe Allaire a perdu cette année 30 % de ses récoltes d’orge, 60 % pour le blé et 50 % pour le tournesol. Il n’est pas assuré car situé en zone inondable. Ce qu’il attend des pouvoirs publics ? Un « cadeau » de la MSA afin d’être totalement exonéré des cotisations sociales 2016 et 2017. Son syndicat réclame également 500 € de subventions par hectare, attribués par la DDT et avancés par les banques. « Il faut prendre l’argent là où il y en a, je pense par exemple au groupe Avril », ajoute-t-il. Ce qu’il ne veut pas : « nous voulons éviter la mise en place d’un fonds de sécurité sur une partie du budget de nos primes Pac, poursuit-il. C’est la troisième année que nous travaillons sans salaire. Heureusement que nos femmes travaillent à l’extérieur… »

A plus long terme, Philippe Allaire souhaite repenser le modèle agricole français : « nous pourrions produire du soja non OGM en France et arrêter l’export de blé », propose-t-il. La Coordination rurale plaide aussi en faveur d’une TVA sociale en agriculture, en éliminant les charges sociales des exploitants et des salariés de l’agriculture, pour les compenser par une augmentation de la TVA sur les produits consommés.

Distribution de lait

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La Confédération paysanne a préféré se rassembler dans le centre ville de Blois.

A quelques kilomètres de là, plusieurs centaines de militants de la Confédération paysanne ont réalisé une distribution de lait devant les grilles de la préfecture de Blois. Margaux Boitard, agricultrice à Chailles, était de la partie. Cette maraichère et productrice de céréales a perdu 100000 euros après l’inondation de ses terres pendant une semaine et demie. Toute sa production maraichère a été anéantie et il ne reste que 30 % des céréales. Elle dit manifester pas seulement pour elle, mais pour l’ensemble de sa profession : « je veux un territoire vivant avec des agriculteurs nombreux. Il faut arrêter cette course où à la fin, il ne restera plus que des industriels. Laissons des familles sur les terres ! »

Christine Riba, secrétaire générale de la Confédération paysanne, explique : « concernant la production laitière, l’Union européenne pourrait imposer la régulation de la production. Pour que le prix du lait remonte, il faut fixer une quantité maximale à ne pas dépasser par producteur. Aujourd’hui, on va dans le mur ».

Elle lance aussi un appel à l’aide : « il faut aider les paysans qui n’ont plus de quoi donner à manger à leurs familles ». Elle demande plus de moyens pour que la MSA puisse notamment gagner en « réactivité ». La Confédération paysanne défend par ailleurs la suppression de toutes les pénalités, car les paysans sont « assommés par la paperasse » selon Christine Riba.

Au micro de la Confédération paysanne, un agriculteur de l’Indre scandait : « les assurances privées, dans la crise actuelle, on voit que ça ne marche pas. (...) Les paysans ne doivent pas mettre tous leurs œufs dans le même panier, ils doivent miser sur la diversification et ne pas surinvestir ». Après lui, des représentants d’un syndicat espagnol devaient prendre la parole. La Confédération paysanne a, elle aussi, voulu faire de ce vendredi 2 septembre une journée dédiée aux échanges européens. 

 

A lire aussi : "Pas de Pac exit", annonce Stéphane Le Fll, entouré de ses homologues européens

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Commentaires 5

robinet

A quand une manifestation d' envergure au niveau européen ?

robinet

Mais que se passe t' il au niveau européen, quand vont-ils se rendre compte qu' il est urgent de trouver des solutions durables et rapides afin de nous laisser supposer qu' il y aura un lendemain pour nous et nos familles, nous sommes quand meme une corporation des plus utile sur cette terre, notre vocation est de nourrir nos contemporains, excusez du peu !!!!, un employé d' un centre de gestion agricole me montrait cette semaine l' évolution des couts de productions en culture, depuis l' an 2000, en 16 ans, triplage des couts engrais, presque' un doublage pour les couts phytos, également meme résultat pour ce qui concerne le cout du matériels, par contre question recettes nous sommes en plein déclins !!!!!, alors combien de temps encore debout dans ces conditions !!!! Ils nous faut tous avoir un sursaut d' orgueil, quel corps de métier accepterait de travailler dans ces conditions, aucun métier ne travaille à perte, alors pourquoi nous devrions accepter cela en silence, c' est de leur part ( les politiques européens) non assistance à personne en danger, car non seulement pour les agriculteurs, mais également pour leurs familles. Messieurs, ouvrez vos yeux avant qu' il n' arrive malheur.

jeje 612

se ne sont pas des vaches en plastique qu il faut mettre mais arroser le perimetre de lisier pour qu ils voient et sentent dans la merde qu ils nous ont mis

seb

Votre commentaire...je félicite votre engagement.

fred

ne laissons pas tuer l'agriculture familial, le business agricole à quelques uns

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