Xavier Beulin, réélu président de la FNSEA,veut rouvrir le débat sur les OGM

Xavier Beulin, réélu président de la FNSEA,veut rouvrir le débat sur les OGM

Tout juste réélu mercredi à la tête de la FNSEA, Xavier Beulin fera du débat sur les biotechnologies sa priorité pour les trois années qui viennent et attend du "Le Foll 2" un peu plus d'écoute.

Xavier Beulin a été réélu mercredi à la présidence de la FNSEA par le conseil d'administration pour un second mandat de trois ans, a annoncé le porte-parole de la FNSEA. Aucun autre candidat ne s'était déclaré face à l'homme fort de la puissante fédération depuis trois ans. 

Quelles sont vos priorités pour ce second mandat ?

"On a la chance d'être dans un secteur porteur. Et cette recherche de double performance économique et écologique, que le ministre rabâche dans tous ses discours, passera non pas par une forme de décroissance et de retrait de la production; mais au contraire par tous les moyens qui permettraient aux agriculteurs d'être plus efficaces et plus efficients. Nous, nous pensons que le débat sur les biotechnologies doit être ré-appréhendé dans notre pays, non pas pour ou contre, mais en termes de réponses et de solutions dans la recherche de cette double performance. C'est le sens que je souhaite donner à ce prochain mandat. Car j'ai parfois le sentiment que, appliqué à l'agriculture, tout ce qui relève du progrès, de l'innovation, s'apparente un peu au débat qu'on a sur le nucléaire, on tombe vite dans une espèce de débat pour ou contre. Derrière le Monsanto 810 (un maïs transgénique, ndlr) est-ce qu'on accepte ou non, en France et Europe, de poser un débat serein sur ce que peut apporter comme avantages comparatifs une technologie par rapport à une autre ? Je ne suis pas pro-OGM, il faut cesser de me faire dire ça, je suis agacé. Je suis quelqu'un d'ouvert."

  

Êtes-vous satisfait de la reconduction de Stéphane Le Foll au ministère de l'Agriculture ?

"Je souhaite que le ministre Le Foll 2 prenne un peu plus de temps et qu'il accorde un peu plus de crédit aux propositions que nous lui faisons. Il y a une occasion toute immédiate avec la loi d'avenir de l'agriculture (qui va être examinée par les sénateurs à partir de mercredi soir, ndlr) d'apporter un certain nombre d'inflexions dans sa loi, ou de la renforcer dans certains domaines. Sur le statut d'agriculteur, sur le registre, sur les inter-professions, sur la recherche et l'innovation, il pourrait à l'occasion de ce premier passage en plénière au Sénat redonner un certain sens. Et il faut dire que tant qu'on n'a pas défini ce qu'est l'agroécologie, j'ai du mal à entrer dans le dossier. On a le sentiment qu'il y a un type d'agriculture aujourd'hui qu'il faut absolument privilégier et mettre toutes les autres au rebut."

Qu'attendez-vous du nouveau gouvernement ? 

"On parle de gouvernement de combat, on attend d'avoir les actes, tout ce qui tourne autour d'un regain de compétitivité pour l'économie française et donc l'agriculture.On attend aussi des engagements concrets, je pense au pacte de responsabilité, sur la partie charges sur le travail. On n'est pas tout à fait en ligne avec l'application du CICE (Crédit d'impôt compétitivité emploi) qui n'a pas d'impact sur les petites entreprises ou les coopératives agricoles qui en sont toujours à l'écart. En contrepartie, il y a 60 à 70.000 emplois non pourvus dans la filière amont et aval. Pour les pourvoir, nous pouvons renforcer la formation, les contrats d'insertion, la communication envers les plus jeunes sur nos métiers. Et nous pouvons nous engager sur la modernisation de nos outils et faire en sorte qu'il y ait une vraie cohérence entre les moyens publics et nos propres capacités d'investissement."

Source AFP

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