Y aura-t-il un hiver cette année ?

Julien Marchione

Des températures douces pour ce début d’année 2014. En moyenne, 10°C dans les terres en ce mois de janvier. Quelles conséquences pour les maraîchers ? Début de réponse avec Louis Vinet, président des Jeunes maraîchers de légumes de France.

Louis Vinet, au cœur d’une serre de production de concombres.

Que ce soit pour une production en serre ou en plein champ, quels sont les avantages d’une météo douce comme en ce début d’année ?

Pour la production en serre, c’est bien sûr des économies en terme de chauffage. Les dépenses liées sont moindres par rapport à l’an dernier. Il faisait plus froid en janvier 2013, mais bizarrement ce n’est pas ce qui nous a gênés le plus : c’était le manque de luminosité. Cette année, nous avons beaucoup de chance car nous avons de la lumière. Cela nous permet d’assurer une bonne croissance de nos plantes et j’espère, une bonne productivité d’ici un mois.
En plein champ, on va avoir des rotations plus rapides. Pour exemple, la mâche va pousser plus rapidement ; un avantage qui peut également devenir un inconvénient.

Justement, quels en sont les inconvénients ?

Pour garder l’exemple de la mâche, elle va être plus fragile, moins croquante. De plus, elle va arriver sur le marché en même temps que d’autres productions et pourrait ne pas bien se vendre.
Contrairement à ce que l’on pense, on aime avoir un peu froid, notamment dans le Pays Nantais : cela permet d’assainir la terre et l’atmosphère.

La crainte du gel toujours ?

Ce qui a été observé l’année dernière et confirmé cette année, c’est le décalage des périodes de froid. C’est vrai, on est assez surpris de voir des températures de 12 ou 13 °C un après-midi de janvier, avec des descentes à 5 ou 6 °C le matin mais sans forcement de grand froid. En 2013, la vague de froid est arrivée fin mars – début avril où il y a eu de fortes gelées. En général, on retrouve les mêmes températures d’une année à l’autre, seulement avec un décalage dans le temps. Après, si l’on n’a pas pris ces précautions et qu’il y a une forte gelée, on perd le produit. Tout simplement. Une plante qui gèle est une plante irrécupérable.

Et donc les productions de mai-juin qui vont en pâtir ?

Pour les serres, on réussit à s’en sortir. C’est surtout une augmentation du coût de chauffage décalée dans le temps. En plein champ, cela peut s’avérer plus complexe et décaler des productions dans le temps. Ça reste le jeu, on ne contrôle pas la nature et c’est très bien comme ça. On fera selon les conditions qu’elle voudra bien nous donner.

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Commentaires 1

Beber12

Ne vous inquiétez pas: le froid arrivera bien assez tôt !

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