Zones vulnérables : des “tas” d’arguments à faire valoir

L'Union du Cantal

Zones vulnérables : des “tas” d’arguments à faire valoir
Un message clair déposé devant les portes de la DDT... - P.O

Nouvelle mobilisation syndicale des éleveurs cantaliens mercredi soir devant la DDT à Aurillac en amont de la signature des arrêtés de classement des zones vulnérables.

Pas de trêve des confiseurs cette fin d’année entre le syndicalisme agricole et le gouvernement. Les agriculteurs cantaliens ne veulent pas de ce cadeau empoisonné sous le sapin, de cette bombe à retardement commandée par Bruxelles et emballée par l’État français, baptisée directive Nitrates. Mercredi soir, près de 200 éleveurs venus principalement des secteurs d’Allanche, Mauriac et de la Châtaigneraie ont adressé un énième message “déterminé et ferme” aux représentants de l’État en déversant fumier et lisier devant la Direction départementale des territoires (DDT) à Aurillac : “Les nouveaux arrêtés de classement en zones vulnérables vont être signés dans les prochains jours avec un arbitrage qui sera définitif. Or, aucun élément nouveau ne nous a été apporté, nous avons sollicité des rendez-vous avec les préfets coordinateurs des deux bassins concernés - Adour-Garonne et Loire-Bretagne - mais sans retour. Nous sommes là pour faire entendre jusqu’au bout notre argumentaire, sachant que pour chaque zone du département concernée, nous avons prouvé que l’application de la directive Nitrates n’a pas lieu d’être”, a exposé Joël Piganiol, tandis que trois tracteurs s’apprêtaient à déverser le chargement de leur benne.

L’administration en ligne de mire

En ligne de mire des manifestants : l’administration départementale. “L’agriculture est la première activité économique dans notre département et nous allons encore installer cette année 100 jeunes. Plutôt que de nous aider, l’administration continue à nous mettre les bâtons dans les roues en se permettant de donner un avis favorable à ce projet de classement. C’est inadmissible, sachant que la directive Nitrates va engendrer un surcoût insupportable pour les jeunes !”, a tempêté Benoît Aurière des JA. Richard Rodier, producteur de lait en Gaec sur Mauriac, vit sous cette épée de Damoclès. Cinq mois seulement après son installation en janvier 2013, l’affaire Bouriannes éclate. En août dernier, il apprend le projet de classement de sa commune en zones vulnérables sur la base d’un captage situé en Corrèze sur un autre bassin versant. “Nous sommes une quinzaine de jeunes agriculteurs potentiellement concernés sur Mauriac et Chalvignac et on se demande à quelle sauce on va être mangés, il y a toujours des aléas et des contraintes qui s’ajoutent.” Des aléas au rang desquels les rats taupiers figurent d’ailleurs de nouveau...

“On nous compare aux Bretons !”

“Si je devais m’installer aujourd’hui, franchement, je changerais de voie”, assure Julien Théron, installé en 2007 au Bac d’Allanche au sein d’une exploitation mixte avec son frère et son père. À l’époque, il a investi dans un nouveau bâtiment et dans une installation de stockage de 1 000 m3. Une  installation  que  la directive Nitrates l’obligerait à refaire. “On peut bien stocker davantage, mais où épandre alors que toutes nos terres sont à plus de 10 % de pentes ?”, s’exclame Jean-Michel Pélissier, 52 ans, dont les limousines valorisent des parcelles situées entre 1 050 et 1 200 mètres d’altitude, sur le plateau du Cézallier également. “On nous compare à des Bretons alors que le captage en question a été contaminé par la dégradation des arbres tombés lors de la tempête de 1999 !”, s’agace l’éleveur allaitant. Tous ne demandent qu’une chose : que les 17 communes cantaliennes ne figurent plus dans les projets de zonage. “Et Vieillespesse ?”, lance un manifestant. “Pour Vieillespesse, qui est déjà classée, le combat est maintenant sur la voie juridique”, a indiqué Joël Piganiol avant de laisser la voie, pour l’heure, à un épandage urbain de lisier.

 

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