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« Il faut arrêter de se cacher derrière des faux-semblants : un agriculteur bio peut décemment vivre de son métier ».

« Il faut arrêter de se cacher derrière des faux-semblants : un agriculteur bio peut décemment vivre de son métier ».

Loire Atlantique Agricole

16/01/12
Loire-Atlantique - Agriculture biologique

Bio et alors ?

Les aides au transport de paille du conseil général de Loire-Atlantique font toujours débat, plus particulièrement celles attribuées aux agriculteurs bio. Même auprès de bénéficiaires potentiels.

Pierrick Bonnet est un homme heureux. Agriculteur, responsable syndical FNSEA 44 de sa commune (Lavau sur Loire) et du canton de Savenay, entouré de sa petite famille et en pleine force de l’âge. Il a aussi la particularité d’être dans un système de production biologique, en Gaec avec un associé. La polémique sur les aides au transport de paille, attribuées par le conseil général de Loire-Atlantique, ne le laisse pas indifférent.


Besoin de paille

« Chez nous, la paille est utilisée à la fois pour le paillage et pour l’alimentation », explique l’éleveur. Cette seconde utilisation n’est toutefois possible qu’avec la paille produite sur l’exploitation puisqu’elle doit correspondre au cahier des charges de l’agriculture biologique. « Nous gérons un atelier naisseur-engraisseur en viande bovine ainsi qu’un atelier de porcs charcutiers sur paille, ce qui induit une consommation relativement élevée de paille ». Le système de polyculture étant basé à 90 % sur l’herbe, la production de céréales reste assez faible. D’autant plus que seulement un tiers des terres est labourable, le reste étant réparti entre des marais humides et des marais régulés. La Gaec a d’ailleurs eu la désagréable surprise de perdre un hectare de récolte dans une zone noyée sous les intempéries de l’été. « C’était la seule parcelle non drainée, les autres ont fait la différence : comme quoi on peut être en bio et promouvoir le drainage ! »
La stratégie des deux associés est très claire. « Nous essayons d’être autonome pour l’alimentation mais cet objectif est plus difficile à atteindre pour la litière ». Effectivement, chaque année, environ cent tonnes de paille proviennent de l’extérieur. « Malgré la fauche des roseaux sur les îles de la Loire, nous achetons de la paille tous les ans. C’est la seconde année consécutive via le comité calamités agricoles ».


À la même enseigne

« La sécheresse, nous l’avons tous subie », poursuit l’éleveur. « Je ne suis pas convaincu qu’un système conventionnel tout herbe soit moins fragile qu’un système comme le nôtre, bio avec une diversité de cultures, ni qu’un agriculteur bio ait plus besoin d’une aide au transport de paille que son collègue conventionnel. Nous sommes presque tous logés à la même enseigne face aux caprices du climat. Comme n’importe quel agriculteur du département, les agriculteurs bio ont dû acheter des fourrages à l’extérieur de manière conséquente. Et comme n’importe quel agriculteur, ils veulent dégager un revenu par la vente de leur production ».
À défaut d’être injuste, une aide au transport de paille ciblée pour les agriculteurs bio ne semble pas adaptée à la situation. « Il faut arrêter de se cacher derrière des faux-semblants : un agriculteur bio peut décemment vivre de son métier. Il serait préférable d’aider au renforcement des filières pour favoriser le développement du bio, plutôt que de donner des aides directes aux agriculteurs. L’aide à l’agriculture biologique se justifie seulement pendant la conversion, période durant laquelle le producteur vend ses produits dans la filière conventionnelle ».


Chercher ailleurs les marges de manœuvre

La fréquence des périodes de sécheresse justifie une réflexion approfondie pour trouver des marges de manœuvre. Un constat partagé par Pierrick Bonnet : « les changements climatiques doivent faire réfléchir tous les agriculteurs, qu’ils soient bio ou conventionnels. Il devient de plus en plus pertinent d’éviter de mettre tous ses œufs dans le même panier et de raisonner son système fourrager en fonction de ces paramètres extérieurs ». Un adage qui vaut aussi pour la commercialisation de ses produits selon l’éleveur. « On le constate par différents prismes : les agriculteurs s’en sortent mieux en diversifiant leurs sources d’approvisionnement, leurs systèmes fourragers, leurs circuits de commercialisation, tout en maintenant leur propre équilibre. Arrêtons par exemple d’opposer circuit court et circuit long, les deux ont leurs avantages et leurs inconvénients. L’agriculture biologique ne doit pas être considérée comme un fardeau, c’est un mode de production spécifique, avec son propre marché, ses propres filières, ses propres consommateurs ». Le bio est souvent associé à une image d’Épinal. Et pourtant, on peut être bio, rationnel, productif et vouloir être traité comme tous les autres agriculteurs.


Jean-Philippe Arnaud
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Commentaires1

  • Posté le lundi 13 février 2012

    arbo49
    le secteur de l élevage profite déja des aides de la pac meme en bio se qui est normal mais dire que les bio n ont besoin d aides que pendant la conversion n est pas logique de la part de personne qui ont des aides pac d autre productions non rien

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