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Le marché du roquefort bio a atteint un pallier

Bernard Griffoul - Réussir Pâtre Mars 2012

Le marché du roquefort bio a atteint  un pallier
Pour une AOP aussi réputée que le roquefort, le label bio amène-t-il véritablement une différenciation ? DR

Vendu cher au consommateur, le roquefort bio est affecté par la crise économique. Si le marché peut repartir, les possibilités de développement restent néanmoins limitées.

Une plus-value de 37 % pour le lait de brebis bio

Le marché du roquefort bio a atteint  un pallier
© P. Cordonnier

Les deux principaux fabricants de roquefort bio collectent le lait en commun auprès de 35 producteurs regroupés dans une association, Bio Rayon. En 2012, ils seront 42 et livreront 3,5 millions de litres. Seulement les deux-tiers du lait bio collecté sont transformés en roquefort, le reste est vendu. Les conversions étaient engagées avant l’arrêt de croissance du marché. Aujourd’hui, la porte est fermée aux nouveaux producteurs. La plus-value sur le prix du lait est de 37 % (soit 43 centimes par litre) par rapport au prix de la classe 1 (lait destiné au roquefort). « C’est beaucoup trop cher pour développer le marché », estime Dominique Torrès. Au cahier des charges bio, ont été ajoutées quelques obligations supplémentaires, notamment l’interdiction des fourrages humides et l’adhésion à un service vétérinaire bio.

Le roquefort bio est la niche de la niche », observe Dominique Torrès, responsable de l’amont à Société des Caves et administrateur à la Confédération de Roquefort. La production de lait de brebis bio dans le rayon de roquefort – trois millions de litres sur un total de 170 millions (dernière campagne) – reste marginale. Les fabrications de roquefort bio ne dépassent pas 350 à 400 tonnes et le marché stagne depuis trois ans. Pourtant, il y a quelques années, ce segment semblait plutôt prometteur. Mais, la crise économique a porté un coup d’arrêt à sa croissance. « Pour l’instant, nous sommes à un pallier. Ca repartira mais la croissance restera modérée, pronostique Dominique Torres. Je pense qu’elle est freinée par le prix. Le roquefort bio est beaucoup trop cher. » Et de préciser : « Le différentiel de prix de vente au consommateur entre le roquefort conventionnel et le bio peut atteindre 50 % en grandes surfaces ».

« Dans les gènes de notre entreprise »

Le roquefort bio est produit essentiellement par deux entreprises : Papillon (200 tonnes) et Société des Caves (120 tonnes). La fromagerie Gabriel Coulet produit également quelques dizaines de tonnes. Selon les entreprises, le roquefort bio ne revêt pas la même importance. Alors que chez Société des Caves, il représente moins de 2 % des fabrications, chez Papillon, avec 10 % de la production totale, il est l’un des produits phares.

« L’AOP roquefort est proche du bio »

Chez cette dernière, il est surtout le fruit d’une histoire ancienne et le marqueur de la culture de l’entreprise. Papillon fabrique du roquefort bio depuis 1976. « Le bio et le développement durable sont véritablement inscrits dans les gènes de notre entreprise », assure Walter Muller, directeur général de Papillon. Le troisième fabricant de roquefort, qui revendique un positionnement « haut de gamme », commercialise ses produits quasi exclusivement sous ses marques propres et relativement peu dans la grande distribution (un tiers). Mais, reconnaît également Walter Muller, « le marché du roquefort bio est lent ».
Société commercialise 70 % du roquefort bio sous ses propres marques et 30 % en marques de distributeurs (MDD). « Depuis quatre ou cinq ans, les MDD représentent la plus forte progression du roquefort bio », indique Dominique Torrès. De manière générale, les produits bio ont le vent en poupe. Pourquoi le roquefort n’est-il pas porté par le même vent favorable ? Pour une AOP aussi réputée, le label bio amène-t-il véritablement une différenciation ? « Le roquefort est un produit qui s’est inscrit depuis longtemps dans une démarche de qualité avec des exigences importantes et des modes de production plus proches d’un concept bio que productiviste », analyse Dominique Torrès. « L’AOP roquefort est très proche du bio, approuve Walter Muller. Mais, être proche ne signifie pas être bio. Pour rentrer dans certaines enseignes, il faut proposer du bio. »

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