Les Coopératives s’investissent dans le bio

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Les Coopératives s’investissent dans le bio
Christophe Lecuyer et Julien Bidaud, producteurs bio (SC)

Un tiers des producteurs bio en France sont désormais adhérents d’une coopérative agricole. Pour partager l’expérience de ces agriculteurs, Coop de France publie un recueil intitulé : « Coopératives agricoles et agriculture biologique : un pari gagnant »

Elles étaient 350 en 2009... Cinq ans plus tard, plus de 550 coopératives agricoles sont désormais engagées dans l’agriculture biologique en France, soit 7.500 producteurs bio adhérents d’une coopérative (un tiers du total des agriculteurs bio en France). 75% de la collecte de grains bio, 70% de la production d’aliments du bétail bio, 65% de la production d’œufs bio... sont ainsi désormais assurés par ces coopératives dont une quarantaine est spécialisée.

« Les coopératives agricoles sont devenues un maillon incontournable du développement de la filière biologique en France. Elles permettent à de nouveaux producteurs de s’investir en sécurisant leurs débouchés du champ à l’assiette» précise Christophe Lecuyer, président de la commission filières biologiques de Coop de France.

« Le bio, économiquement ça fonctionne », assure ce producteur à la tête d’une exploitation de 200 ha de grandes cultures dans le Perche. Des coopératives qui ont aujourd’hui « compris que le bio était un marché en croissance, porteur de valeurs ajoutées, sur lequel il était important de se positionner» assure-t-il.

La fin de la mixité : un mauvais signal

Christophe Lecuyer, accompagné de Julien Bidaud, producteur de porcs et de lait bio en Loire-Atlantique (600 mille litres de lait, 1.200 porcs à l’engraissement), présentait à l’occasion du Printemps Bio un recueil d’expériences intitulé : « Coopératives agricoles et agriculture biologique : un pari gagnant ». Ce livret, composé de 17 témoignages de producteurs et de responsables de coopératives, offre un aperçu des initiatives portées par la coopération dans ce secteur.  

Mais le président de la commission filières biologiques de Coop de France a également fait part de son inquiétude concernant le projet de règlement bio de la Commission européenne, qui devrait entrer en vigueur au premier janvier 2015. Il prévoit notamment la fin de la mixité des exploitations, combinant production bio et conventionnelle. Or 25% des fermes produisant du bio sont aujourd’hui dans ce cas.  « La fin de la mixité annoncée est un mauvais signal. C’est un risque de frein à la conversion » précise Christophe Lecuyer pour qui la conversion d’une partie de l’exploitation est souvent un premier pas nécessaire avant le passage au 100% bio.     

Autre motif d’inquiétude : la déclinaison régionale des aides. « Une partie des aides au maintien en agriculture biologique (MAB, ndlr), acquises en 2010, pourraient être remises en cause ici ou là » explique-t-il. Des aides pourtant indispensables « pour sécuriser les producteurs bio».

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L’Europe veut durcir la réglementation Bio

 

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