Abattoirs : situation critique en Bretagne

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Abattoirs : situation critique en Bretagne

La situation des abattoirs de porcins, comme de bovins est critique, a confirmé l'Union des groupements des producteurs de viande de Bretagne (UGPVB) lors de son assemblée générale à Saint-Quay-Portrieux (Côtes-d'Armor). Des éleveurs qui réclament rapidement "des décisions politiques concrètes" pour relancer la production.

Les cheptels sont en baisse, toutes espèces confondues, ont souligné les intervenants. Une baisse qui se traduira par la fermeture à moyen terme d'au moins un abattoir porcin - avec des pertes d'emplois - mais la situation est également critique pour les abattoirs bovins, également en surcapacité.

"Les non décisions politiques sur des dossiers stratégiques, simples, et qui ne demandent aucun moyen financier de l’État, se traduisent aujourd'hui dans les faits", a estimé Michel Bloc'h, président de l'UGPVB. "Avec 58% de la production nationale, la baisse de la production bretonne pourrait amener la balance commerciale française, déjà déficitaire en valeur depuis 2004 (-166 millions d'euros en 2011), en déficit de volume : la consommation française et le marché seront à la merci des importations", fait valoir l'UGPVB.

"Développer l'élevage ne demande que des décisions politiques concrètes" affirme le président de l’UGPVB qui réclame  « des réformes audacieuses rapidement". «L'économie, la compétition et la concurrence font que nous sommes sur un temps court, très court!»  poursuit-il.

Réformer les ZES

Parmi les évolutions administratives attendues par les éleveurs, "une première priorité" est la "réforme des ZES" (zones d'excédent structurel, définies par canton) qui limitent les extensions d'élevage pour des raisons environnementales. Les producteurs considèrent que les efforts environnementaux entrepris depuis 20 ans ont porté leurs fruits, rendant de fait inutiles ces ZES.

Ils font notamment valoir que "la teneur moyenne en nitrates dans les eaux en Bretagne a baissé de près de 30% en 15 ans". Les excédents de nitrates sont pour partie à l'origine des proliférations d'algues vertes qui polluent certaines plages bretonnes au printemps et en été. "On est sous une cloche administrative qui empêche les choses de bouger. On fera tout mieux si on libère les investissements. Le développement (de la production) ne doit pas faire peur",  insiste Michel Bloc'h.

Pour regagner de la compétitivité face à la concurrence des grands producteurs européens (Danemark, Pays Bas, Allemagne), le parc agricole breton "vieillissant" a également besoin de modernisation et d'investissements.

Une tendance à la végétalisation de la terre

Les producteurs s'inquiètent également de la "végétalisation" des terres (remplacement de l'élevage par la culture de céréales), qui aurait pour effet de tarir la source de matière première pour l'agroalimentaire et entraînerait des suppressions d'emplois. "La végétalisation aurait des conséquences effroyables pour la Bretagne" où l'agroalimentaire représente "40% de l'emploi industriel régional", soit 60.000 salariés, "dont près de 50% dans le domaine de la viande", ont-ils souligné.

Cette tendance à la végétalisation s'observe en raison du cours élevé des céréales, face à la faible rémunération de l'élevage et aux contraintes qui lui sont imposées.

L'UGPVB rassemble 27 organisations de producteurs de porcs, œufs et bovins, regroupant 5.700 producteurs de porcs, 6.500 élevages et 580 producteurs d'œufs.

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Commentaires 3

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je suis d'accord avec pietin 113 et j'irai même plus loin en disant que les prix doivent tout simplement monter pour coller à l'évolution du cours de la vie et monter en plus par rapport aux couts de production. L'élevage n'est une agriculture au rabais.

bob

une bonne vache normande en 1990 se vendais 1400 euros...........aujourd'hui c'est 1100,et pendant se temps,les prix du "reste " sont x 5
finalement,ont travaille pour " la gloire "....

pietin 113

il y a une seule solution:des prix remunerateurs indexes sur les couts de production pour toutes les productions!

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