Antiobiorésistance: l'Anses préconise l'arrêt des antibiotiques préventifs en élevage

Antiobiorésistance: l'Anses préconise l'arrêt des antibiotiques préventifs en élevage

L'agence française de sécurité alimentaire et sanitaire (Anses) recommande "d'abandonner l'usage des antibiotiques en prévention" dans les élevages afin de lutter contre l'antibiorésistance, dans un rapport publié vendredi.

"Le développement de la résistance aux antibiotiques est devenu, au cours de la dernière décennie, une préoccupation majeure en termes de santé humaine et animale", rappelle l'Anses qui s'est "autosaisie" du sujet afin de mesurer les "risques d'émergence d'antibiorésistances" dans les élevages. L'agence préconise donc l'arrêt des prescriptions préventives car "le risque d'induire de la résistance chez les bactéries des flores commensales est présent chez tous les animaux traités alors que le bénéfice thérapeutique est dépendant de l'élimination effective de la bactérie pathogène dont la présence n'est que suspectée".

L'Anses souhaite également que des "outils de suivi pérennes des pratiques" soient mis en place dans les élevages, "par espèce animale, par filière et type de production". Et elle rappelle en outre l'importance du "développement d'alternatives à l'usage de ces molécules". En mars, l'association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir tirait la sonnette d'alarme, estimant, après analyse, qu'un quart des volailles présentaient des bactéries résistantes à un ou plusieurs antibiotiques.

Des alternatives existent

Une antibiorésistance qui peut être transmise à l'homme par la consommation de cette viande. Le gouvernement a beau avoir lancé un plan EcoAntibio 2012-2017 qui prévoit de réduire de 25% en cinq ans l'usage vétérinaire d'antibiotiques, le recours à ces substances est encore trop "automatique", surtout en traitement préventif. A la naissance, l'éleveur peut injecter un antibiotique à un veau, au cas où il développerait une maladie. En élevage de volailles c'est pire, car l'éleveur doit agir vite compte tenu de la courte vie des animaux (30 jours pour un poulet standard). Dans certains pays, les éleveurs inoculent même des antibiotiques de façon systématique dans l'alimentation animale. Certaines alternatives naturelles, à base d'algues notamment, sont possibles mais elles restent limitées aujourd'hui. Et les éleveurs, qui utilisent des solutions à base de plantes pour réduire les antibiotiques, se plaignent justement de la lourde réglementation imposée par Bruxelles et l'Anses pour pouvoir utiliser ces produits naturels.

Source avec AFP

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Commentaires 10

61valdhuisne

Rappelons d’abord que depuis la Loi Grammont en 1850, traiter correctement les animaux d’élevage et les soigner n’est pas un droit mais un devoir de l’éleveur. Tous les outils de la médecine vétérinaire sont bons à envisager pour remplir ce devoir pourvu qu’ils ne provoquent pas de problèmes plus grands à côté ; dans le cas précis : une résistance aux antibiotiques préjudiciable à l’Homme ou à une espèce animale.
Très honnêtement, je ne comprends pas ce langage entendu ici ou là qui prétend que « des éleveurs utilisent des antibiotiques à titre préventif ». L'Hygiène et la Vaccination, elles, sont du domaine de la prévention. Les antibiotiques, outils curatifs, sont employés (à tort ou à raison) dans 3 situations :
- pour combattre un germe pathogène sensible, suite à un diagnostic établi.
- pour des prunes...
- au cas où les animaux seraient malades sans le savoir ; selon le principe établi en 1923 par le célèbre Docteur Knock.
Un esprit scientifique peut être d'accord avec la première utilisation, combattre la seconde, être perplexe vis à vis de la troisième mais en aucun cas qualifier cette dernière de "prévention". Je proposerais plutôt le terme de "précaution" et, bien entendu, n'étant ni vétérinaire ni en charge de la santé publique mais éleveur, je me garderai de porter un jugement catégorique. Je reste à l'écoute des scientifiques sur ce sujet en invoquant Boileau "Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement. Et les mots pour le dire arrivent aisément".

1584

les antibiotiques c'est pas automatique et de toute façon la nature a horreur de vide donc il vaut mieux les utiliser correctement . il conviendrait aussi de se tourner vers les transformateurs qui rajoutent toutes sortes de produits (les "e") dont on ne connait pas toujours le réel impact sur la santé humaine alors qu'on a un produit sain et de qualité au départ.

Pleinchamp

@Merci pour votre remarque judicieuse concernant la photo

franlutin

petite observation d'un éleveur de bovin:l'article porte sur l'elevage en général ,et on comprend que ce probleme est surtout dans les élevages de grande population(porcs et volailles )
Or la photo représente des bovins allaitants (merci pleinchamp).
Loin de moi l'idée de dénigrer les aviculteurs .Mais le mode d'elevage des bovins allaitants consomme moins d'anti bio que le hors sol .

Youpala

Ok avec toi , faudra le dire aux politiques qui arrive à pondre des autorisations pour des élevages énormes que l on sait gave d antibio et en même temps lutter contre l antibioresistance

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