L’ostéopathie appliquée aux bovins

Rédaction Vendée agricole

Manipuler un bestiau qui fait 10 fois son poids et le soigner du bout des doigts. Il faut le voir pour le croire !

L’ostéopathie : Une méthode de soins complémentaire

Des répercutions peuvent apparaître immédiatement après un traumatisme, ou des semaines, des mois, voire des années plus tard. Elles peuvent être la cause d’une diminution de mobilité, ou d’une dysfonction locale parfois éloignée de la cause primaire du traumatisme. L'ostéopathie dont les bienfaits ont été découverts il y a 120 ans, peut détecter ces manifestations douloureuses du squelette ainsi que les troubles viscéraux, nerveux ou encore circulatoires aux origines lointaines. L’ostéopathe exerce des manipulations qui consistent à libérer le corps des différentes restrictions, permettant ainsi la libre circulation des informations.Cette approche thérapeutique non conventionnelle peut s’appliquer à titre préventif et curatif et n’est pas une méthode exclusive. Elle s’intègre à toutes sortes de traitements complémentaires. Dans le cas d’Hélène Leray, elle n’intervient dans les élevages qu’en concertation avec le vétérinaire traitant.Il n’y a pas encore en Vendée d’ostéopathe pratiquant exclusivement l’ostéopathie sur bovins mais des vétérinaires l’exercent en complémentarité de leur pratique habituelle et d’autres sont en formation.

L’un des participants à la journée de formation sur l’ostéopathie appliquée aux bovins l’attendait au tournant : « avec un chat ou un chien, je veux bien mais une vache c’est autre chose ! » Et ils l’ont vu au tournant : la taille de l’animal n’y fait rien. Ce qui compte d’abord dans cette médecine dite « manuelle » c’est quand même la connaissance et l’observation. Et elle observe, Hélène Leray, vétérinaire ostéopathe itinérante en Loire atlantique et intervenante de la journée de découverte de l’ostéopathie appliquée aux bovins, organisée la semaine dernière par l’ADPS et la chambre d’agriculture.

Lorsque, à la demande d’un éleveur ou de son vétérinaire elle intervient dans un élevage, elle observe d’abord l’animal non entravé. Elle regarde comme il se tient, la position de sa queue, de sa tête, de son dos... Elle le regarde marcher ou claudiquer... Puis elle s’en approche doucement en lui parlant, se laisse renifler et pose sa main sur l’un des épis dorsaux. « Ça tranquillise la bête. Si vous-même vous êtes tranquille », s’empresse-t-elle de préciser. Elle garde ensuite le contact avec l’animal tout en recherchant les tensions, les déséquilibres. Parce que cette fois, elle observe du bout de ses doigts à la sensibilité exacerbée. Elle suit les mouvements, les raideurs et capte les tensions, pour remonter jusqu’à la source de la douleur. Ces tests lui permettent de déterminer les zones à traiter.

Diagnostic au bout des doigts

Cet après-midi, les éleveurs qui accueillent la démonstration dans leur élevage - les époux Deborde à Bournezeau - orientent l’ostéopathe vers une vache qui donne des coups de pied à la traite. Comme si elle craignait qu’on lui fasse mal. En lui palpant le dos, le bassin, l’occiput, et le sacrum la praticienne diagnostique des tensions viscérales puis admet qu’il lui faudrait un examen plus approfondi avant de prétendre résoudre ce problème de comportement. Une autre vache qui donne mal son lait est à son tour observée puis l’exercice se poursuit avec un veau de huit jours. Le petit animal n’est pas entravé mais il se laisse palper comme s’il y prenait du plaisir.

Des bios, mais pas qu’eux

Parmi la quinzaine d’éleveurs participants, cinq sont bio et de ce fait sont à la recherche de soins qui vont éviter autant que possible le recours aux médicaments. Les autres sont des conventionnels intéressés pour en savoir un peu plus sur leurs animaux pour détecter les premiers signes des malaises et identifier les pathologies du ressort de l’ostéopathie. Ils ont bien compris que l’ostéo ne se résume pas au reboutage, et que sa pratique reste réservée au professionnel. Ils se sont bien

rendus compte que les techniques reposent sur un ensemble de disciplines scientifiques et que dans leur rôle d’éleveur ils restent des accompagnateurs. « Ils ont je crois bien saisi l’importance du toucher », rapporte Marjorie Troussard, conseillère de la chambre d’agriculture qui encadrait le groupe. Et aussi les gestes à proscrire comme tordre la queue ou pincer l’animal. Quelques astuces en homéopathie ont également été délivrées.

A l’issue de la journée la moitié des participants se déclaraient prêts à mettre en pratique quelques uns des enseignements de cette formation et désormais prêts à observer et toucher plus et surtout mieux leurs animaux.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires