Lait : en Nouvelle-Zélande c'est aussi la crise !

Lait : en Nouvelle-Zélande c'est aussi la crise !

Il y a moins d'un an, le lait était encore qualifié d'"or blanc" en Nouvelle-Zélande, premier exportateur mondial, mais la plupart des producteurs qui subissent de plein fouet la chute des cours perdent désormais de l'argent.

"C'est l'une des périodes les plus difficiles depuis mes débuts", confie Andrew Hoggard, qui préside le secteur laitier à la Fédération des agriculteurs de Nouvelle-Zélande. Il a démarré son activité en 1997 et son exploitation, de taille moyenne pour le pays, compte plus de 500 vaches laitières. "Certains éleveurs, une minorité, doivent renoncer à leur ferme. (...) La plupart doivent emprunter de l'argent", raconte-t-il. "Très peu d'exploitations sont rentables", poursuit Andrew Hoggard, avant d'évoquer le prix payé aux producteurs par la coopérative Fonterra, dont il est un des 10.500 fournisseurs.

Le 7 août, ce géant du lait, qui produit la quasi-totalité du lait en Nouvelle-Zélande, a annoncé que les éleveurs toucheraient 3,85 dollars néo-zélandais (2,2 euros) par kilo de matière sèche pour la saison qui s'achève le 31 mai 2016. Très loin du record de 8,40 dollars (4,8 euros) atteint en 2013.

"Cela représente beaucoup moins que ce que gagnent les producteurs français", selon l'économiste Gérard Calbrix, de l'Association française des transformateurs de lait. D'après ses calculs, la rémunération des producteurs néo-zélandais correspond à environ 200 euros les 1.000 litres pour du lait standard français, alors que les éleveurs de l'Hexagone sont payés environ 300 euros.

Or le prix de Fonterra, premier exportateur de produits laitiers dans le monde, intéresse bien au-delà de la Nouvelle-Zélande, surtout pour les produits finis. C'est "la référence au niveau international", explique Gérard Calbrix.

95% de sa production exportée

Qu'ils soient européens ou néo-zélandais, les éleveurs souffrent en partie des mêmes maux. L'effondrement des achats chinois, l'embargo imposé il y a un an par la Russie et le ralentissement économique des pays producteurs de pétrole ont plombé la demande.

L'offre, en revanche, n'a cessé d'augmenter, en particulier en Europe avec la fin des quotas le 1er avril, conduisant à une surproduction.

Mais la Nouvelle-Zélande est beaucoup plus sensible au marché mondial que l'Europe. Avec ses 4,5 millions d'habitants, elle ne peut pas compter sur son marché intérieur et exporte 95% de sa production, principalement à destination de la Chine. Les produits laitiers représentent un quart des exportations du pays.

"Les agriculteurs ne touchent pas de subventions, ce qui rend la situation actuelle très difficile", reprend Andrew Hoggard. Pour autant, il n'y a pas de manifestations en Nouvelle-Zélande. "La réalité, c'est que trop de lait a été produit dans le monde. (...) Alors contre qui manifester?", interroge-t-il. Ce responsable du secteur laitier plaide pour une ouverture des marchés et dénonce les barrières douanières qui bloquent la route aux exportations, notamment en Europe.

 

500 suppressions d’emploi chez Fonterra

Face à cette crise, Fonterra a supprimé plus de 500 emplois en juillet. Pour Andrew Hoggard, la coopérative doit désormais investir "dans des produits plus haut de gamme, plus seulement dans la poudre de lait en gros, mais (produire) du fromage de qualité". Quant aux fermiers, ils cherchent à réduire les coûts de production. "Nous observons déjà une diminution du nombre de vaches", dit-il.

Le directeur de Fonterra, Theo Spierings, s'attend à "une baisse de la production de lait d'au moins 2% en Nouvelle-Zélande d'ici à Noël". Cité le 29 août par le quotidien The Australian, il explique qu'il voit, à l'avenir, "des prix à la hausse mais en dents de scie".  "Les prix mondiaux resteront très volatils dans les neuf à douze prochains mois, car il y a trop de problèmes structurels au niveau de la demande", prévient-il.

 

Source AFP

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Commentaires 5

Tomimy

Dommage que dans cet article, l'auteur confonde, je crois, prix du lait et remunèration (200€/1000)
Vu les volumes, je pense que c'est bien le prix du lait.
Pour un petit volume, notre rémunération est supérieure à 200/1000l. Et on vit Bien

Bazilou

Rien de bien brillant dans cette situation. les producteurs de NZ se ruinent et c'est pareil en Europe. Comment peut on laisser casser tous ces outils de production au nom du commerce international ? il est urgent de réguler tous ces échanges au niveau mondial si on veut sauver l'élevage.

Jean

+5 milliard de litres depuis 2009.Dommage que l'article ne replace pas la Nouvelle zélande devant ses responsabilitées. En 2009 sa collecte laitière était de 16,9 milliard contre 21,8 en 2014 et sur 6 premiers mois de 2015 a encore progresser de 0,6.Ce plus petit pays producteur que la France exporte beaucoup.Une augmentation de 5 sur 16,9 cela fait plus de 29,5% de croissance.La crise vient aussi de cette fuite en avant de produire plus quand prix deviennent correcte.

angryfarmer

Et si on parlait du coût de production. .. pas d'hiver peu d'infrastruture au niveau bâtiment. ... encore bien que le lait y est moins cher!

Jean

La Nouvelle zélande n'a t elle pas augmentée sa production?
cet article parle comme si seule l'Europe avait produit plus.Or sur ces 4 dernières années en % d'évolution la Nouvelle Zélande doit frôler les +25%

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