Le statut des animaux en question

SC avec AFP

Le statut des animaux en question

L'Assemblée nationale doit voter ce soir une disposition reconnaissant aux animaux la qualité symbolique d'êtres vivants "doués de sensibilité", alignant ainsi le code civil sur les codes pénal et rural. Alors que la cause du "bien-être animal" trouve de plus en plus de sympathisants en France, la FNSEA veut participer au débat et s’apprête à lancer une "campagne d'explication".

Il s'agit d'une mesure déjà votée dans le cadre d'un projet de loi de modernisation et de simplification du droit, mais recalée en commission mixte.  Une modification qui intervient au moment où de nombreuses personnalités se mobilisent en faveur des animaux domestiques.

Ce texte est un moindre mal pour la FNSEA qui craignait que les animaux se voient doter d'une nouvelle catégorie, entre celle des hommes et celles des biens, comme l'avait demandé une vingtaine d'intellectuels en 2013.

La formulation qui devrait être votée, selon Mme Lambert, "nous paraît gérable", a-t-elle dit. "On accepte qu'il y ait une évolution", a renchéri Xavier  Beulin, président de la FNSEA "sans pour autant remettre en cause la notion de la relation entre l'éleveur et son animal qui est une relation de subordination".

La FNSEA dénonce un "show médiatique" sur le bien-être animal

Sur la défensive, le principal syndicat agricole français, la FNSEA,  martèle que les éleveurs prennent soin du "bien-être animal", dénonçant un "show médiatique" sur la souffrance des animaux d'élevage et des tentatives législatives pour modifier leur statut de "biens".

Même "si on n'est pas exemplaire en tout (...) il faut calmer le jeu", a estimé Xavier Beulin, lors d’un  déjeuner de presse en présence de plusieurs éleveurs venus décrire l'attention qu'ils accordaient au bien-être de leurs animaux.  "L'image qu'on donne de l'élevage français est erronée  (...) Je ne peux accepter qu'on généralise des systèmes qu'on va chercher ailleurs, loin de nos frontières", a-t-il ajouté.

Devant la multiplication de livres dénonçant l'élevage industriel et les conditions dans les abattoirs - dont les derniers en date sont signés du moine bouddhiste Matthieu Ricard et du journaliste Franz-Olivier Giesbert-, la FNSEA réagit et envisage de lancer une "campagne d'explication", notamment sur les réseaux sociaux.

La cause du "bien-être animal" trouve de plus en plus de sympathisants

De son côté, l'association militante L 214 a réaffirmé mercredi, dans un communiqué, que "contrairement aux propos tenus par la FNSEA, les normes minimales de protection animale sont loin d'être respectées dans les élevages et les abattoirs français", jugeant que la majorité des animaux d'élevage sont "privés de l'expression de comportements essentiels à leur bien-être" et dénonçant "des infractions récurrentes aux normes minimales".

La cause du bien-être animal semble trouver de plus en plus de sympathisants dans un pays qui compte seulement de 1,5% à 3% de végétariens. "C'est un phénomène qui se dessine. On rougit moins d'afficher son empathie à l'égard de l'animal", constate un de leurs défenseurs de la première heure, Allain Bougrain-Dubourg.

De la vache folle au scandale des lasagnes au cheval, les crises alimentaires ont certainement contribué à ces questionnements sur l'alimentation.  Il en est de même pour la crise écologique qui, pour Allain Bougrain-Dubourg, "a imposé un regard vers nos voisins de planète, les animaux, et plus globalement le vivant qui nous entoure".

 

Publié par SC avec AFP

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