Les entreprises se disputent la collecte des cadavres d’animaux

Les entreprises se disputent la collecte des cadavres d’animaux
Quatre acteurs (Saria, Atemax, Monnard et Sopa) se disputent la collecte dans les fermes (photo SIFCO)

Que faire des animaux morts en élevage ? Engrais, graisse, combustibles et même biocarburants, les débouchés sont nombreux et les équarrisseurs se disputent un marché devenu désormais juteux.

Du gazole à base de graisse animale

Le numéro un du biodiesel en Europe, Sofiprotéol, s'est allié à l'équarrisseur Atemax (groupe Akiolis) pour lancer une activité de production de gazole à partir de graisses animales d'ici 2015. L'équarrisseur concurrent Sifdda (groupe Saria) a fait de même avec Intermarché pour créer Estener, dont la première usine a été inaugurée en novembre dernier au Havre.

Ces biocarburants ont d'autant plus de valeur qu'ils devraient compter double dans le taux d'incorporation des carburants, l'Union européenne privilégiant l'usage de matières non destinées à l'alimentation comme ces graisses animales tirées de cadavres qui ne peuvent pas être réintroduites dans la chaîne alimentaire.

Longtemps les carcasses de bovins, moutons et autres animaux trouvés morts en élevage (ATM) n'ont plus eu de débouchés. La faute à l'ESB, encéphalopathie spongiforme bovine ou vache folle, qui a réduit pendant longtemps les possibilités de recyclage et conduit à l'interdiction progressive des farines animales pour nourrir les animaux. Pire, les collecteurs devaient payer pour s'en débarrasser, notamment les cimenteries pour qu'elles acceptent de les incinérer, raconte Yves Berger, directeur général de l'Interprofession de la viande et du bétail (Interbev).

 Aujourd'hui, la situation a bien changé : les stocks sont vides et  la réglementation s'est lentement assouplie, permettant par exemple l'utilisation des protéines animales dans la fabrication d'engrais, des biocarburants....

Quatre acteurs (Saria, Atemax, Monnard et Sopa) se disputent la collecte dans les fermes.  Depuis que le marché a été privatisé en 2009, ce sont des associations de filières (ATM porc, ATM ruminants...) qui décident de la répartition du marché.

Conflit entre Saria et la filière 

Et ils viennent de décider de l'attribution de la collecte pour la période 2013-2015, en rééquilibrant les parts de marché.  Ainsi Saria qui pouvait collecter dans 57 départements (56% du marché), se voit réduire son terrain de collecte à 49% du marché, au profit d'Atemax qui devrait maintenant détenir 45% du marché, contre 38% précédemment.

 Mais Saria conteste cette nouvelle répartition commerciale et traîne le groupement des ATM devant le tribunal de  grande instance de Paris. Le groupe revendique le droit de continuer à collecter les cadavres des animaux trouvés morts en ferme dans 9 départements dont il n'a plus la charge depuis le 1er janvier 2014. Cette perte représenterait un manque à gagner de 10 millions d'euros (sur 60 M de CA) et entraînerait la fermeture d'une usine dans le Morbihan et de trois centres de collecte en Mayenne, Dordogne et Saône-et-Loire, employant 120 personnes au total, détaille le porte-parole de l'entreprise.

En attendant la décision de justice, Saria continue d'aller collecter les cadavres dans les départements qui lui ont pourtant été retirés.  « Le groupe Saria n’accepte pas de perdre un monopole car il a refusé de baisser les prix au moment des négociations », a expliqué  Jean-Pierre Fleury, secrétaire général de la FNB (fédération nationale bovine), lors d’une conférence de presse à Paris, le 8 janvier.  Interbev affirme que la procédure utilisée pour l’attribution des nouveaux contrats a respecté les règles de droit applicables et est valide.

Une audience doit avoir lieu ce lundi, pour une décision attendue en février.  

Source avec AFP

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Commentaires 1

babar12

pourquoi les éleveurs continuent à payer pour l' enlèvement des cadavres? question naive peut etre!!!!

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