Les filières viande bovine et lait en Pologne - Dossier Economie de l'Elevage Septembre 2016

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Les filières viande bovine et lait en Pologne - Dossier Economie de l'Elevage Septembre 2016

Depuis son adhésion à l’UE, la Pologne a multiplié par 5 ses exportations de viande bovine pour devenir un acteur majeur du marché européen. Avec une industrie modernisée et une main d’œuvre bon marché, les abattoirs polonais proposent une viande au rapport qualité/prix imbattable. Où la Pologne s’arrêtera-t-elle ? C’est la question à laquelle ce dossier propose de répondre.

Chaque mois, une étude sectorielle sur les filières lait ou viande (bovines, ovines, caprines) en France, ou chez un de nos concurrents ou débouchés majeurs, en Europe ou dans le monde.

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Depuis son adhésion à l’Union européenne en 2004, la Pologne a multiplié par cinq ses exportations de viande bovine : d’outsider, elle est ainsi devenue le second exportateur européen de viande bovine, derrière l’Irlande, et devant l’Allemagne et la France. La viande polonaise a pénétré en premier lieu le marché italien, importateur net de viande de jeunes bovins, qui s’est laissé séduire par son prix bas… à un moment où la crise économique affectait sérieusement le pouvoir d’achat des ménages. Un timing parfait en somme. Mais l’Italie n’est pas le seul marché de la viande polonaise, qui a fait son trou dans tous les Etats membres de l’UE et même au-delà.

Bien que plébiscitée pour son prix, la viande polonaise était au départ décriée pour sa dureté du fait notamment de l’absence de maturation en abattoir. Mais en moins de 5 ans, les abattoirs ont réalisé d’énormes progrès technologiques qui ont amélioré la tendreté des viandes, leur couleur et le gras, en fonction des attentes des importateurs. Le développement d’une filière génisses permet de proposer de la viande plus tendre aux opérateurs italiens. Et le travail sur la qualité se poursuit, avec des projets comme l’analyse prédictive de la qualité de la viande, sur le modèle australien MSA.

La hausse des exportations polonaises de viande bovine a été permise par la forte baisse de la consommation intérieure combinée à la hausse de la production nationale. Grâce au réservoir de veaux issus du troupeau laitier, la production de taurillons a doublé en 10 ans. Les exportations de petits veaux ont parallèlement été réduites à moins de 100 000 têtes, quand elles dépassaient 900 000 têtes au moment de l’adhésion à l’UE. La dynamique d’engraissement est telle que la Pologne devrait devenir déficitaire en petits veaux dès 2017.

L’engraissement de jeunes bovins a connu un essor fulgurant grâce la création de nombreux ateliers par des éleveurs laitiers en cessation, mais aussi par la diversification des éleveurs toujours en place en complément du lait. Il s’est aussi développé chez des agriculteurs céréaliers du centre du pays stimulés par la hausse des cours des animaux finis, et enfin chez des éleveurs porcins lassés par la volatilité du prix du porc.

Du côté de l’industrie de la viande, le recours aux aides européennes et/ou les investissements de grands groupes étrangers ont enclenché une dynamique de restructuration et de profonde modernisation des outils d’abattage/découpe. En 12 ans plus de 3 milliards d’euros ont été investis dans l’industrie de la viande. Avec une main d’œuvre 4 fois moins chère qu’en France, les abattoirs polonais proposent aujourd’hui une viande au rapport qualité-prix imbattable en Europe.

Où la Pologne s’arrêtera-t-elle ? La réduction du nombre de veaux disponibles semble toutefois inéluctable, en Pologne comme dans les pays voisins. Le développement rapide d’un cheptel allaitant encore marginal est en effet loin de compenser la réduction tendancielle du troupeau laitier. La production polonaise de viande bovine plafonnerait avant 2020, sauf si les engraisseurs élargissaient l’aire de leurs approvisionnements plus à l’Ouest … auquel cas un nouveau débouché s’ouvrirait pour les exportateurs de broutards français et irlandais.

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