Méthanisation agricole : une filière prometteuse malgrè les difficultés

Méthanisation agricole : une filière prometteuse malgrè les difficultés
Le potentiel de développement du biogaz en France reste très important (DR)

Une étude réalisée par la filière biogaz* montre les difficultés rencontrées par les unités de méthanisation qui fonctionnent sur un modèle multi-intrants typiquement français. L’expérience de ces jeunes sites pionniers, parfois compliquée, permet toutefois d’identifier des voies d’amélioration et de proposer des solutions.

La filière biogaz* vient de rendre publique les conclusions d’une étude réalisée par le cabinet indépendant e-cube, mandaté (en lien avec l’ADEME) pour réaliser un état des lieux de la filière biogaz. Cette étude a été menée auprès de 54 unités de méthanisation en cogénération, en fonctionnement depuis fin 2013 (40% des sites à la ferme et 100% des sites portés par des collectivités territoriales).

Résultat : 94% des sites ont rencontré des aléas (surcoûts d’investissements, revenus inférieurs au prévisionnel, surcoûts de charges d’exploitation) et parmi eux, 1/3 ont constaté un écart qu’ils estiment important avec la rentabilité prévue à l’origine. Si les aléas affectent toutes les typologies de sites, ce sont les grands sites territoriaux qui se déclarent les plus impactés dans leur rentabilité, notamment du fait de la concurrence sur l’approvisionnement en intrants extérieurs.

Les problèmes techniques constatés résultent dans de nombreux cas de l’inadaptation des matériels d’origine allemande à la multiplicité et à la variabilité des intrants utilisés dans les sites français, ce qui est en voie d’amélioration. Les pannes ont aussi pour origine des coupures fréquentes sur le réseau Quant aux coûts de construction, autrefois sous-estimés, ils ne diminuent pas.

La dynamique de projets est actuellement restreinte et recentrée sur des projets plus petits, à parité entre cogénération et injection.

L’étude souligne toutefois le potentiel de développement du biogaz en France, très important et doté d’objectifs spécifiques par la loi de transition énergétique (10% de l’approvisionnement en gaz des réseaux en 2030). L’essentiel du potentiel à développer (90%) réside dans les intrants agricoles.

La filière se mobilise en faveur d’une responsabilisation de l’ensemble des acteurs (charte de qualité pour les exploitants, bureaux d’études, constructeurs) et du maintien ou de l’amélioration des politiques publiques (simplification des démarches…).

Les sites en fonctionnement ont déjà obtenu par arrêté le 30 octobre la possibilité d’opter pour de nouveaux tarifs plus favorables, pour la durée restant à courir de leur contrat EDF. Un nouvel arrêté tarifaire a été notifié à la Commission pour les futurs sites en cogénération d’une puissance inférieure à 500 KW : il prévoit une durée d’achat de 20 ans et de nouveaux tarifs, mais également des contraintes nouvelles qui restent à préciser. De quoi maintenir en éveil une filière prometteuse mais encore jeune.

* ATEE, APCA, Coop de France, FNSEA, Association des agriculteurs méthaniseurs de France, Crédit Agricole, Engie, GRDF, GRT Gaz, Syndicat des énergies renouvelables.

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier