Portrait d'agriculteur : Sa ferme pédagogique, c’est du sérieux !

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Portrait d'agriculteur : Sa ferme pédagogique, c’est du sérieux !
Caroline DELEPIERRE-PIAT

« Pour donner du lait, il faut que ?... » « Que les vaches se marient ! »

Portrait d'agriculteur : Sa ferme pédagogique, c’est du sérieux !

Cette après-midi de mai, la ferme des quatre vents, à Roncq, s’est transformée en salle de classe pour une vingtaine d’élèves du collège Franklin de Lille. Leur prof du jour : Caroline Delepierre-Piat, éleveuse de vaches laitières. En 2008, elle a repris la ferme de ses parents au nord de la métropole lilloise. 30 ha de prairies et de cultures, 40 prim’holstein, une pension pour chevaux... auxquels la nouvelle maîtresse des lieux a ajouté une activité d’accueil pédagogique. Car l’agricultrice de 34 ans en est convaincue : « C’est par les enfants que l’on va rééduquer les gens à l’alimentation. » Ça tombe bien, cette ancienne aide-soignante « aime le relationnel » et « a besoin de discuter ». Au programme aujourd’hui pour ces élèves de 6e : découverte de la ferme et des animaux, fabrication de beurre ou encore dégustation de lait fraîchement sorti du pis - « le meilleur du monde ! ». Des jeux qui véhiculent de précieux contenus pédagogiques, élaborés en concertation avec les professeurs. Caroline adhère à l’association Savoir vert, qui regroupe une centaine de producteurs du Nord-Pas de Calais. Un moyen de professionnaliser l’accueil pédagogique. Avant de recevoir des élèves, elle a suivi la formation « de base » de neuf jours (programmes scolaires, sécurité, etc.). Lors de sa première visite, l’association est venue vérifier l’application du cahier des charges avant de lui délivrer son agrément. Savoir vert est partenaire de l’inspection académique et les visites donnent droit à des subventions des collectivités locales.

En 2016, la ferme des quatre vents a accueilli 192 classes (de la maternelle au lycée), soit plus de 5 000 élèves. À 120 € la demi-journée (dont 7,50 € reversés à Savoir vert), cette activité représente « l’équivalent d’un salaire ». D’avril à juin, les visites occupent Caroline toute la journée, elle doit donc avoir fini ses travaux de la matinée à 9 h. « La première semaine de la rentrée scolaire, je remplis les trois quarts de mon agenda pour l’année », précise la vice-présidente de JA Nord-Pas de Calais. Aussi administratrice de Savoir vert, elle ne travaille pas seule : son mari Ludovic, conjoint collaborateur, suit le troupeau laitier et organise des anniversaires à la ferme. En attendant lui aussi de pouvoir s’installer et, pourquoi pas, d’accueillir du public et des familles.

Source : JA mag - n° 738 - 2017

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