Prévisions viande bovine 2017 : la production toujours en hausse

INSTITUT DE L'ELEVAGE IDELE

Prévisions viande bovine 2017 :	 la production toujours en hausse
Crédit photo S. Couet (idele)

L’Institut de l’Elevage prévoit une nouvelle augmentation de la production française de viande bovine en 2017 (+0,7% /2016), soit une quatrième année de hausse après le point bas de 2013. Les volumes resteront toutefois inférieurs au niveau de 2012. La place laissée aux importations sur le marché français se réduira encore. Les exportations de viande pourraient quant à elles légèrement progresser. La consommation française par bilan baisserait alors de 0,8%. La production européenne est également attendue en légère hausse, de l’ordre de 1%.

Prévisions viande bovine 2017 :	 la production toujours en hausse

+0,7% pour la production française de viande bovine en 2017

La production française de bovins finis totaliserait 1,523 millions de tonnes équivalent carcasse en 2017 (+0,7% /2016). Les réformes allaitantes plus nombreuses et la hausse légère des poids carcasse pour tous les animaux de race à viande compenseront la baisse de la production de mâles et de veau de boucherie. Les exportations de broutards pourraient diminuer légèrement (-1% /2016) tout en restant à un niveau très élevé.

France : Production indigène brute de bovins finis (1000 téc) et exportations de broutards (1000 têtes)

  2012 2013 2014 2015 2016 e 2016/15 2017 p 2017/16
Femelles 835 750 772 801 827 +3,3% 842 +1,8%
Taurillons et Taureaux 439 441 432 436 421 -3,4% 418 -0,6%
Bœufs 81 70 70 72 73 +0,3% 72 -1,0%
Total GB finis 1355 1261 1274 1309 1321 +0,9% 1332 +0,9%
Veaux de boucherie 196 190 188 190 192 +0,9% 191 -0,5%
Total Bovins finis 1551 1451 1462 1499 1512 +0,9% 1523 +0,7%
                 
Export broutards 982 981 969 1034 1061 +2,6% 1050 -1,0%

e : estimations ; p : prévisions

Source : GEB-Département Economie de l’Institut de l’Elevage

  • Des femelles en nombre

La production française de femelles poursuivra sa reprise pour totaliser 842 000 téc en 2017 (+1,8% /2016), avec autant de réformes laitières qu’en 2016 mais davantage de réformes allaitantes.

Le cheptel de vaches allaitantes, en hausse de +0,5% en début d’année, devrait en effet poursuivre la lente stabilisation initiée depuis quelques mois. C’est cette évolution dans la hausse de cheptel, hausse initiée en 2014, qui a conduit à l’augmentation du nombre de vaches de type viande abattues en 2016. La poursuite de l’inflexion du cheptel libèrera donc encore davantage de réformes allaitantes en 2017, d’autant que les génisses prêtes à entrer en production restent nombreuses.

Les abattages de génisses de boucherie devraient rester stables. Les poids de carcasse des femelles de type viande poursuivront leur hausse tendancielle.

Les réformes laitières sont particulièrement dynamiques depuis fin 2014, conséquence de la profonde et longue crise laitière qui a touché le secteur. Malgré la poursuite anticipée du redressement du prix du lait en 2017, le cheptel pourrait poursuivre la baisse entamée il y a 2 ans. Le nombre de réformes laitières resterait alors à un apogée, quasiment identique à celui de 2016. Les exportations croissantes de reproductrices, qui restent modestes au regard de la dimension du cheptel national, seront compensées par la hausse résiduelle des génisses prêtes à entrer en production.

  • Légère baisse des exportations de broutards

Les exportations de broutards pourraient légèrement diminuer (-1%) tout en restant à un niveau élevé.

L’offre française devrait être globalement stable, en très légère baisse pour les mâles et en hausse pour les femelles en raison du ralentissement de la capitalisation allaitante.

La demande italienne pourrait s’éroder à partir du second semestre si le marché transalpin du JB s’alourdissait. Mais l’évolution vers davantage de femelles se poursuivra. Les flux vers l’Espagne devraient rester dynamiques : la filière ibérique se positionne sur les pays tiers du pourtour méditerranéen pour y fournir toujours plus de bovins prêts à abattre. Enfin, l’ouverture du marché israélien pourrait compenser le quasi arrêt des ventes vers la Turquie.

  • Légère baisse des sorties de taurillons

La production française de taurillons devrait baisser en 2017, de l’ordre de 0,6%.

Un nouveau recul significatif est prévu pour les jeunes bovins laitiers. En effet, les mises en place de veaux pour l’engraissement en JB ne cessent de diminuer. Le signal prix est très défavorable pour ces animaux et les contraintes et les coûts de production difficilement compressibles.

Les sorties de jeunes bovins de type viande devraient baisser modérément étant donnés les effectifs présents en BDNI le 1er décembre dernier. Mais la hausse structurelle des poids de carcasse devrait compenser cette érosion.

Les exportations de JB vivants pourraient augmenter légèrement (+5 000 têtes) sous l’effet de l’aide à l’allègement des JB qui stimulera les expéditions en vif en janvier et février, mais aussi de la remontée des cours du pétrole qui stimulera le pouvoir d’achat de certains pays importateurs (Algérie, Libye…).

  • Reprise de la baisse tendancielle pour la production de bœufs

Après le léger rebond de 2015 et 2016, la production de bœufs devrait repartir à la baisse de 2017, en effectifs comme en tonnages (-1% /2017). Les effectifs de mâles laitiers et croisés âgés de 24 à 36 mois accusaient en effet un léger recul au 1er décembre 2016 en BDNI.

  • Recul tendanciel de la production de veau de boucherie

La production de veaux de boucherie devrait reprendre sa baisse tendancielle (-1% en têtes).

Le recul des effectifs sera partiellement compensé par une hausse modérée des poids de carcasse (+0,5% /2016), dans la tendance observée sur le long terme.

Les difficultés sur le marché des veaux croisés en 2016 semblent inciter les intégrateurs à réduire les mises en place de ce type de veaux au profit des veaux laitiers. Ces petits veaux laitiers sont en outre largement disponibles compte tenu du désintérêt des engraisseurs de jeunes bovins.

  • La consommation française s’érode encore

Après un palier en 2014 et 2015, la consommation française calculée par bilan a baissé de 1% en 2016, une baisse qui devrait se poursuivre en 2017.

Les volumes importés diminueront pour la 4ème année consécutive. Les disponibilités accrues en viande de femelles en France réduiront de nouveau les besoins à l’import. L’obligation d’étiquetage de l’origine des viandes sur les plats préparés incitera en outre les transformateurs à utiliser plus de viande française.

Les exportations de viande pourraient augmenter légèrement. En effet, non seulement la demande française pour le JB sera restreinte étant donnés les volumes de viande de femelles sur le marché, mais certains marchés exports seront demandeurs, comme la Grèce et l’Allemagne. Le débouché italien pourrait en revanche  être quelque peu saturé.

France : Bilan d’approvisionnement en viande bovine (1 000 téc)

  2013 2014 2015 2016 e 2016/15 2017 p 2017/16
PIB Bovins finis 1451 1462 1499 1512 +0,9% 1523 +0,7%
Abattages 1441 1451 1485 1499 +1,0% 1508 +0,6%
Importations 383 364 343 316 -8% 300 -5%
Exportations 240 229 235,684 242 +3% 247 +2%
Consommation 1584 1586 1592 1573 -1% 1561 -0,8%

e : estimations ; p : prévisions

Source : GEB-Département Economie de l’Institut de l’Elevage                             

Ralentissement de la hausse de production en Europe

La hausse de la production européenne de viande bovine, globalement liée à la crise laitière et à la croissance du cheptel dans les années ayant précédé la crise, devrait se tasser en 2017, à moins de +1% /2016.

La production en Irlande et aux Pays-Bas devrait augmenter de façon significative. La France,  l’Espagne et la Pologne enregistreraient des hausses plus modérées. Le Royaume-Uni, l’Italie et l’Allemagne pourraient en revanche voir leur production diminuer.

La hausse des exportations sur pays tiers devraient se poursuivre. C’est un objectif affiché par de nombreux Etats membres, en particulier l’Irlande, et la remontée des cours du pétrole pourrait relancer le pouvoir d’achat de nombreux clients. Plus globalement, la demande continue d’augmenter dans les pays émergents. Les hausses de production au Brésil et en Argentine pourraient être absorbées par le marché chinois. Quant à celle prévue aux USA, elle devrait alimenter les marchés japonais et coréen, la concurrence australienne étant de nouveau en retrait cette année. Tous les autres pays d’Asie et du Moyen-Orient resteront donc à servir…

Les importations européennes de viande bovine pourraient légèrement augmenter, notamment via un meilleur remplissage du contingent Hilton accordé à l’Argentine pour la viande de haute qualité. En revanche, le contingent « Panel hormone » d’environ 48 kt/an pourrait être suspendu à une nouvelle plainte des Etats-Unis à l’OMC à partir de septembre, ce qui serait paradoxal pour les bénéficiaires actuels (Australie, Nouvelle-Zélande, Argentine, Uruguay principalement).

Les disponibilités consommables resteraient en légère hausse mais la consommation par habitant devrait se stabiliser. Les dynamiques de consommation resteront différentes selon les pays : la demande restera robuste en Europe du Nord et morose dans le Sud.

 

Europe : Bilan d’approvisionnement en viande bovine (1 000 téc)

  2013 2014 2015 2016 e 2017 p 2016/15 2017/2016
Abattages (1000 téc) 7 272 7 326 7 583 7 757 7 811 +2% +0,7%
Importation viande 330 327 320 328 332 +2% +1%
Exportations viande 193 241 239 277 290 +16% +5%
Consommation 7 408 7 412 7 664 7 809 7 853 +2% +0,6%
nb habitants (M°) 505 507 508 510 512    
Conso/hab. (kgéc) 14,7 14,6 15,1 15,3 15,4 +2% =

e : estimations ; p : prévisions

Source : GEB-Département Economie de l’Institut de l’Elevage

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Commentaires 2

Institut de l'Elevage

Bonjour @MARGE690,
Pouvez-vous préciser quel département est le vôtre afin que nous puissions faire les vérifications nécessaires ?
Merci

MARGE690

L'institut de l'élevage se trompe lourdement sur mon département on enregistre une hausse de 40% de la mortalité sur les naissances 2016 2017 sans compter les adultes ni les retard de saillies ou inséminations a dates égales sur la coop ia moins 8000 ia par rapport à l'an dernier sans compter les retard de saillies naturelles

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