Sérénité à l’horizon : une meilleure visibilité pour Le Village Fleuri

Thierry Lemaître, responsable conseil

Sérénité à l’horizon : une meilleure visibilité pour Le Village Fleuri

Les années se suivent mais ne se ressemblent pas : c’est devenu une réalité incontestable aujourd’hui pour les agriculteurs. Au GAEC Le Village Fleuri, près de La Roche-Sur-Yon, en Vendée, les associés ont tiré les leçons d’un cycle conjoncturel complet – favorable, défavorable, puis de nouveau favorable – et mis en place, avec leur conseiller, des points de repères concrets qui complètent parfaitement leur “bonne gestion” intuitive.

Carte d'identité

GAEC Le Village Fleuri, La Chapelle Achard (Vendée)

Associés :
Bertrand et Louisette Burnaud, Luc et Nadine Durand, Stéphane Préaud, Jean-Luc Rabillard, Pascal Richard

Productions :
- 170 vaches laitières
- 1 500 000 litres de quota
- 3 x 400 m2 de volailles label
- 270 ha

Maintenir son triple A s’anticipe

Constituer des réserves de trésorerie quand la conjoncture est favorable : les associés en ont mesuré tout l’intérêt lors de la crise laitière de 2009. “Comme tous les éleveurs laitiers, nous avons fait le dos rond : maîtrise des charges, investissements stoppés, réalisation d’un prêt de trésorerie, mais le plus important, c’est que nous avions constitué de la trésorerie les deux bonnes années précédentes en 2007 et 2008. À la sortie de la crise, notre exploitation reste en bonne santé financière avec tout de même 20 000 € de remboursements supplémentaires engagés sur 5 ans” expliquent Bertrand Burnaud et Luc
Durand. “Nous n’avons pas perdu notre triple A” précise malicieusement Pascal Richard.

Sérénité à l’horizon : une meilleure visibilité pour Le Village Fleuri

Se créer ses propres sécurités

Leur recette : être techniquement performant et ne pas saturer la capacité de remboursement. “On ne peut pas toujours être au maximum des investissements et des remboursements, et puis le fait de devoir sortir 7 salaires rend prudent”, explique Pascal Richard. Les exploitants ont aussi construit un appareil productif robuste. “L’exploitation est majoritairement drainée et nous avons investi dans l’irrigation en 2001. Depuis que se sont ajoutées les mises aux normes en 2003, les charges de remboursement sont élevées. Mais nous préférons ne pas être éligibles aux aides calamités et disposer d’une sécurité fourragère que nous apportent nos 60 HA irrigables”.

Sérénité à l’horizon : une meilleure visibilité pour Le Village Fleuri

Connaître ses marges de manoeuvre et se projeter

“Compte tenu de la taille de l’exploitation, on peut passer rapidement du vert au rouge et inversement”. En effet, avec leur conseillère de gestion, ils ont estimé que l’exploitation peut dégager 30 000 € de capacité d’autofinancement nouveau en année moyenne, 100 000 € en année favorable mais qu’il peut manquer 40 000 € en année défavorable. “Quand on entend parler de convergence des aides PAC et que le montant unitaire de nos DPU est au dessus de la moyenne, nous avons des inquiétudes sur le maintien des aides”. Les associés sont assez unanimes sur le sujet. Sans partir vaincus d’avance, ils envisagent un scénario où ils pourraient perdre 30 000 € d’aides, ce qui correspond exactement à la marge de manoeuvre que dégage l’exploitation en année moyenne.

Sur quoi agir ?

Les premières réponses sont techniques : retrouver une stabilité dans l’élevage après une période de croissance du cheptel et le regroupement de deux troupeaux qui a eu lieu en 2010. “Baisser le taux de renouvellement, mieux détecter les chaleurs des génisses et être autonome dans la production des fourrages” sont les axes prioritaires identifiés par Pascal Richard. “L’an dernier, nos stocks de fourrages étaient insuffisants, il a fallu complémenter en concentrés pendant deux mois en juillet et août, ça nous a coûté très cher”. C’est d’autant plus réalisable que l’exploitation dispose de surfaces. De manière logique, le raisonnement économique adapté est d’augmenter les produits sans augmenter les charges en proportion. “S’agissant du lait, tout dépend de la capacité de la laiterie à valoriser notre lait. Mais s’il faut produire davantage, on pourra le faire jusque dans une certaine limite, la limite de nos bâtiments et de notre main-d’oeuvre. Au-delà, il faudra agrandir la stabulation et faire évoluer le système de traite qui, en 2 x 12 postes, nous convient actuellement”. C’est tout l’intérêt d’un raisonnement en coût marginal, qui nécessite d’identifi er les facteurs limitants et met en évidence les effets de seuils des investissements. Le GAEC n’a pas investi dans un système automatisé de traite parce qu’aujourd’hui, la capacité à investir est plus limitante que la main-d’oeuvre.

De nouveaux repères de gestion

À la question “que vous a apporté cette nouvelle approche de vos résultats ?”, les associés répondent sans hésiter : “davantage de visibilité pour prendre des décisions”. Ces décisions touchent la gestion courante, avec la connaissance des prix d’équilibre des différentes productions. “Je connais le seuil de commercialisation(*) de mes céréales” indique Bertrand Burnaud. Les décisions concernent également la politique d’investissements : “nous nous sommes  fixés un niveau de charge de remboursement à ne pas dépasser. Aujourd’hui, nous sommes au-dessus, d’où une pause dans les projets et les investissements”. Avec ce repère et la volonté de s’y tenir, les associés ont compris que le renouvellement d’un tracteur ne pouvait pas se prendre uniquement sur des considérations fiscales et que des solutions sont peut-être à explorer du côté de la mécanisation en commun. Ces repères s’inscrivent dans une stratégie claire : “être performant sur l’élevage laitier et pérenniser les emplois sur le GAEC. Le renouvellement des générations sera le grand projet de demain”.

> Retrouvez ce reportage dans l’émission “Paroles d’agriculteur” sur Demain TV :
A partir du lundi 4 juin 2012 à 07h20, puis M. 19h20 - Me. 21h30 - J. 14h05 - V. 08h00 - S. 12h00 - D. 19h30

Rediffusion semaine suivante :
L. 16h55 - M. 07h20 - Me. 19h20 - J. 20h30 - V. 11h25 - S. 08h00 - D. 12h00
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