[Vidéo] Paris : les agriculteurs en colère ont envahi la place de la Nation

Anne Sophie LESAGE

[Vidéo] Paris : les agriculteurs en colère ont envahi la place de la Nation

De nombreux jeunes agriculteurs étaient venus du Grand Ouest, très touché par les crises laitière et porcine, rendues particulièrement aiguës cette année par la fin des quotas laitiers et l'embargo russe sur la viande européenne.

 

Sur les tracteurs, souvent décorés de drapeaux bretons, les slogans étaient éloquents, à grands renforts de pétards et klaxons: "La mort est dans le pré", "Qui sème la misère récolte la colère", "Nos charges nous tuent", "Convoi de la dernière chance"."On voit que les Parisiens nous approuvent. Partout sur les ponts, ils nous attendaient pour nous saluer ce matin. On se sent soutenus, ça remonte le moral", a dit Christian, 49 ans. Cet éleveur de l'Aveyron évoque le taux de suicide dans les campagnes: "Un tous les deux jours, hommes et femmes". Vers 13H00, la préfecture de police de Paris recensait 1.580 tracteurs et 91 bus sur le cours de Vincennes, et d'autres toujours en chemin. Selon la FNSEA, plus de 1.700 tracteurs étaient en route vers la capitale. Alors que des embouteillages monstres étaient redoutés, les automobilistes semblaient avoir anticipé en prenant les transports en commun. Escortée de tracteurs, une délégation d'une dizaine de personnes, emmenée par Xavier Beulin et Thomas Diemer (Jeunes Agriculteurs), a été reçue à l'Assemblée nationale. Avant les annonces gouvernementales, les agriculteurs semblaient très déterminés. "J'ai un lit dans la bétaillère, tout ce qu'il faut", a précisé Christian Ribet, venu en tracteur de Châteaulin, dans le Finistère. "En rentrant, on est prêt à continuer des actions avec les commerçants, les transporteurs, les artisans." Lui produit du lait et il a prédit le "feu dans les campagnes".

Empilement des normes

Après plus de 500 actions syndicales cet été, FNSEA et JA exigeaient un "engagement de la part des pouvoirs publics" en faveur des exploitants aux trésoreries exsangues. Ils demandaient aussi un moratoire sur les normes, environnementales notamment, dont ils dénoncent l'empilement bureaucratique. Les agriculteurs dénoncent aussi la guerre des prix entre les enseignes de la grande distribution, qui tire toute la chaîne de production vers le bas.

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