[Vidéo] Tensions au Sommet entre Stéphane Le Foll et les éleveurs !

Sophie Caron

[Vidéo] Tensions au Sommet entre Stéphane Le Foll et les éleveurs !

Présent à Cournon mercredi après-midi, le ministre a réalisé une visite express mais a tenu à s’expliquer devant les éleveurs et responsables professionnels sur la mise en place du plan sanitaire lié à la FCO. Des éleveurs qui lui ont fait part de leur colère et de leur détresse.

Cette année, le déplacement de Stéphane Le Foll au Sommet de l'élevage s'est voulu discret. Point de grands discours ni de visite complète du salon, le ministre a tenu, avant tout, à rencontrer une délégation d'une cinquantaine d'éleveurs et de responsables professionnels, à l'écart des visiteurs et exposants.

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Responsables syndicaux et professionnels prêts à en découdre avec le ministre...

C'est ici, dans une ambiance surchauffée que le ministre de l’Agriculture a tenté d’expliquer le dispositif mis en place pour faire face à l’épizootie de FCO. Pour calmer les esprits,  il a d’emblée promis des aides financières pour combler les pertes liées à l’épizootie de FCO. « Des pertes liées soit directement aux conséquences de la maladie (mortalité, pertes de production) soit du fait de la rétention des animaux dans les exploitations, le temps que la vaccination soit pleinement efficace » précise le ministère de l’Agriculture dans un communiqué.

Ces indemnisations, "qui devraient être mises en place rapidement", seront en partie versées via le Fonds de mutualisation sanitaire et environnemental (FMSE). L’État mettra le complément. « Les niveaux d’indemnisation seront établis sur les mêmes principes que ceux mis en place lors du précédent épisode de FCO » précise le ministère. Le ministre a par ailleurs indiqué que l’État prendrait en charge les coûts de réalisation des analyses PCR pour les veaux de 8 jours destinés à l’exportation.

Des règles en vigueur trop strictes

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Pendant une heure, le ministre a tenté de faire face à la colère des éleveurs.

Apostrophé par plusieurs éleveurs sur sa gestion de l'épizootie, le ministre a également expliqué le dispositif et l’avancée des négociations commerciales avec les différents pays. « Des règles ont été mises en place au niveau européen, nous sommes obligés de les appliquer, si on triche, les portes de certains pays vont définitivement se refermer» a expliqué le ministre à des éleveurs qui réclament, pour certains,  la levée de  la zone dite « interdite ».  Zone où certains animaux, à destination de l’Italie notamment, devront attendre plusieurs mois avant de pouvoir être exportés.

"Il va y avoir un problème de maintien des animaux dans des élevages, j'en ai parfaitement conscience », a déclaré le ministre, reconnaissant lui-même que les règles en vigueur étaient trop « strictes ». Il prévoit en outre d'adresser un courrier au commissaire européen de la Santé pour "obtenir un assouplissement des règles sanitaires", cette maladie ne comportant "aucun risque majeur" en terme de santé humaine.

Lenteur des négociations

Interpellé sur la lenteur des négociations avec les principaux pays importateurs de bovins vifs, Stéphane Le Foll a détaillé la procédure pays par pays. « D’ici la fin de l’année, 500.000 animaux doivent partir, voilà déjà trois semaines qu’ils sont bloqués et les éleveurs n’ont ni la place ni la capacité financière de les garder » s’est insurgé un responsable de l’élevage du Massif Central. " J'ai en face de moi des administrations, des gouvernements. Si je pouvais décider tout seul, ce serait plus facile, mais non ! Je vais aussi vite que je peux", s'est défendu le ministre.

Avec l‘Espagne, un protocole sanitaire a été signé le 2 octobre. Il permet de continuer les envois d'animaux ayant fait l'objet d'une désinsectisation et d'une analyse PCR négative, les envois vers l'Algérie s'effectuent dans les mêmes conditions. Ce protocole allégé prévoit également pour l'Espagne (voir pièce jointe) l'exportation des animaux issus des zones règlementées ZR (zones de protection et de surveillance - pas les périmètres interdits) dans un délai de 10 jours après le rappel de vaccination, contre 60 jours actuellement.

Mais les négociations sont toujours encore en cours avec l'Italie, principal marché à l'export de bovins destinés à l'engraissement, et avec la Turquie.

Des indemnités "sécheresse" versées avant la fin de l'année

Pour le ministre, c’est donc la mise en œuvre rapide de la vaccination qui reste la priorité. Seul moyen, selon lui, de réduire au minimum les périodes de blocage des animaux dans les exploitations et de maintenir les flux commerciaux avec nos principaux partenaires. 500.000 bovins auraient d’ores et déjà été vaccinés. Un inspecteur général a par ailleurs été nommé par le ministre afin de faciliter l’organisation des exportations en fonction des exigences de chaque pays importateur.

En ce qui concerne la sécheresse, le ministre a promis une indemnisation des départements concernés, avant la fin de l'année, après la réunion du conseil national des calamités début novembre.

Après une brève conférence de presse, Stéphane Le Foll a déambulé rapidement dans les allées du salon. En tout, sa visite aura duré moins deux heures...

A voir aussi : Notre reportage "poussée de fièvre des éleveurs contre la FCO"

 

 

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Commentaires 4

ERABLE8792

Quand on est ministre de l'agriculture,on doit aller au devant des gens de la profession,surtout en période de crise;Mr LE FOLL n'a pas eu le courage de venir dans la grande halle au sommet de l'élevage,il a préféré fuir en lâche!!!!!

josette

je repose ma question, pourquoi les ovins à cournon, alors que les bovins n'ont pu participer?

mimi 36

visite de notre ministre à 16h30 sous surveillance de plusieurs cars de CRS ( plus que chez air france semble-t-il): nous sommes sûrement de grands terroristes!
M Le FOLL avait une heure à perdre, et nous avons été bloqués pour repartir à cause d'un pingouin qui ne savait sans doute pas quoi faire pour se distraire!!!!et n'avait rien à nous dire !

nono

L italie trouvait que les broutards francais etaient trop cheres , ils ont trouve la solution pour baisser les prix

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