[Vidéo] Un méthaniseur dans l’Eure

[Vidéo] Un méthaniseur dans l’Eure

Dans l’Eure, à quelques kilomètres de Bernay, le GAEC De Bouclon, composé de 5 agriculteurs associés, a choisi de mettre en place une unité de méthanisation. Une installation qui permet de valoriser les effluents d’élevage et les déchets végétaux de cette exploitation composée de 170 vaches laitières, 90 taurillons et 400 hectares de cultures.

 

L’unité de méthanisation, en fonctionnement depuis janvier de cette année, a nécessité 5 ans de démarches. Entre les demandes de subventions, les autorisations, le choix de l’installateur et la mise en place... le projet a trainé en longueur.

Sur le marché européen, plusieurs installateurs proposent leurs services. Pour les différencier, au-delà du prix, Xavier de Bouclon, membre du GAEC et porteur du projet, a pris en compte le choix de substrat1 à partir duquel va être produit le biogaz. Afin d’anticiper les possibles évolutions de l’exploitation, le GAEC a tranché pour une puissance de 220 kW, après s’être d’abord orienté vers 180 kW. 

Coût total du projet : 1,4 million d’euros.  Côté financement, l’unité a bénéficié de 28% de subventions, grâce au soutien du FEDER (200.000 €), de la Haute Normandie (159.000€) et du Conseil Général (30.000 €). 250.000 euros ont été autofinancés par le GAEC qui a complété cet apport avec un prêt de 700.000 € auprès de sa banque. 

Un retour sur investissement sur 8 ans

Le GAEC prévoit un retour sur investissement sur 8 ans grâce au contrat conclut avec EDF pour une durée de 15 ans. L’électricité est rachetée à l’exploitation 0,1588 € du kilowatt, soit environ 25.000 € par mois. Un prix remis à niveau chaque année en fonction du coût de la vie. A cela s’ajoute une prime annuelle à la valorisation de la chaleur, ainsi que la prime aux effluents d’élevage (environ 0,025 €/kW).

Grâce à la chaleur produite par le refroidissement du moteur de l’unité de méthanisation, le GAEC pourrait chauffer l’équivalent de 40 foyers mais en raison de son isolement, l’exploitation envisage de chauffer les bâtiments, les serres et d’alimenter les différents séchoirs.

Parallèlement à l’unité de méthanisation, le GAEC a installé un séparateur qui permet de séparer les deux phases (liquide et solide) de la matière, après son cycle dans le méthaniseur. La solide, appelée digestat, est utilisée comme fertilisant sur les cultures, avec un gros point positif par rapport à l’utilisation de fumier : celui-ci n’a pas d’odeur !

Des coûts de maintenance « plutôt élevés »

Reste encore quelques zones d’incertitude : les coûts de maintenance qui ont l’air « plutôt élevés » et ceux de main d’œuvre. D’après Xavier de Bouclon, « il faudra un an pour se rendre compte des coûts réels ». En terme de temps,  « chaque matin, il faut compter environ une heure et demi pour remplir la benne afin d’alimenter le méthaniseur » mais « s’il y a une petite panne, c’est facile d’y passer la moitié de la journée ! », précise-t-il.

Ce type de projet a d’ores et déjà séduit plus de 140 exploitations en France. Un chiffre qui progresse chaque année de 60 nouvelles installations. Mais c’est encore peu car l’objectif du gouvernement est de 1.000 unités installées d’ici 2020. Il ne reste plus qu’à encourager les agriculteurs à mettre les gaz sur la méthanisation agricole !

: Lisier, fumier, ensilage de tournesol, fiente de poule…

A regarder aussi : 

[Vidéo] Avis d'expert : "la méthanisation va continuer à se développer"

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Commentaires 17

popeye80

De l'argent public à gogo, des revenus qui tombent du ciel sans pratiquement rien faire. Mais qu'attendez vous messieurs les détracteurs, allez y, foncez!!!!
Il y a peu, l'argent public servait à soutenir les marchés agricoles et maintenir un certain niveau de prix pour les productions agricoles. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Les sub ne sont qu'une autre façon de soutenir certaines filières de façon incitative. En quelque sorte une façon de récupérer son du pour celui qui peut en profiter...

@sylvie

raisonnable ? 30 40 ou 50 milles euros par an pour 1h 30 de travail par jour , la raison a due quitter les paysan
le qualificatif correct est profitable

@scarlus

les gens qui prennet des risques ??? 20 ans de chiffre d'affaire assurés , des subventions enormes un retour sur investissement en 8ans .....ce ne sont pas des risques quand le contribuable va payer la facture il va comprendre....c'est juste totalement scandaleux, soit le projet est rentable et alors pour aider l'investissment on propose un pret a taux zero et un remboursement integral
là a ce niveau de subvention on est dans le gaspillage de fonds public et dans la creation de fonctionnaire pas d'entrepreneur

Beber12

ça discute ferme sur Pleinchamp ! Le sujet le mérite.
Ce projet a beaucoup d'avantages et soyons objectifs peu de contre-indications; sauf pour les 5 agriculteurs qui devront s'appuyer le boulot supplementaire (alimenter le methaniseur, surveiller le moteur, cultiver dans la serre,...). J'espere que le résultat leur permettra d'embaucher. Là ce serait TOP !

Ricodu28

popeye et scarlus, très bien dit je trouve!
C'est vrai que les gens sont incroyablement jaloux de leur voisins pour des raisons parfaitement idiotes parfois!

Beaucoup de gens s'accordent à dire qu'on amasse tonnes de déchets perdus pour rien; une entreprise (parmi tant d'autres) investit dans un moyen de les reutiliser pour en reduire encore la quantité et tout ce que l'on trouve à faire c est critiquer les subventions apportées? Une critique constructive serait de dire qu'il faudrait voir à vulgariser un peu ce procédé pour que le cout d'installation d'un methaniseur soit plus réduit et puisse etre accessible au plus grand nombre et sans besoin de subventions à terme.
Il y a même quelqu'un qui s'offusque que l'on parle de retour sur investissement; il est normal que cette exploitation arrive à avoir remboursé son crédit avant que tous les membres ne soient en retraite; il est donc normal de faire mention d'un retour sur investissement. Vous installez des panneaux solaires chez vous, vous en attendez le même résultat votre remarque est donc belle et bien désuette.
On valorise des déchets dont on n'aurait su que faire, on obtient une énérgie plus "propre" qui servira pour l'exploitation dans ce cas, on obtient également des fertilisants moins nuisibles que ceux que l'on fabrique avec la chimie et il y a encore des mécontents?
Quand à la taille et le cheptel du GAEC, il y a dans les plaines de Beauce ou dans certains secteurs d'élevage des sociétés composées d'un nombre plus réduit d'associés avec des parcellaires et des troupeaux autrements plus conséquents, il faut arrêter!

La bêtise et la contradiction humaine est consternante!!!!!!!

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