1er avril 2015, année zéro de la production laitière « libre »

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1er avril 2015, année zéro de la production laitière « libre »

Avec la fin du régime des quotas laitiers, l’Union européenne dit adieu à un système de production vieux de trente ans. La fin des quotas, c’est tout simplement la possibilité pour tout producteur européen de mettre sur le marché autant de lait qu’il veut, sans craindre dedevoir payer de pénalités dissuasives, selon le système mis en place dès 1984. En France, après des années de sous-réalisation, la campagne laitière qui s’achève a permis de conjuguer une forte hausse des livraisons 2014, +5,7 % (+4,6 % en Europe), et des prix élevés pour les producteurs.

Désormais, le producteur a la liberté – au moins théorique – de vendre au plus offrant. L’Europe en attend la relance d’une production capable de rivaliser avec celles des Amériques, ou de l’Océanie. Mais on constate qu’au moment même où le marché devient libre, après une année aussi gratifiante, la France laitière ne semble pas disposée à faire rapidement exploser les compteurs. En France, en effet, la réalité, c’est presque toujours une sujétion très forte de la ferme laitière, le plus souvent de nature familiale et de taille moyenne, produisant aujourd’hui autour de 375.000 litres par an, à son entreprise de transformation à laquelle elle livre son lait par contrat. On comprend que depuis cinq ans, les laiteries aient pris le temps de redéfinir, chacune selon sa nature –privée ou coopérative – et selon ses débouchés – produits industriels, PGC, produits d’appellation – la manière dont elles entendent maîtriser les modalités du flux qui leur arrivera demain.

Ces dernières années, l’incapacité de la « ferme France » à réaliser son quota a fait tomber en désuétude l’outil de dissuasion que constituaient les pénalités. Désormais, la relation contractuelle s’établit sur un accord qui concerne à la fois les quantités livrées et le prix payé. On devine que le producteur qui livre des volumes supplémentaires doit s’attendre à ce que leur prix soit bien plus corrélé au marché international, donc beaucoup plus volatil. En attendant que  ceux des éleveurs qui se projettent dans une telle dynamique se manifestent, force est de constater que le rythme des livraisons constaté, et attendu, au cours du premier semestre 2015, après la si bonne année 2014, fait de la fin des quotas laitiers un « non-événement ».

Source : la note de conjoncture Agriculture et Agroalimantaire - prisme n° 8

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Commentaires 2

prince 610

peut on vraiment s en réjouir de produire aux plus offrant en dessous du cout de production
ou est la commission tripartite
c est un bon moyen pour les banques; pour le futur de récuperer la terre a bon marché ou pour rien avec toutes les faillites qui vont arrivés car le défi mondial est important en matière de nourriture le système n est qu un pillage du monde rural

isa.72

dommage de données de telles inexactitudes sur un sujet si important de la part d'une banque agricole.
Quelques exemples :contrats qui laissent le choix du volume et du prix.
si bonne année 2014....vendre aux plus offrant.
on est pas dans le meme monde et tres loin des réalites du terrain.....

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