A l'étranger : En Irlande, les éleveurs misent sur l'augmentation du chargement

Costie Pruilh

La stratégie irlandaise se rapproche de celle des éleveurs britanniques, qui misent sur la réduction des coûts. Les éleveurs irlandais tablent aussi sur l'agrandissement.

L'Irlande bénéficie d'un climat favorable et de sols globalement portants. Les exploitations
irlandaises sont réputées pour avoir le coût de production par tonne de lait le plus faible
d'Europe. « Spécialisées en lait, elles reposent sur le pâturage : les lactations sont calées
sur la pousse de l'herbe, l'herbe pâturée représente 70 % du régime annuel d'une vache. Il
y a peu de stock et peu de concentrés. L'exploitation des surfaces est assez intensive : 1,8
UGB/ha et fertilisation azotée autour de 250 kg d'azote par hectare. Du coup, les élevages
dégagent une assez forte production laitière par hectare, et cela se traduit par un coût de
production très faible. La recherche de l'économie se traduit aussi dans le choix de vaches
résolument laitières et fertiles », décrivent les auteurs de la présentation(1), lors de la
journée AFPF.






Une bonne partie des éleveurs irlandais seraient prêts à agrandir leur exploitation dans les cinq ans à venir. (J.-P. Gabut / archives)

Une bonne partie des éleveurs irlandais seraient prêts à agrandir leur exploitation dans les cinq ans à venir. (J.-P. Gabut / archives)

Référence de 330 000 litres en 2015

Les élevages misent sur la réduction des coûts car le prix irlandais est un des plus faibles
de l'Union européenne, et devrait le rester. La production est en effet très saisonnière, et
elle est transformée pour une large part en beurre et poudre pour l'exportation. « Les
entreprises ne souhaitent pas investir pour modifier le mix-produit. Elles devraient rester
tournées vers l'export de produits basiques », soulignent les auteurs. Ils rappellent que « si
la filière irlandaise tire parti du marché britannique — déficitaire en lait — elle conserve de
nombreuses faiblesses : faible qualité du lait (taux, cellules…), mauvaise valorisation… »





La transformation ne craint pas une baisse de la production, parce qu'il n'y a guère
d'alternatives au lait en Irlande, et parce que le découplage total des primes animales,
défavorable au maintien du troupeau allaitant bovin et ovin, laisse la place à un
développement de la production laitière.
« Les économistes irlandais tablent sur un agrandissement progressif des exploitations
laitières, aujourd'hui à 254 000 litres et qui pourraient atteindre 330 000 litres en 2015,
indiquent les auteurs. Étant donné le coût du foncier (plus de 14 000 €/ha), les éleveurs
irlandais chercheront sans doute à produire plus par hectare, en augmentant le
chargement, et non les concentrés, trop chers. » La marge de progression de la production
laitière est importante selon certains experts, car de nombreux éleveurs ne sont pas au
maximum de la valorisation de l'herbe et du chargement. Parallèlement à cette optimisation,
une bonne partie des éleveurs irlandais seraient prêts à s'agrandir dans les cinq ans à venir
(+ 20 vaches et + 3 hectares).




Pas de recherche de valeur ajoutée

Mais la récente prise en compte de l'environnement (toute l'Irlande est en zone vulnérable)
devrait limiter les accroissements d'effectifs et le recours à la fertilisation minérale. « Il faudra
que les exploitations laitières continuent à être très efficaces pour survivre dans un tel
contexte ! », concluent les auteurs.

(1) Valérie Brocard - Institut de l'élevage ; Luc Delaby - Inra de Rennes ; Jean-Marc Seuret -
pôle herbivore des chambres d'agriculture de Bretagne ; Tom Philipps - réseau « Pasture to
profit ».


Source Réussir Lait Elevage Décembre 2008

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires