Aides PAC : « Les éleveurs laitiers perdants sur tous les fronts », d’après la FNPL

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Aides PAC : « Les éleveurs laitiers perdants sur tous les fronts », d’après la FNPL

Quelles que soient les scénarios envisagés actuellement par le Gouvernement pour la redistribution des aides Pac du premier pilier, la production laitière sera perdante, affirme la FNPL qui réclame une aide spécifique à la vache laitière.

La filière laitière est inquiète suite aux premières négociations en cours avec le ministre pour définir les scénarios de la future Pac  2014 au niveau national. En effet, d’après Thierry Roquefeuil, président de la FNPL (fédération nationale des producteurs de lait), dans chacune des quatre hypothèses envisagées par le ministre pour la redistribution des aides du premier pilier « la production laitière est perdante », a-t-il déclaré la semaine dernière à l’occasion d’une conférence de presse.  

La baisse des aides directes touchera directement  la production laitière puisque l’aide directe laitière (ADL) a été entièrement découplée en 2006 et incorporée aux droits à paiement unique (DPU). Pour soutenir le revenu des laitiers, la filière compte donc essentiellement sur l’enveloppe de recouplage des aides directes, laissée à disposition des états membres, soit 13% (+2% pour la production de protéines végétales).

Or, si les aides couplées actuellement en cours sont reconduites à l’identique, la quasi-totalité de cette enveloppe sera déjà consommée. Dans un document, le ministère confirme que le montant actuel des aides couplées pour l’élevage (PMTVA*, PNSVA*, aide ovine, caprine, lait de montagne, veaux sous la mère) correspond à la mobilisation de 883 M€, soit 11,8% de l’enveloppe future des aides directes.  

La FNPL réclame une prime pour tous les éleveurs de ruminants

La FNPL critique particulièrement le transfert, souhaité par le ministre le Foll, du financement de la part nationale de la prime à la vache allaitante, (PNSVA) - soit 165 M€ - d’un fonds national vers le fonds communautaire. « Un hold up » dénoncé par le président de la FNPL. Ce transfert nécessitera en effet un financement  futur sur des crédits PAC qui auraient pu, selon lui,  être consacrés à la filière lait.

Seul 0,5% de l’enveloppe de découplage serait donc mobilisable pour des aides spécifiques à l’élevage laitier, d’après la FNPL. « Or c’est le seul outil qui peut permettre de compenser la baisse des DPU», précise André Bonnard, trésorier de la FNPL. Une somme totalement insuffisante pour financer une prime à la vache laitière réclamée par la FNPL sur le même modèle de celle accordée aux éleveurs de vaches allaitantes.

*PMTVA : prime au maintien du troupeau de vaches allaitantes

*PNSVA : prime nationale supplémentaire à la vache allaitante

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Commentaires 13

tac o tac

que dire des engraisseurs de taurillons dont la prime a egalement ete integrée dans les DPU avec des le depart 20°/°de baisse et qui vont a nouveau subir une nouvelle baisse. Quel avenir pour l'engraissement au vu des marges ridicules que l'on fait?

nian 70

Dans les années 70,1 litre de lait,vallait 1 kg de céréale,ce qui équivalait aussi à un kg d'engrais .Aujourd'hui,avec 1L de lait je peux acheter 2kg de céréales,mais avec 1kg de céréale je ne peux acheter que 500gr d'engrais !...

sam

@géo j'ai travaillé à l'étranger, on est les plus mutualiste (insémination, GDS, CUMA, contrôle laitier).
Je ne suis pas pour un système ouvert sur le moins disant social (plus tu es pauvre, moins il y a de charge, c'est la suite de ton discours), mais cela est ainsi (et on ne sait pas quoi faire des personnes non qualifier, à l'inverse les robots, les ordinateurs cotisent très peu). On est les seuls à avoir un tel modèle sociale (ce n'est pas qu'il coute cher, si tu ajoutes la part du privé sur la santé ou les retraites au taux de prélèvement obligatoire des autres pays, la France est bien plus économique et égalitaire) et le financer uniquement sur le travail c'est détruire les filières nécessitant de la main d’œuvre (tu finance plus les hôpitaux et les retraites en achetant une baquette chez le boulanger qu'au supermarché, c'est comme ça, il y a beaucoup moins de main d’œuvre dans la baguette)

sam

@géo, si il y a bien une filière qui mutualise c'est bien l'élevage (GDS, centre d'insémination, contrôle laitier, CUMA), après organiser des réunions cela prend du temps, de l'énergie, de l'organisation et ce trouve à l'opposer des objectifs Européens (cela fausse la concurrence).
J'ai travaillé à l'étranger on est les seuls à être si mutualisé, il faut arrêter de ce flageller.
Et votre discours était sur les charges, or c'est le leitmotiv Européen, qui n'a rien de mutualiste.
Je suis pour le modèle Français et plutôt contre les marché ouvert (puisqu'on tant vers le moins disant social), mais on ne pourra plus le financer en modèle ouvert, alors il faut le penser en dehors du travail.

julo61

Le prix du lait devrait être payé aussi à sa juste valeur. moins de 300€ les 1000 litres, c'est un prix inacceptable. Les industriels s'en mettent plein les poches et comme ils sont de moins en moins nombreux, ce sont eux qui fixent le prix, l'éleveur ne peut changer de laiterie ils sont pris au piège.
sachez que dans notre région du Perche; le fils Besnier, actionnaire du groupe lactalis, est propriétaire de plus de 2000 ha de bois, qu'il achète à n'importe quel prix ce qu'il désire( 2ha de terre pour 35000€). sa dernière acquisition un haras de 60 ha pour qu'l prix ? certainement proche du million d'euro !!!!
pendant ce temps là , les éleveurs triment....

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