Alimentation : L'allongement des lactations ne pénalise pas la production

Annick Conté

Quatrième année d'essai à Trévarez. La tendance observée les trois années précédentes se confirme : presqu'autant de lait, des taux plus élevés et moins de réformes avec des lactations de 18 mois.

L'essai mené sur la ferme expérimentale de Trévarez dans le Finistère compare deux lots de 24 Prim'holstein, l'un avec des lactations classiques de 12 mois et l'autre avec des lactations longues de 18 mois. Démarré en 2005, il se terminera en septembre 2011. Dores et déjà, des perspectives intéressantes se confirment. Ramené à l'année, l'écart de production brute entre les deux lots sur la période 2008-2009 est faible : 160 kg de moins pour le lot « 18 mois » avec une production annuelle autour de 9 000 kg par vache. Les taux sont par contre un peu plus élevés : 32,7 TP et 40,6 TB (contre 31,2 et 40). Au final, la quantité de matière utile produite par les deux lots n'est pas significativement différente. Les primipares du lot « 18 mois » ont par ailleurs une persistance remarquable : elles produisent autant que les multipares à partir de la quarantième semaine de lactation. « Avec la génétique actuelle, les vaches réagissent bien aux conditions de production : même sur des lactations avancées, avec un régime maïs bien équilibré en azote, on maintient de bonnes performances », analyse Benoît Portier de la chambre d'agriculture du Finistère. Les comptages cellulaires sont par contre nettement plus élevés chez les multipares du lot « 18 mois » en fin de lactation à partir de la cinquantième semaine. Et, contrairement aux trois premières années d'essai, les résultats de reproduction du lot « 18 mois » ne sont plus supérieurs à ceux du lot « 12 mois », tout en restant corrects.

Les lactations longues sont favorables au vieillissement du troupeau

Autre constat : la conduite en lactations longues est favorable au vieillissement du troupeau, ce qui se traduit par un faible taux de réforme. L'écart d'âge était supérieur de 14 mois pour le lot « 18 mois » (53 mois) au démarrage de la quatrième année d'essai (les multipares sont maintenues dans leur lot respectif pendant les six ans d'essai). « Ce vieillissement permet aux multipares de mieux exprimer leur potentiel, qui est maximum à la quatrième lactation, souligne Benoît Portier. La question est de savoir jusqu'où on peut faire vieillir les vaches ; certaines vont vraisemblablement devoir être réformées à cause de leur vieillissement ».
Au niveau économique, le bilan semble être en faveur de la conduite en lactations longues. « Celle-ci dégagerait une marge brute supérieure de 3600 euros, surtout grâce aux moindres besoins en génisses de renouvellement et donc à des charges de SFP plus faibles. »
De là à systématiser dans un troupeau les lactations de 18 mois… c'est un pas qu'il serait hasardeux et prématuré de franchir. Ne serait-ce que parce que ce type de conduite complique la gestion des vêlages et du renouvellement, et que les résultats ont été obtenus pour un système donné. Certains éleveurs qui se définissent des priodes de « non vêlage » conduisent par contre déjà volontairement quelques vaches en lactations longues.

 

Des vêlages sur trois mois

Les vaches des deux lots ont vêlé en même temps de septembre à novembre 2008. Ensuite celles du lot « 12 mois » ont été mises à la reproduction de décembre à avril 2009, et celles du lots « 18 mois » de juin à août 2009. Les animaux sont conduits dans un système maïs offrant 15 ares/VL au pâturage avec1400 kg de concentré par vache et par an.

Source Réussir Lait Février 2011

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