Alimentation : Les bovins résistent plutôt bien aux mycotoxines des céréales et fourrages »

Franck Mechekour

« Les bovins sont globalement résistants aux mycotoxines classiques » a rappelé Jean-Denis Bailly, chercheur à l'École nationale vétérinaire de Toulouse, lors de son intervention à la deuxième journée technique organisée par BASF Nutrition Animale. Des particularités physiologiques et notamment la détoxification ruminale expliquent en partie cette résistance.
Les mycotoxines des céréales, dont la zéaralénone ou les aflatoxines, « ont fait l'objet de peu de reproductions expérimentales visant à caractériser leurs effets chez les bovins, à cause des coûts de ce type d'expérience », a souligné le chercheur. « Mais globalement, il apparaît que les bovins y sont résistants. Il faudrait des concentrations supérieures à celles que l'on rencontre classiquement dans la nature pour que ces toxines entraînent des signes cliniques chez les bovins. » Par contre, les résidus de mycotoxines présents dans les produits animaux peuvent s'avérer toxiques pour l'homme. L'aflatoxine B1 est par exemple cancérigène. D'où l'importance « du respect de la réglementation en vigueur et de la qualité des céréales. »

Les résidus de mycotoxines présents dans les produits animaux peuvent s'avérer toxiques pour l'homme. (C. Gloria)

Les résidus de mycotoxines présents dans les produits animaux peuvent s'avérer toxiques pour l'homme. (C. Gloria)

Troubles nerveux

Le scientifique rassure cependant : « On retrouve plus particulièrement cette mycotoxine dans des matières premières produites sous des climats tropicaux et subtropicaux. »
Les mycotoxines des fourrages sont moins connues et moins étudiées que celles retrouvées dans les céréales « et pourtant elles sont plus impliquées dans les accidents que l'on observe en élevage (troubles nerveux, baisse de production laitière, avortements…) ». La qualité de la récolte et de la conservation permettent de limiter les risques de contamination.
La paille est parfois attaquée par un champignon dénommé Stachybotrys atra. Cette moisissure cellulolytique produit plusieurs molécules toxiques pour les bovins et d'autres espèces. Surtout présente dans le sol, cette espèce peut aussi se développer sur le papier peint posé sur des murs humides, « Une poignée de paille fortement contaminée peut tuer un cheval. Cette moisissure est également dangereuse pour l'homme. »
La plupart du temps, ce sont les mauvaises conditions de stockage qui favorisent son développement (réhumidification en stockage).

Source Réussir Lait Elevage Mai 2009

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