Alimentation : Quelle stratégie pour complémenter les maïs ?

Emeline Bignon

Le cru 2009 est plus sec et moins riche en énergie que d'ordinaire. Voici quelques recommandations de complémentation.

« La dernière campagne de maïs ensilage a été marquée par une évolution rapide du taux de matière sèche plante entière, rappelle Bertrand Carpentier, spécialiste maïs fourrage chez Arvalis. De nombreuses régions affichent des taux de matière sèche assez élevés, qui atteindraient en moyenne près de 3 points supplémentaires par rapport à l'an passé. » Il n'est pas rare de trouver sur le terrain des maïs à 38 % de matière sèche, voire plus. C'est notamment le cas dans la Loire, et les régions voisines. « Les maïs ont été récoltés à un stade trop avancé malgré une récolte précoce fin août, témoigne Yves Alligier, du Contrôle laitier de la Loire, en soulignant une grande hétérogénéité. Globalement, la qualité n'est pas au rendez-vous. La digestibilité des fibres s'annonce mauvaise à très mauvaise, avec une proportion non négligeable d'ensilages avec des valeurs énergétiques entre 0,80 et 0,85 UFL. »

Recourir à l'aliment liquide

Compte tenu des taux de matière sèche élevés, attention aux risques de reprise en fermentation à l'ouverture du silo suite à un éventuel manque de tassement. Pour le technicien, « le recours à des aliments liquides à base de mélasse et protéines solubles se justifie cette année pour augmenter l'appétence et améliorer l'ingestion. C'est un bon starter pour dynamiser les microorganismes du rumen et mieux valoriser les fourrages lignifiés ». « Avant tout, il faut s'appuyer sur une analyse du silo, indique Philippe Brunschwig, de l'Institut de l'élevage. Selon la teneur en cellulose et en amidon, il faudra adapter la complémentation. »

Pour les ensilages qui dépassent les 38 % de matière sèche, le recours à un aliment liquide est recommandé cette année pour améliorer l'appétence et dynamiser la flore ruminale. (S. Roupnel)

Pour les ensilages qui dépassent les 38 % de matière sèche, le recours à un aliment liquide est recommandé cette année pour améliorer l'appétence et dynamiser la flore ruminale. (S. Roupnel)

 

Déficit en énergie

Avec le déficit hydrique, certains maïs ont séché sur pied avant d'avoir rempli leurs grains. D'où des taux de cellulose peu digestible assez élevés, mais des teneurs en amidon modérée à faible. Dans ce cas, la teneur en énergie peut tourner en moyenne entre 0,88 et 0,90 UFL, contre 0,92 UFL habituellement. Deux possibilités s'offrent alors aux éleveurs pour complémenter ces maïs secs et pas très riches en énergie. « Soit corriger en azote et accepter de subir une légère baisse de production, suggère Philippe Brunschwig. Soit ramener de l'amidon sous forme de céréales broyées ou grossièrement aplaties (1 à 2 kg par vache et par jour), mais il y aura alors substitution du maïs par les céréales. Au final, dans une ration de maïs plat unique, l'apport de 2 kg de blé équivaut seulement à ramener 0,02 UFL supplémentaire. » Un choix à raisonner en fonction de l'intérêt économique d'une complémentation en céréales, de l'incidence sur le travail et du risque éventuel vis-à-vis de l'acidose. « Celui-ci restera limité si la teneur du maïs en cellulose s'avère suffisante (au moins 200 g) et celle en amidon modérée (moins de 280 g). Attention toutefois de ne pas dépasser 30 % de concentrés dans la ration. »

Ajout de céréales

Enfin, les maïs plus secs que d'ordinaire mais qui ont évolué normalement, comme c'est le cas notamment en Normandie, une partie de la Bretagne et la région Nord, ont bénéficié d'un meilleur remplissage des grains et sont plus riches en amidon (au moins 300 g). Mieux vaut alors ne pas rajouter d'amidon dans la ration.

Source Réussir Lait Elevage Décembre 2009

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