Animaux sur la voirie : Tout part des clôtures ! »

Emilie Durand

« Nous recevons plus de 2 000 appels téléphoniques pour le département de la Manche à
cause d'animaux en divagation. C'est énorme ! Et surtout cela nous détourne de notre
travail de gendarme, déclare Serge Thépaut, capitaine, commandant la compagnie de
gendarmerie à Saint-Lo. Nous ne pouvons intervenir sur tous car très souvent la
localisation du ou des animaux manque de précision. En moyenne, sur les 2000 appels, il y
aura 1000 interventions. Dans 750 cas nous retrouverons le propriétaire, c'est juste une
question de temps. » La gendarmerie n'a effectivement pas accès directement aux
données de l'EDE, aussi faut-il un certain nombre de coups de téléphone à la DDA avant de
retrouver le propriétaire. Une divagation représente en moyenne 1 h 30 de travail, voire plus
car les animaux peuvent parfois faire plusieurs kilomètres avant qu'on ne les localise.

Origine des divagations

« Dans huit cas sur dix, la divagation a pour origine une clôture en mauvais état. Les
vaches en profitent largement, d'autant plus qu'elles raffolent du maïs. » Il ne faut pas
oublier non plus les promeneurs et touristes indélicats qui laissent les barrières ouvertes,
certains cavaliers inconscients qui coupent les fils barbelés et parfois aussi
malheureusement, une « négligence » de l'éleveur. « Les trois quarts de ces animaux en
divagation appartiennent à des agriculteurs et sont des bovins. Les particuliers jouent aussi
un rôle mais il reste moins important. » Les avis divergent à ce sujet : pour Hugues
Lallement, responsable service territorial à la chambre d'agriculture de la Manche, « il y a
aussi beaucoup d'animaux de compagnie (cheval, âne…). Il est vraiment difficile de savoir
si les propriétaires sont plus des particuliers ou des agriculteurs ».

« Un troupeau de bovins dans un champ près d'un axe routier, c'est une menace, déclare Serge Thépaut, capitaine de la compagnie de gendarmerie de Saint-Lô (Manche). (DR)

« Un troupeau de bovins dans un champ près d'un axe routier, c'est une menace, déclare Serge Thépaut, capitaine de la compagnie de gendarmerie de Saint-Lô (Manche). (DR)

 

Sanction

Une divagation est une infraction au Code de la route et est donc verbalisable. Une amende
de 11 € par animal est prévue. « Mais elle reste peu dissuasive. Certains agriculteurs
préfèrent payer plutôt que de refaire leur clôture. Ce n'est pas le même coût évidemment ! »
La notion de récidive n'existe pas, « aussi tant qu'il n'y a pas d'accident, il n'y a que 11 € par
bête ! », déplore Serge Thépaut. Par contre si un accident arrive, les frais n'ont pas de
limite… alors mieux vaut être bien assuré. Au-delà de l'amende, les gendarmes doivent
vérifier systématiquement avec l'éleveur l'état des clôtures afin de déterminer la raison de la
fugue des animaux.

Solutions

Il est vrai que les appels ont explosé avec l'apparition du téléphone portable, constatent Serge
Thépaut et Hugues Lallement. La chambre d'agriculture de la Manche a pensé, en 2002, à un
autre moyen, unique en France : une charte de la sécurité routière. « Celle-ci a permis de
rassembler calmement Groupama, la gendarmerie, la préfecture, les agriculteurs autours d'un
sujet délicat. Rien que pour cela, elle est un succès », déclare Hugues Lallement. Le bilan doit
avoir lieu bientôt.

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Bovins Viande de février 2008 (RBV n°146) consacré aux clôtures.

Source Réussir Lait Elevage Mai 2008

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires